C’est une certitude, Barrack Obama a défait le terrible Mitt Romney que les idées sexistes et homophobes ont finalement étouffé.
Bref, c’est la victoire du "bon" contre le "méchant". De la poudre aux yeux sans doute alors que d’autres lobbys plus inquiétants sont à l’oeuvre et continue de perpétuer une forme d’esclavage sournois et discret, tout simplement pour laisser penser que ce n’est pas BO qui changera le monde tant que chacun à notre niveau, nous laisserons évoluer certaines horreurs en devenir.

Je vais vous parler de dystopie, ne serait ce qu’à travers ce documentaire  découvert via Korben et Reflets.info.

Le reportage est long mais se penche sur ce dont notre futur promet d’être composé si nous ne réagissons pas maintenant en nous réappropriant le monde laissé aux mains de ces entreprises privées qui réinventent l’être humain de a à z et ce avec une perversité insidieuse. Nous avons renoncé à cette liberté si chère en la donnant à certaines de ces entités informes qui nous influencent plus ou moins consciemment.

  • Google qui référence tout, absorbe tout, offre une forme d’intelligence collective tout en restant une entreprise privée sur laquelle les utilisateurs n’ont au final que peu de contrôle.
    L’invention est géniale mais que se passerait-il, si le credo"Don’t be evil" changeait?
    Si cette gigantesque base de données que constituent jour après jour les algorithmes du moteur de recherche était utilisée à d’autres fins que d’offrir à ses utilisateurs l’accès à la connaissance?

  • Facebook qui quant à lui a largement prouvé qu’il se fichait pas mal de ses utilisateurs est le stade auquel notre acteur précédent peut aboutir. Une entité privée totalement décomplexée, vendant les données de ses utilisateurs aux plus offrants, l’expression la plus pure du néolibéralisme…

  • Apple et ses services propriétaires, son matériel verrouillé. Nous sommes tous fans de nos iBidules et nous abandonnons à la firme de feu Steve Jobs un droit sur nos vies, sur la musique que nous écoutons, sur les films que nous regardons, j’en passe et des meilleurs.

Petit à petit nous morcellons notre vie car l’ensemble de ces services sont d’une praticité immense, nous donne l’illusion de gagner un temps là où nous vivions auparavant au ralenti. L’immédiateté, l’instantanné à portée de clics, au bout des doigts, car la vie ne vaut pas la peine d’être vécue si ce n’est à cent à l’heure. Plus questions de s’ennuyer, il faut se lancer à fond dans cette course, quitte à s’écraser dans le mur à force de vouloir améliorer son existence pour la rendre toujours plus efficace. Intégrer le flux continu de l’information de peur d’être has been et de devenir un de ces nouveaux laissés pour compte…

Une vie ne peut être à présent que rentable et à tous les niveaux. Lorsque l’on vous parlait rentabilité et productivité dans le domaine professionnel, cela consistait à remplir des reportings, des fichiers excel permettant de quantifier l’activité d’un poste, d’un service, d’une entreprise pour permettre à des financiers néo libéraux de déterminer ce qui mérite de vivre, ce qui doit mourir, pour optimiser le monde dans son fonctionnement sans se soucier un instant de la valeur ajoutée fournie par certaines services en apparence moins rentables mais fournissant du qualitatif.

Peu importe, la quantité à la qualité. Débarrassons nous de ce qui n’est pas chiffrable, évacuons les matières molles au profit des matières dures pour reprendre l’expression d’un ancien président que l’on a plaisir à oublier malgré les ravages qu’il a commis durant son unique quinquennat…

Et pour exemple, les journalistes ne sont pas les derniers touchés, comme le souligne fort justement Kitetoa.

Une Heure de Peine détaille également avec force d’exemples ce qui est devenu une réalité bien sinistre mais contre laquelle personne n’ose vraiment s’élever…

Insidieusement, cette obsession de rentabilité a contaminé également la sphère privée.
Avoir les meilleures vacances, faire les meilleurs affaires, rencontrer la personne la plus intéressante à être consommé sexuellement tout en optimisant ce temps qui file, en n’oubliant à tous les instants que toute créature est vouée à mourir.
La peur du temps qui passe, la terreur des secondes gaspillées à ne rien faire.

Heureusement le transhumanisme et son université de la singularité oeuvrent pour le bien de l’Humanité en cherchant à l’améliorer à l’aide de ces NBICEn théorie, la philosophie laisse rêveur.
Il s’agit d’aider les personnes déficientes en leur fournissant des solutions pour surmonter leur handicap physique ou mental à l’aide de la nanotechnologie et également de prothèses avec interface homme/machine. Le fantasme du cyborg au service du bien commun et des défavorisés. Qui pourrait s’élever contre?

Mais, c’est en théorie seulement, puisque le but avoué de cette école est de modifier profondément l’Humanité en appliquant ses découvertes aux individus sains, en les dégageant de cette viande encombrante pour permettre une meilleure acquisition de ces informations toujours plus envahissantes que certains ont même qualifié d’infobésité. Car ne pas pouvoir évoluer à la même vitesse que la technologie, c’est se condamner à l’obsolescence et celui qui veut vivre dans le futur se doit d’être à la page quitte à devoir modifier profondément son corps et son esprit.

De fait, est-ce que la technologie sera toujours au service de l’humain?

Étonnement, j’en doute sincèrement puisque la connaissance du produit, son utilisation, son application ne seront jamais divulguées au grand public. Ces transhumanistes sont loin d’être des philanthropes adeptes de l’open source mais bien des scientifiques financés par des industriels néo libéraux, dont l’arme principale est le brevet pour s’assurer la main mise sur une technologie et sa non circulation entre les mains de profanes. Une philosophie bien éloignée des bases du hacking et du DIY.

Mais rassurez-vous, c’est en marche, ils sont bien installés, déjà à Grenoble et ce n’est pas un nouveau président acclamé par les foules qui fera quelque chose… à moins peut être que les populations se réveillent et cessent de se laisser exploiter aveuglément par des entités privées dont la vertu d’inhumanité n’est plus à prouver…

About these ads