Pour ce second billet consacré à un Focus Manga, je vais m’intéresser à l’excellentissime Full Metal Alchemist. L’œuvre guidée par la talentueuse Hiromu Arakawa appartient à la catégorie des Shonen (comprendre mangas dédiés aux garçons).

Je ne m’arrêterais pas sur cette classification, le manga et les animés en découlant abordant des thèmes très adultes. C’est d’ailleurs ces thèmes que je vous propose d’aborder dans ce billet à travers les différentes sources que je vais vous présenter.

L’histoire

Full Metal Alchemist c’est avant tout l’histoire de deux frères Alphonse et Edward Elric qui tentent par l’alchimie (une science dans cet univers) de ramener à la vie leur mère. Cet acte est un tabou alchimique et, outre leur échec cuisant, Edward perdra son bras et sa jambe pendant que son frère verra son corps disparaître et son âme attachée à une armure en fer. Commencera alors leur quête pour retrouver leurs corps. L’aventure prend place dans un monde proche du notre aux alentours des années 1900 dans une  dictature avec une politique très agressive à l’égard des pays voisins.

Différentes adaptations

A la base FMA est un manga intégralement traduit en français s’étalant sur 27 tomes. L’œuvre sera adaptée en deux séries distinctes. La première comptera 51 épisodes accompagnée d’un film de clôture « Conqueror of Shambala », dont l’intrigue ne suit que partiellement le manga (principalement parce que la version papier n’était pas achevée par l’auteure au moment où l’adaptation a été réalisée).

La seconde rebaptisée sobrement FMA : Brotherhood est une reprise très fidèle du manga et comptera une soixantaine d’épisodes.

Des thématiques fortes

L’auteure a fait un travail conséquent de documentations et aborde des thèmes assez difficiles dans le manga qui seront repris dans la série Brotherhood à merveille. La guerre et le génocide d’un peuple sont décrits très précisément dans l’œuvre. Ce qui est dépeint laisse songeur et la manière dont c’est abordé ne peut laisser indifférent. Je pense entre autre à un épisode qui mérite d’être vu même si vous n’avez pas forcément parcouru le reste de la série, simplement pour le regard porté sur cette thématique qui nous concerne tous :

L’épisode dure une vingtaine de minutes et décrit avec précision le massacre du peuple d’Ishval par Amestris (le pays où se déroule l’intrigue). D’une guerre d’invasion, cela devient un génocide. La manière très personnelle dont l’auteure aborde le sujet est passionnant, se penchant aussi bien du côté des bourreaux que des victimes.

La question éthique de la science (ici l’alchimie) au service de l’armée pour massacrer des civils et des innocents est posée et mérite réflexion.

Un univers musical chargé en mélancolie

Pour un shonen, la série est remarquablement sombre que ce soit dans sa partie papier que dans ses parties animés. Et cela se ressent d’autant plus à travers certains openings couverts par d’excellents artistes japonais.

Certains ont particulièrement retenus mon attention :

Asian Kungfu Generation avec Rewrite :

Départ assez péchu  qui traduit pourtant une mélancolie profonde. Les images collent parfaitement à la musique et malgré « l’explosion » de fin d’opening, le regret est présent tout du long de la chanson. C’est un thème omniprésent dans l’ensemble de la série. Cet opening est issu de la première adaptation du manga.

Et pour les amateurs, la chanson intégrale :

A present le 5e opening de FMA Brotherhood:

Le moment correspond à la fin de la série. L’ensemble est chargé de nostalgie, de mélancolie. Un espoir filtre pourtant à la fin de l’opening…

Cette séquence est très forte, résumant à merveille toute l’ambiguïté de la série qui est tout en teinte de gris. Les « méchants » ont leur motivation et un côté humain certain qui les rend attachants. Leur monstruosité nous renvoie devant nos pires travers et c’est en cela que l’œuvre d’Hiromu Arakawa est à la fois perturbante et riche.

Une œuvre à lire et à regarder

Rares sont les mangas à avoir des adaptations animé fidèles et FMA fait partie de ces raretés offrant des visions très variées de cet univers aux personnages captivants. La sensibilité des thèmes abordées, les portraits des protagonistes et des opposants donnent un côté attachant à ce shonen qui sort de l’ordinaire. Et la couverture musicale apportée sur les animés méritent une écoute attentive pour percevoir l’étendue des efforts mis en œuvre pour que la musique colle à l’ambiance si particulière de ce chef d’œuvre.

Alors convaincu(e) ?

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