Voici le septième chapitre d’Another Vampire Story. Pour celles et ceux qui ont loupé les épisodes précédents, voici le chapitre 1, le chapitre 2,le chapitre 3, le chapitre 4, le chapitre 5 et le chapitre 6.

Bonne lecture et, à nouveau, vous êtes les bienvenus pour les feedbacks (même sanglants😉 )

VII. Des murmures au début faibles et indistincts et puis, peu à peu, cette rumeur qui enfle et ce sommeil que je n’arrive plus à trouver alors qu’enterré, j’espérai trouver le repos. Le monde m’appelle, mes frères et sœurs vampires me réclament, ou du moins, ai-je cette impression.

La terre humide me vomit à l’air libre, carcasse desséchée, oubliée dans un terrain vague.

Le monde, à travers mes yeux monstrueux, n’a guère changé. La nuit est couverte, la pollution faisant son œuvre, la lune ayant toujours cet aspect malsain et fou qui pouvait me fasciner tant durant ces nuits où je traquai tel un fauve mes proies apeurées.

Mais ce n’est pas cette fascination qui me guide à l’heure actuelle. Au détour d’une flaque d’eau, j’entraperçois ce que je suis devenu suite à ma descente aux enfers. Une créature d’os dont les crocs saillants ne font que renforcer l’aspect abominable. Le sang m’a quitté au même titre que mes tissus et que je ne suis plus qu’un squelette ambulant animé par une vie pervertie. Je ricane devant le spectacle morbide et me met en quête de ces victimes qui me rendront cet aspect désirable qui donna envie à ma créatrice de me prendre auprès d’elle. La faim comme son souvenir me hantent et lorsque je saisis ma première proie dans une ruelle sordide, je ne me soucis guère de ce que ce bétail peut bien ressentir. Je l’étripe, dévorant sa chair, absorbant son sang. Et ce n’est que la première de mes victimes à subir cette colère affamée. Lorsque le soleil pointe à l’horizon, les bas quartiers sont truffés des reliefs de mes repas sanguinaires et je me terre à la hâte dans une cave avant de sombrer dans cette torpeur propre à mon espèce.

Le sommeil diurne est à peine reposant. Je suis hanté par ces visions qui m’ont réveillé. Je la vois, elle que j’ai désirée, au milieu d’une cour de sycophantes dévoués à ses moindres désirs. Autant d’infants qu’elle a pris auprès d’elle pour palier à ma fuite éperdue dans les ténèbres. Un affront que je ne peux lui pardonner, elle qui prétendait m’aimer d’un amour éternel. Son visage semble pourtant apaisé au milieu de ces êtres fades et sans intérêt et, au plus profond de la journée, il me semble la voir heureuse et contente pour la première fois de son existence.

Cette paix intérieure qui émane d’elle me blesse, me rend fou, me donne envie de détruire et je sens monter en moi cette pulsion de destruction propre aux pires d’entre nous. Il faut croire que mon orgueil de mâle m’a accompagné jusque dans la mort. Même si je l’ai trompée, même si je l’ai abandonnée, il me semble encore la posséder. Et la savoir ainsi heureuse malgré les vœux faits lors de ma création m’emplit de cette folie furieuse qui pourrait même me pousser à la détruire avec l’ensemble de sa cour dépravée.

Telle est la pensée qui m’habite lorsque j’émerge de mon sommeil surnaturel à la nuit tombée. Je suis agréablement surpris par mes capacités hors normes. Cette torpeur loin du monde, qui n’a finalement duré que quelques années a développé mes sens et ma force physique à un niveau insoupçonné. Rien ne m’échappe dans la ville et j’arrive à localiser rapidement le palais des plaisirs dans lequel Jessica joue à la reine au milieu de ces vampires de pacotille. Je sens l’odeur de leur sang fade et clair. Aucun n’est de taille pour s’opposer à ma venue. Même Jessica est devenue trop faible depuis que j’ai dérobé son pouvoir à cette ancienne sans nom que j’ai abandonné avant ma torpeur. L’abandon, mon talent personnel, ma peur de m’investir, poursuite de ma faiblesse lors de ma vie de mortel. Je le sais et je continue malgré tout car je ne veux qu’aucun être ne puisse lire en moi, découvrir à quel point le monstre que je suis n’est au final qu’une créature misérable et méprisable.

L’entrée de son palais des miracles est gardée par un vulgaire sang clair. Je l’étripe sans aucun état d’âme, en silence, mais savourant avec délectation le craquement des os lorsque je lui brise le crâne sans autre forme de procès. Son regard stupéfait apaise partiellement ma rage et je pénètre silencieusement dans les corridors menant à la salle centrale où ma décadente génitrice et ancienne amante siège. Des alcôves sont visibles le long des corridors et j’y hasarde un regard teinté de curiosité. La scène est stupéfiante. Deux jeunes vampires mâle et femelle s’unissent dans une bestialité sauvage. Leur regard empreint de candeur trahit un désir profond. Leur coït est à la fois doux et violent. Leur nudité exacerbe ma faim et un instant j’hésite à me joindre à eux dans un trio infernal afin de leur apprendre ce qu’est véritablement l’Art de l’Amour tel que Jessica me l’a enseigné. Je plonge dans le regard de la femelle et remarque à quel point elle prend plaisir aux pénétrations brutales et violentes que son partenaire lui fait subir. Ses yeux roulent, sa bouche est tordue par le plaisir révélant ses crocs blancs et aiguisés. Etrangement, leur étreinte animale éveille en moi ce sexe que je croyais mort depuis de si longues années. Je cède finalement à la bête sexuelle s’agitant en moi et je sors de l’ombre, laissant glisser avec une perversité étudiée mes vêtements au sol.

 Le mâle est surpris par mon arrivée. Je le calme immédiatement, le fixant avec ce talent hypnotique qui caractérise si bien notre espèce. Je suis le dominant, il est le soumis, il m’appartient, au même titre que sa compagne qui rampe déjà jusqu’à moi pour prendre mon membre blanchi en érection. Ses crocs percent légèrement l’épiderme et elle se gorge de mon sang tout en léchant et suçant ce pénis durci par l’excitation. J’adresse un sourire pervers, invitant, au jeune mâle et je le vois à présent s’approcher de moi, s’agenouiller et venir aider sa compagne dans cette sinistre parodie de fellation humaine. Je saisis la jeune femme par la gorge avec cette vigueur surnaturelle récemment acquise et la force à m’embrasser pendant que le mâle s’occupe de mon chibre. Je me délecte de ce baiser, lui mordant la lèvre, suçant son sang à même la plaie, goûtant l’extase d’avoir ces deux créations de Jessica à mes ordres. Sa bouche est si talentueuse, sûrement plus que celle de sa compagne et, soudain, dans un râle je viens avec force, arrosant sa gorge de ce sang puissant et onctueux qui est à présent mien.

Ma force s’infuse en eux progressivement au même titre que ma volonté et je les sais à présent totalement dévoués à ma cause, ma puissance ayant balayé tout lien avec Jessica. Un début de vengeance à l’égard de celle à qui j’avais déjà pris tant…

Le chapitre 8, c’est par ici!