Biomega est un manga de Tsutomu Nihei, paru au Japon en 2004.  L’œuvre appartient au style Seinen, c’est-à-dire un manga pour jeunes adultes. De fait, les thèmes et l’ambiance peuvent contenir certains éléments assez violents. L’univers décrit est un monde post apocalyptique et inquiétant que ce soit au travers des personnages que des lieux traversés.

L’intrigue

Nous sommes en l’an 3005 et après 700 ans d’interruption, une mission de recherche est envoyée sur une ancienne colonie sur Mars. Quelques mois plus tard, l’équipe revient, porteuse du virus N5S qu’elle diffuse sur la surface de la terre alors que la vaisseau spatial s’abîme dans l’atmostphère. Et personne n’est au courant à l’exception bien entendu des autorités ayant commandé cette mission.

Six mois passent et le héros Zoichi Kanoe, agent de la Toa Industries est envoyé sur l’île artificielle de 9J0 au sein de laquelle il va découvrir une population infectée par le virus, transformée en drone, sorte de zombie monstrueux et inhumain.

Le compte à rebours est lancé, la planète n’a plus qu’une quinzaine d’heures à vivre avant que le virus ait touché toute la population et le seul espoir pour l’espèce humaine réside dans les immunisés que Zoichi doit retrouver. S’en suit alors une course poursuite entre tous les organismes voulant s’approprier la découverte du remède miracle.Un univers dépouillé et violent

Ce qui frappe d’emblée le lecteur, c’est le silence inhérent au manga. L’ensemble est très dynamique, se passe volontiers de dialogue, se concentrant avant tout sur l’action et sur la découverte de l’horreur provoquée par le virus. La série est courte, seulement sur 6 volumes, mais parvient avec talent à plonger le lecteur dans un malaise permanent. La contamination est omniprésente et la lutte de Zoichi, être de synthèse conçu par les êtres humains, pour lutter contre leur folie et sauver l’espèce toute entière, est totalement désespérée. Les affrontements entre les différentes factions sont sans concession, violents, sans être gores, juste ce qu’il faut pour faire sentir au lecteur que c’est une lutte pour la survie avant toute chose.

Une architecture effrayante

L’univers graphique est très sombre mais aussi complètement démesuré. Le lecteur, au côté de Zoichi, se sent perdu au milieu de ces tours cyclopéennes, de ces routes sans fin, de ces architectures sorties d’on ne sait quel esprit dérangé. Cette sensation d’égarement est renforcée par une solitude profonde. Zoichi, accompagné de sa seule « amie » Fuyu Kanoe, une Intelligence Artificielle intégrée dans sa moto, traverse l’histoire de bout en bout sans espoir d’être aidé par qui que ce soit, uniquement porté par cette mission qui le dépasse de plus en plus. L’ensemble donne une impression de fuite en avant dans des bâtiments desquels ne s’échappent que ténèbres et incertitudes.

Une expérience tant graphique que sensible

Biomega, ça ne laisse pas indifférent. La contamination a quelque chose de fascinant et de terrifiant à la fois. La lutte de Zoichi force le respect là où le reste de l’espèce humaine renonce et choisit bon grès, mal grés l’infection. Et l’intrigue, la manière dont les éléments passés, présents et futurs s’ordonnent, renforcent tant la structure graphique de l’histoire que la violence des découvertes de Zoichi. C’est typiquement une œuvre que je vous recommande de lire plusieurs fois pour pouvoir en extraire toutes les nuances que Tsutomu Nihei a dissimulé au fil des six tomes.

Tenté(e) de vous plonger dans l’univers de Biomega ?

Découvrez également l’animé Kenshin le Vagabond!

Publicités