Premier focus bouquin et je vais vous parler du livre qui m’a fait découvrir Anne Rice. On pourrait penser qu’il s’agit du célèbre Entretien avec un vampire mais il n’en est rien.

Bien au contraire, j’ai commencé l’exploration des chroniques des vampires par son cinquième volet, à savoir Memnoch le Démon.

Cet ouvrage est en quelque sorte un véritable ovni parmi les précédentes publications vampiriques de l’auteur.

Un peu d’histoire

Le récit débute New York où le héros, Lestat le vampire traque une de ses proies, un gros bonnet de la drogue. Or, cet homme, aussi corrompu qu’il  soit, est père d’une jeune prédicatrice, Dora, une véritable sainte au sens propre du terme. Chasseur de son état, Lestat va se retrouver à son tour poursuivi par un mystérieux personnage qui pourrait bien se révéler être le diable !

Un héros sensuel et hédoniste

Lestat est, par essence, une manifestation dépravée du vampirisme. Se refusant à disparaître, voulant être reconnu, adulé, adoré mais aussi haï et être pourchassé pour pouvoir lutter et affronter le monde entier dans toute sa magnificence, il réveillera la reine des damnés, se fera dérober son corps avant de le récupérer et entraînera avec lui dans l’aventure vampirique nombre d’êtres humains contre leur gré.

Et lorsque le diable, Memnoch, vient lui proposer de devenir son bras droit dans sa lutte contre Dieu, notre héros ne peut que se laisser tenter par cette proposition alléchante.

La genèse revisitée

C’est ce que nous propose Anne Rice, par la voix de Memnoch, qui va faire visiter des paysages tirés du passé à un Lestat bouleversé, à fleur de peau, au bord de la Révélation. La manière dont l’auteur nous entraîne dans un tourbillon de tableaux, avec force de description faisant appel à tous nos sens, renforce la sensation de plongée vers l’inconnu et la découverte d’une vérité cachée par les anges. Le voyage est mystique, passionnant et révélateur des envies que l’être humain, à travers l’expérience de Lestat, a envie de savoir de ses origines. Le diable parait pourtant sympathique, décrit comme l’adversaire de Dieu, souhaitant avant tout que l’être humain soit sorti du cycle cruel de souffrances dans lequel son Créateur l’a lancé. Lestat doute pourtant des intentions véritables de Memnoch.

Le mythe du vampire laissé pour compte

Anne Rice laisse de côté la nature vampirique de Lestat, se focalisant avant tout sur l’expérience mystique vécue par son héros. Bien que sa soif de sang se rappelle à lui par moment, allant même jusqu’à goûter au sang du Christ, le récit se focalise surtout sur l’opposition Dieu diable entr’aperçue durant les premiers volets des chroniques des vampires, plusieurs protagonistes dont Louis et Armand s’interrogeant sur leur nature potentiellement diaboliques. La manière dont l’auteur développe avec talent les réponses aux questions formulées par ses personnages dans les précédents livres a quelque chose d’élégant et de captivant pour le lecteur.

Au-delà du bien et du mal

Pour ainsi dire, j’ai dévoré le livre et je le relis avec plaisir de temps à autre pour redécouvrir ce point de vue si particulier sur la religion.

Il est agréable de constater qu’aucune notion de bien ou de mal n’est intégré au diable ou à Dieu, chacun défendant un point de vue sur l’Humanité, au-delà des oppositions purement manichéistes que l’on peut habituellement lire. L’ensemble est tout en nuance, l’amour et la sensualité parcourant l’ensemble de l’œuvre d’Anne Rice.

 Je finis sur une touche musicale, une chanson de Genesis qui me fait immanquablement penser à ce récit, Visions of angels :

Découvrez également l’adaptation cinématographique de la Reine des Damnés!

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