Samurai deeper Kyo (que j’abrègerais volontiers en SDK pour plus de convenance) fait partie de ces mangas fleuve comprenant beaucoup de volumes, 38 plus exactement pour cette série. La série débute en octobre 1999 et s’achève en mai 2006. Classé dans la catégorie Shonen, l’intrigue est pourtant bien plus profonde qu’il n’y parait et le style tant graphique que scénaristique d’Akimine Kamijyo donne à l’ensemble un cachet très attachant.

Une base historique

Là où Kenshin le vagabond décrit la fin de l’ère Tokugawa, SDK s’intéresse à l’après bataille de Sekigahara qui marquera le début du Shogunat Tokugawa. De fait, de nombreux éléments historiques réels vont venir se greffer à l’intrigue romancée portée par le mangaka. L’histoire débute par la rencontre entre Kyoshiro, simple pharmacien (en apparence) et Yuya Shiina, chasseuse de prime, qui le confond avec Kyo aux yeux de démon, accusé d’avoir assassiné plus de 1000 personnes et dont la tête est mise à prix. Leur rencontre va générer un ensemble d’évènements à même de bouleverser le Japon de cette époque (du moins dans la fiction portée par Kamijyo).

Une cohérence qui s’acquiert dans la durée

C’est l’expérience qui ressort de la lecture de ce manga dans son intégralité. Les premiers volumes présentent une répétitivité et un manque de profondeur important sur l’ensemble des personnages, ce qui peut sans nul doute décourager de nombreux lecteurs. Une fois cette phase préparatoire dépassée, on se surprend à dévorer les tomes les uns après les autres. L’intrigue coule toute seule et même si l’aspect combat est omniprésente (ça reste un Shonen de toute façon), ceux-ci n’ont pas lourdeur que l’on peut ressentir dans un Dragon Ball ou dans un Saint Seiya. L’auteur met un point d’honneur à motiver les combats en intégrant des flashbacks fréquents ramenant à ce que les duellistes ont pu vivre en commun précédemment. Rien n’est laissé au hasard et les « méchants » en deviennent attachants.

Une profondeur émotionnelle

Kamijyo joue parfaitement bien sur l’aspect sensible du lecteur, les émotions se bousculant dans certains duels, tant la violence du passé vient sublimer les échanges de coups de sabre du présent. Kyo, véritable anti-héros, de par son côté taciturne, violent et alcoolique, est pourtant le plus humain de tous les personnages et c’est avec un certain plaisir que le lecteur lève peu à peu le voile sur son passé à travers ce scénario qui semble avancer vers une fin inéluctable, un suicide calculé par l’ex-Roi Rouge, dernier des Mibus, souhaitant peut être inconsciemment cesser de manipuler le Japon et laisser à son peuple, via Ieyasu Tokugawa, la possibilité de reprendre le cours de son histoire.

Un portage animé raté

En 2002, le Studio DEEN porte la série en version animé de 26 épisodes et c’est une véritable catastrophe. Le manga n’étant d’une part pas fini, le scénario qui en ressort semble être inspiré des plus mauvais Sentai au point que je ne sauverais à la limite que l’opening qui a le mérite de mettre en mouvement et en couleur les personnages du manga avec un certain talent. Pour le reste, je pense que c’est une expérience à éviter sous peine d’être profondément déçu.

Des liens humains omniprésents

C’est la progression thématique que Kamijyo a initié dans son œuvre. Par Kyo, il a souhaité décrire l’histoire d’un homme, solitaire, rejeté de tous qui va peu à peu devenir un lien qui va unir dans le combat, dans l’adversité aussi bien ses opposants que ses alliés. La description précise et l’exploration en profondeur des psychologies des personnages principaux, tant dans leur motivation que dans leur conviction, font que ces liens humains deviennent le cœur et l’intérêt principal du manga se substituant complétement au combat qui ne deviennent que des faire-valoirs pour mieux comprendre ces personnages fascinants.

A ce titre, SDK est sûrement un des plus belles découvertes manga que j’ai pu faire ces dernières années et je ne regrette pas d’avoir eu la volonté de passer la barrière du septième volume, me permettant de découvrir une œuvre en tout point magique.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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