Campagne de OLF Belgique

Cela me démange depuis quelques mois d’écrire sur le sexisme sociétal et je dois dire que Noël et son époque festive me relance encore plus profondément dans mes envies de révolte à l’égard de ces comportements admis mais juste intolérables.  Je ressens à ce titre un profond dégoût lorsque je parcours les rayons où s’entassent ces jouets prédéfinissant le statut de chacun, moment consacré du clivage homme/femme, du sexisme au plus jeune âge, de la mise en exergue du bleu contre le rose par des jouets conditionnant  ce que l’enfant doit être et quel rôle doit lui être assigné dans la société.

Femme faible, homme fort

Les garçons doivent aimer les jouets « violents », virils mettant en exergue leur combativité, leur agressivité, leur capacité à soumettre les autres mâles pour devenir les alphas de la meute et surtout impressionner les femmes par leurs capacités physiques, là où les femmes doivent être des épouses modèles, capables de tenir la maison, d’élever les enfants et surtout d’être parfaitement soumises à leur mari. Dans une société en pleine mutation où la répartition des tâches devrait se faire, les fabricants et distributeurs de jouets continuent à véhiculer ses clichés régressifs aux générations futures.

Est-ce toucher à la féminité que de permettre à une petite fille d’aimer des jouets normalement destinés aux petits garçons ?

Vers une ouverture des genres

Distinguer les genres… Voilà ce que fait la société de tout temps en intégrant à chacun un rôle en fonction de son sexe biologique dès son plus jeune âge. Conditionner les enfants à être garçon ou fille là où les parents devraient s’affranchir de la société et réfléchir dans l’accompagnement des aspirations réelles de leur enfant. Actuellement, j’ai bien plus l’impression que l’on veut programmer l’enfant à être tel que la norme sociétale voudrait qu’il soit, selon sa naissance en tant que garçon ou fille biologique plutôt qu’à essayer de comprendre précisément quelles sont ses aspirations d’ordre psychologique et sexuelle, tout ceci en faisant fi des inégalités générées par une telle éducation. Doit-on forcément se définir en tant qu’homme ou femme ?

Vers un transgenre

Se réinventer en tant qu’individu et ne pas se borner à ses frontières étriquées dans lesquelles une société oppressive voudrait nous définir et nous pousser à être tel que nous ne sommes pas. Cela se définit dans la sexualité, dans la manière d’être mais surtout dans la compréhension et l’acceptation des choix de l’autre. L’on voit les féministes à tort comme des femmes et des hommes luttant pour la suprématie des femmes sur l’homme. Ce n’est pas cela, bien au contraire. Ce sont avant tout des individus, au-delà du schisme de genre, qui désirent une égalité réelle entre individus, une liberté d’être né femme ou homme avec des désirs et des envies qui dépassent la biologie que la société voudrait nous imposer.

Vers un changement du regard sociétal

Ce regard commence dès le plus jeune âge où les enfants se jaugent et rejettent cet enfant qui est un garçon manqué, ce garçon qui est trop efféminé et qui aime jouer à la poupée, ces enfants que les parents stigmatisent, renient par leur regard, par leur manque d’affection parce qu’il est différent de la norme, ne se range pas dans ce que l’on attend de lui, le considère qu’il est déviant alors qu’il ressent juste en lui cette différence, une sensibilité qui le pousse sûrement à mieux comprendre le monde naturellement sans s’encombrer de ces moules, de ce cadre dans lequel son approche est bridée, frustrée, canalisée à tort pour une société qui doit évoluer.

Bouleverser les codes

Et briser un carcan social qui traumatise des enfants, leur fournit des repères faussés et ne met pas en avant les aspirations de chacun, simplement parce qu’il est plus simple de canaliser une masse dans des schémas qui ne se remettent pas en cause, qui ne s’adaptent pas à l’individu mais préfère le conditionner, faisant fi de leur identité réelle…

Voilà ce que je vois en parcourant ses rayons regorgeant de jouets déterminant dès le plus jeune âge le rôle à tenir du parfait mari, de la parfaite épouse, dans une espèce de société étrange, où le paraître ne laisse filtrer que des notes dissonantes d’inégalité sexiste, où les rapports de force sont conditionnés par les regards portés et les soumissions silencieuses acceptées par peur des représailles d’un mari qui doit rassurer la meute en tabassant sa compagne qui a voulu sortir du rang.

Un Placebo ?

Ce groupe exerce une véritable fascination chez moi, en rapport avec l’ambiguïté de genre entretenue par son chanteur, Brian Molko, qui n’hésite pas à se prononcer sur les sujets de société comme par exemple la liberté de choisir sa sexualité, sa manière de vivre en faisant fi des codes étriqués véhiculés par la société. Icône féministe ? Pas forcément mais en tout cas preuve vivante que l’on peut outrepasser les normes sociétales en vivant épanoui et en accord avec soi-même sans se perdre dans le jugement du regard des autres.

Cette sensibilité et cette tolérance se ressentent dans les compositions du groupe et une chanson en particulier m’emporte systématiquement dans cette sensualité et cette acceptation totale d’une sexualité différente et égalitaire, un domaine où homme et femme ne sont malheureusement pas à égalité:

 

Publicités