Vampire : The Eternal Struggle (initialement Jyhad) est un jeu de cartes à collectionner initialement créé par Richard Garfield en même temps que le renommé Magic : The Gathering.

Là où Magic est la référence en terme de JCC de duel, Vampire s’impose comme le JCC multijoueur le plus élaboré à ce jour. Publié au départ par Wizards of the Coast et inspiré du Monde des Ténèbres de White Wolf, le jeu connut quelques déboires en terme d’impression et fut abandonné avant d’être repris et mené par White Wolf durant la dernière décennie.

A ce jour, le jeu est en stand-by, ce qui ne l’empêche pas d’être toujours pratiqué et je vais vous en présenter les principes directeurs dans ce billet.

Principes

Ce jeu se pratique de 4 à 5 joueurs et une partie dure entre un demi heure et deux heures de temps. Chaque joueur « incarne » un methuselah, un très ancien vampire, qui va tenter d’être le dernier survivant sur la table en sapant progressivement l’influence de ses adversaires. Pour résumer simplement, chaque joueur doit éliminer ses proies successives (assises à sa gauche) en survivant à ses prédateurs successifs (assis à sa droite).

Pour cela, chacun a à sa disposition 30 points d’influence qui représentent à la fois sa vie mais également sa capacité à jouer les cartes issues de son paquet construit avant le début de la partie et dont la stratégie aura été clairement définie pour espérer remporter la victoire.

Pouvoir du sang

Je vous parlai de points d’influences. Ces 30 « pools » permettent à son possesseur d’influencer sur des vampires représentés par des cartes qui vont agir en son nom pour détruire les points d’influence de sa proie et ainsi l’éliminer. Ces vampires en question demandent pour être considérés comme actifs et en mesure d’agir et de défendre leur maître (vous !) un nombre de points d’influence à dépenser allant de 1 à 11. Bien entendu, plus l’investissement est important, plus le vampire sera puissant mais aussi plus long à mettre en jeu. Le fragile équilibre de gestion commence dès ce moment-là où chaque joueur doit déterminer s’il veut baser sa stratégie sur des vampires puissants mais longs à mettre en jeu ou sur une horde de petits vampires rapides à influencer mais plus faibles sur le long terme.

Stratégie

Sans rentrer dans les détails de ce que fait chaque carte, je vais surtout vous présenter les quelques stratégies propres au jeu. Il est possible de distinguer 4 grands types de decks (jeux) :

–         les decks « bleed »

Traduction littérale de « bleed » : saigner. Le but de ces jeux est de faire perdre directement les points d’influence de ses proies successives à l’aide d’agressions directes dites « bleed ». Ces pertes peuvent être très lourdes et très rapides, la stratégie étant élaborée pour que ces « bleeds » ne soient pas arrêtables. En contrepartie, les vampires de ce type de deck sont relativement faibles et souffrent contre les decks « intercept » et les decks « combat ».

–         les decks « combat »

Ces jeux adoptent une stratégie « sportive » qui consiste à partir du fait qu’un joueur qui n’a plus de vampires pour agir est un joueur « mort ». De fait, ces decks sont optimisés pour le combat brutal entre vampires, s’y attaquant directement. Ces jeux sont à la fois très puissants et très faibles selon les situations car demandant de mesurer avec précision l’impact du « rush » (agression directe) sur chaque vampire sous peine que cela profite à un autre joueur que le possesseur du jeu « combat ».

–         les decks « intercept »

Le but avoué de ces jeux est de « bloquer » toutes les actions de sa proie et de son prédateur, d’être un véritable mur, capable de survivre sur la durée et de se retrouver rapidement dans une situation avec juste 3 joueurs à la table. Ce type de jeu use d’une stratégie alternant les cartes permettant d’intercepter les actions des autres vampires tout en intégrant de quoi gérer les combats qui résultent de ces interceptions. Ce sont des jeux faits pour survivre mais qui ont souvent du mal à insuffler une dynamique permettant à la partie de se décanter. C’est la principale faiblesse de ce type de stratégie, un aspect trop statique.

–         les decks « vote »

Ces jeux optent pour une stratégie « démocratique ». La société vampirique qui a inspiré ce jeu est composée de princes et autres vampires à l’influence politique et le jeu « vote » aura cœur à utiliser des actions dites politiques, portées par ses vampires, pour faire perdre des points d’influence aux autres joueurs. Très fréquemment, ce type de jeu sera en mesure de faire perdre de l’influence à l’ensemble des joueurs en une action. De fait, c’est un jeu demandant de la diplomatie pour ménager les susceptibilités et éviter de s’attirer les foudres de tous les joueurs.

Diplomatie et traîtrise

Vampire est un jeu social où il faudra communiquer avec les autres joueurs pour négocier des trêves, arranger des alliances pour se débarrasser d’un joueur trop puissant ou en affaiblir un autre tout en gardant en tête qu’il faut être celui qui marque le plus de points de victoire (chaque proie éliminée dans l’ordre rapporte un point de victoire et être le dernier sur le table rapporte également un point de victoire supplémentaire).

De fait, il est courant de nouer des accords pour mieux les briser par la suite au moment où celui-ci devient caduque ou peu intéressant pour un ou plusieurs des parties.

Un hommage

Vampire, c’est aussi une part de moi, sans aucun doute. Je tiens, d’ailleurs, dans ce billet à saluer l’ensemble de la communauté qui a fait vivre et continue de faire vivre le jeu malgré l’arrêt de la publication de  nouvelles cartes. C’est d’une part, l’association VEKN France, pour laquelle j’ai eu le plaisir pendant presque un an et demi de co-animer le fanzine web Kindred Spirit. Merci aux différents princes de continuer à se battre pour le jeu.

D’autre part, c’est aussi Madness Network, regroupant des anciens de l’association parisienne Sabbat In France, qui continuent à garder le jeu en vie en débattant, proposant, organisant. La communauté française de Vampire : The Eternal Struggle, même si elle est dispersée, est sûrement une des plus belles communautés de jeu dans laquelle j’ai pu évolué depuis 2002, rassemblant des valeurs telles que la solidarité, l’enthousiasme et la volonté de porter un jeu basé sur l’humain avant tout.

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