Je crois que mon agacement a commencé en fin de semaine dernière en découvrant l’affiche du film Les Infidèles, co-réalisation autour du thème de l’infidélité masculine. Déjà, la thématique ne me plait pas comme vous avez pu le constater dans ce billet.

L’ARPP est passée par là et a fait retirer les affiches en question. En revanche, il reste une question : sous couvert d’humour, peut-on une fois de plus positionner l’individu et plus précisément la femme en tant qu’objet sexuel ?

Tel quel, c’est infect comme le souligne Eliette Abécassis. Une fois de plus, la femme apparaît comme une chose dont peut abuser l’homme tant dans l’aspect sexuel en lui imposant des situations dégradantes ou en lui mentant tout simplement par la tromperie et l’infidélité. Je ne fais pas une crise de féminisme grandissant : je constate simplement qu’une fois de plus, même si c’est de la pure provoc’, c’est une image qui sera prise telle quelle par une personne qui ne creusera pas l’affiche plus loin que ce qu’elle représente, ce qui contribue à imprimer ce genre de pratique dans l’inconscient collectif et à dégrader l’image de la femme.

Pour une égalité, doit-on faire de même en chosifiant ainsi les hommes ou en imposant la notion d’infidélité aux femmes également qui auront tout le loisir de tromper leur conjoint ?

C’est l’argument que l’on pourrait donner à une époque de grande consommation sexuelle mais étrangement, j’aurais plutôt tendance à penser que respect et transparence mènent plus facilement à une véritable égalité basée sur l’individu quel que soit son genre.

Encore faudrait-il changer le regard d’autrui comme en témoigne cet article relevant une perle tout simplement aberrante.

En bref, une femme ronde, c’est une grave faute de goût et surtout c’est un conditionnement social qui risque de menacer l’idée de la féminité. Selon l’avis éclairé de ce contributeur au blog du Nouvel Observateur, accepter les femmes rondes menacerait les « brindilles » alors qu’il est bien connu que les vrais hommes préfèrent les vraies femmes « minces » et qu’il faudrait donc que les femmes surveillent plus attentivement leur poids.

Déjà qu’il est assez compliqué d’être une femme dans nos sociétés actuelles qui, sous couvert d’égalité et de tolérance, il faudrait également se plier aux diktats de pseudos esthètes autoproclamés qui savent, eux, déterminer comment une femme doit être pour séduire. Juste écoeurant de continuer de découvrir que finalement la position de la femme est loin d’être égale à celle de l’homme et ce dans bien des domaines.

De fait notre ami éclairé pourrait avoir la présence d’esprit de s’intéresser un peu plus à tous les évènements d’une vie qui peuvent provoquer un tel surpoids et se rendre compte qu’il est avant tout important pour chaque individu, qu’il soit femme ou homme de se sentir bien dans son corps quel que soit son poids comme le souligne très justement Laura Jess dans son billet sur Locita.

Fustiger ainsi les gens sur ce qu’ils sont, c’est aussi aberrant que ce qu’osa proposer un certain Dukan au futur occupant de l’Elysée pour motiver les jeunes à respecter l’IMC en leur accordant ou en leur retirant des bons points au baccalauréat selon l’état de leur silhouette…

De quoi stigmatiser aussi bien les « grosses » que les « gros ».

Heureusement que nous avons des « génies » de cette envergure pour nous souffler des idées aussi éclairées… Qu’en serait-il pour le viol ou d’autres sujets brûlants ? Mettre les femmes en cage ou leur imposer une tenue qui n’émoustillerait pas ces messieurs qui ne savent pas se contrôler?

Aberrant et révoltant de faire porter aux victimes la responsabilité de leur état…

Dans ce sens, je vous recommande de lire les trois billets écrits par Antisexisme sur les mythes du viol afin de vous rendre compte à quel point la société est capable de donner raison au violeur et tort à la victime…

Qu’en pensez-vous?

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