Trinity Blood est à la base une série de romans sortie en mars 2001 au Japon et qui sera déclinée par la suite en manga en mars 2004 puis en animé en avril 2005. Je vais m’intéresser plus particulièrement au manga dont l’auteur est Kiyo Kujo. La série comporte actuellement 13 volumes en français et est toujours en cours de parution au Japon. Le manga appartient au style shojo même si j’aurais tendance à penser qu’il n’y emprunte que l’aspect graphique, le scénario étant bien plus sombre et lourd en contenu adulte.

Une rencontre

L’histoire débute dans une petite ville de Hongrie, Istvan, où les deux protagonistes principaux de l’histoire, Esther et Abel Nightroad vont se rencontrer. La première est Sœur dans une église et s’apprête à livrer une bataille souterraine contre le Marquis de Hongrie, puissant vampire dominant la ville par la terreur. De son côté, Abel est un prêtre itinérant venu régler les troubles de la ville à l’insu des autorités compétentes.

Bien entendu, les intérêts des deux personnages vont converger et il va s’avérer qu’Abel est loin d’être un humain en tout point normal.

Une ambiance de fin du monde

L’époque où vivent les héros est très sombre, déchirée par les guerres entre Methuselah (vampires apparus après la géocatastrophe nommée Armageddon arrivée il y a près de 900 ans) et le Vatican, défendant les Terrans (humains ayant survécu au cataclysme). Le manga regorge, de fait, de symbolisme religieux et la foi présente un point d’ancrage important pour les personnages qui tentent de survivre dans cet environnement hostile où les ennemis ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Derrière cela, le lecteur sent qu’un drame se prépare avec l’organisation mystérieuse Rosenkreuz.

Des personnages attachants

Hormis Esther, qui peut paraître par moment agaçante et caricaturale, les autres personnages ont tous quelque chose de très attachants et l’auteur prend plaisir à les développer dans des mini séries comme c’est le cas pour un des compagnons d’Abel, Tres Iqus, cyborg de combat qui est bien plus humain qu’il ne veut le laisser paraître. S’ajoutent à cela des relations entre personnages assez troubles qui laissent le lecteur avec de nombreuses questions et entretiennent ainsi le suspens et l’envie de continuer dans la découverte des origines d’Abel (qui est au final le personnage central de l’histoire) et ses relations avec la Rosenkreuz.

Une mélancolie palpable

Tant par les graphismes que par les dialogues, l’auteur insuffle un côté très mélancolique à l’histoire. Le lecteur a la sensation que les problèmes que rencontrent les protagonistes ne peuvent se résoudre que par des drames et c’est ce qui se passe systématiquement de bout en bout, chaque personnage écopant de chocs psychologiques successifs.

Une adaptation animé

Comme je l’évoquais en début de billet, le manga a subi un portage animé en avril 2005 par le studio Gonzo. Composée de 24 épisodes, cette adaptation s’achève en octobre 2005 et n’est évidemment pas l’exacte réplique de la version papier. En revanche, c’est graphiquement remarquablement réussi comme en témoigne l’opening :

 

 

Le thème du vampire revisité

Ce manga apporte une nouvelle vision du vampire, quelque peu différente de ce dont nous pouvons avoir l’habitude tout en conservant les fondamentaux. Le vampire reste séducteur, mystérieux, inquiétant mais aussi très humain, ce qui le rend attachant et compréhensible au-delà des monstres inhumains que peuvent nous décrire certains films d’action hollywoodiens ou les créatures mièvres et insipides d’un Twilight.

Si l’alliance manga/vampire vous tente, je ne peux que vous conseiller de vous jeter au plus vite sur cette réalisation d’exception !

Découvrez également Pilgrim Jäger et son intrigue complexe au sein de l’Italie de la Renaissance!

Publicités