Au détour d’une errance sur Youtube, j’ai échoué sur cette publicité de la réalisatrice Maïwenn pour le célèbre site de de rencontres Meetic. Ainsi on apprend en 20 secondes chrono tout un tas de petites informations issues d’une enquête IPSOS, vraisemblablement orientée autour de la question « Où avez-vous rencontré l’amour ? »

Voici déjà la publicité :

Sous couvert d’un message au final assez léger (« moi je pense que les belles rencontres, elles se font partout et surtout ailleurs ») se dégage surtout une réalité purement marketing inhérente à l’idée de la rencontre qui devient un environnement complétement codifié, en témoigne la pléthore de sites proposant ce type de mise en relation. Qui plus est, il a été constaté une vague d’inscription début 2012 suite aux fêtes de fin d’année, le modèle semblant séduire.

Dans l’idée, le principe du site de rencontres ne me dérange pas et bien au contraire, c’est un média parfait pour celle ou celui qui souhaite trouver l’âme sœur mais qui n’a pas le courage de sortir seul et qui souhaite rencontrer quelqu’un qui est dans le même état d’esprit. L’outil est bon, la manière dont il est exploité sûrement moins…

La drague est devenue un art de vivre, un art que l’on apprend, ce qui présente purement et simplement l’être humain comme un produit marketing cernable et catégorisable y compris dans l’amour. Juste effrayant. Certains sites annoncent d’ailleurs directement la couleur en segmentant leurs adhérents par invitation (type AttractiveWorld) ou par culture et/ou confessions religieuses (que je ne citerai pas trouvant le concept propre à la fermeture d’esprit par l’absence de partage et le repli sur sa propre culture.)

Un marketing de la drague et de l’amour, l’art de déterminer à l’avance avec qui vous serez le mieux au point de vendre du rêve par des statistiques éclairées et d’une certaine façon mensongère : ça reste des chiffres dont la présentation peut être orientée et, à preuve du contraire, nous sommes des êtres humains avec ce soupçon de folie qui fait que nos choix ne sont pas entièrement conditionnés par la logique…

Cela me fait penser à une fameuse (fumeuse ?) théorie que j’avais découvert sur le net il y a quelques années et que vous connaissez peut être : la théorie de l’échelle. Ce subtil concept pseudo-scientifique et délibérément sexiste considère entre autre :

–          Que les femmes sont avant tout attirées par les hommes riches et/ou ayant du pouvoir (les notions de gentillesse, respect et tendresse étant des concepts qui ne les intéressent pas en vrai selon la théorie) ainsi que les outlaw bikers (des motards poilus et alcooliques).

–          Que les femmes distinguent les hommes en deux échelles : les amis qu’elles peuvent utiliser comme gigolo cérébral et les partenaires sexuels potentiels.

–          Les hommes, bien entendu, ne sont que des bêtes sexuelles qui ne considèrent une femme que comme un partenaire de galipettes qu’il positionne à différents crans de leur échelle unique.

Bon, ce n’est au final quelques extraits de cette théorie nauséabonde et simplificatrice des rapports humains. A lire pour au mieux rire, au pire pleurer de l’aigreur de la personne qui a rédigé ce pamphlet.

Néanmoins, il est intéressant de constater que ce qui vient de cette théorie a une tendance à ressurgir sur ce marketing de la drague en intégrant ce que les femmes aiment, ce que les hommes aiment dans un ensemble assez caricatural des goûts de chacun. Ce qui est à craindre, je pense, c’est que ces méthodes deviennent paroles d’évangile et conditionnent les relations amoureuses des générations à venir (ou en cours, soyons pessimistes!) en leur dictant ce qu’il est bien de faire, mal de faire et surtout vers quel(le) partenaire nous avons le droit de nous tourner eu égard nos goûts, nos revenus, notre origine socio-culturelle ou notre confession religieuse.

D’un naturel fondamentalement partageur et curieux, j’ai tendance à fuir ce genre de tendance qui enferme l’individu dans des schémas pré écrits qui sont, dans un sens, une déclinaison naturelle de l’idée de consommation de tout et n’importe quoi. Pour certains, l’amour dure 3 ans; de fait ce type de marketing de l’amour se prête fort bien  à une notion consumériste et catégorisante de l’individu pour lui apporter un plaisir immédiat consistant à sélectionner avec précision les critères de la personne parfaite, faisant fi des défauts qui font que la personne est humaine. En poussant le raisonnement dans ses extrêmes, c’est à se demander si l’optique d’avoir une poupée répondant à la perfection ne serait pas l’idéal plutôt que de s’encombrer d’un être humain faillible et imparfait. Je vais loin dans mes propos, c’est certain, je grossis le trait pour faire réagir par rapport à une situation, qui, à mes yeux, dégrade la spontanéité des gens, l’acceptation de l’autre et contribue à l’enfermement de chacun dans sa sphère socio-culturelle.

L’être humain reste avant tout un individu et ne sera jamais un produit de consommation amoureuse ou sexuelle quoiqu’en pensent les ténors du marketing tentant d’appréhender le monde à travers des chiffres et de le faire changer dans le sens commercial qui les arrangent…

Qu’en pensez-vous ?

Bon, on ne parlera pas d’infidélité ou de consommation sexuelle, parce que là je vais devenir vulgaire 😉 

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