Le Chevalier d’Eon est un roman japonais de Tow Ubukata (auteur également de Pilgrim Jäger que je vous conseille de découvrir dans ce billet) adapté en série animé de 24 épisodes par Kazuhiro Furuhashi en 2006 et également transposé au format manga par Kiriko Yumeji en 2005. Je vous propose dans ce billet de découvrir le manga, composé de 8 tomes !

Quelques mots sur l’histoire

D’Eon de Beaumont, jeune homme fortement lié à Louis XV par son appartenance au Secret du Roi, est policier au sein de la ville de Paris, poste qu’il assume pour dissimuler son travail d’agent secret royal. Notre héros est avant tout motivé par la recherche de l’assassin sa sœur, Lia de Beaumont, morte au service du Secret du Roi. Durant l’enquête, D’Eon va découvrir que le règne de son roi est menacé par de mystérieux poètes, écrivains mystiques prophétisant la fin de la monarchie à travers des rites sanglants exigeant le sacrifice de jeunes vierges…

Un charadesign sensuel

Le trait de l’auteur est caractérisé par une certaine sensualité et les planches laissent entrevoir un mélange habile entre Eros et Thanatos. Les personnages féminins ont un aspect voluptueux dans leurs habits d’époques, D’Eon a un côté androgyne évident et la finesse des traits des personnages masculins rappellent également cette esthétique assumée. A cela vient se greffer un esthétisme de la mort à la fois inquiétant et fascinant, les monstrueux poètes combattus par D’Eon représentant avec talent cette force de mort omniprésente.

Ambivalence sexuelle

Comme je l’évoquais, D’Eon a un charadesign profondément androgyne et cela sert l’intrigue, le jeune homme étant le réceptacle de l’âme de sa défunte sœur venant se venger des poètes en possédant son frère medium. Notre héros se travestit alors et son visage prend un aspect résolument féminin en devenant ce chevalier sphinx, redouté par les poètes.

Un cadre mystique assumé

Les opposants à Lia et D’Eon, les poètes, usent de leur talent pour composer des vers à partir du sang de vierge. De fait, le manga est parcouru de poèmes, d’énigmes liées aux mots ainsi qu’aux lames du Tarot de Marseille. Cela donne une ambiance très particulière à l’ensemble de l’œuvre, le lecteur guettant attentivement les détails pouvant lui révéler des pans de l’intrigue relativement cryptique par moment.

Un contenu historique très fort

La manière dont le personnage de D’Eon est porté ne manque pas d’originalité lorsque l’on sait que le Chevalier D’Eon a réellement existé. Je ne peux que vous encourager à vous document sur sa vie qui fut caractérisé par une ambivalence sexuelle constante, l’homme se travestissant fréquemment en une femme nommée Lia (surprenant n’est ce pas ? 😉 ) afin de pouvoir mener des missions d’infiltration pour le Secret du Roi.
D’autres personnages historiques apparaissent également. Outre, le roi Louis XV, le lecteur découvrira la marquise de Pompadour, au rôle ô combien important dans la vie de la France de cette époque, et qui se positionne comme un personnage féminin fort et autonome.

Une fin ouverte

Le huitième tome se clos sur une fin très ouverte, donnant consécration à D’Eon qui devient enfin Dragon du Roi pour mener une opération militaire contre les poètes retranchés en Prusse. Il y a de quoi rester légèrement sur sa fin. Néanmoins, c’est un pan du récit qui est achevé au terme des huit livres et l’on ne peut qu’apprécier le soin accordé par Kiriko Yumeji au récit ainsi qu’aux planches tout simplement magnifiques.
Je vous conseille en tout cas de découvrir de toute urgence de manga de très grande qualité, qui mérite sa place dans vos étagères !

Découvrez également l’univers sombre et sensuel de Trinity Blood!

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