Ma réflexion part de ce billet de Maïa Mazaurette sur sexactu qui révèle en substance que le sexe rend heureux et que surtout une société heureuse est une société féministe à travers la lecture du livre de Lucie Davoine, Economie du Bonheur.

D’emblée, des questions me viennent en tête par rapport à ce que je lis, ce que j’entends et ce que je constate dans la parité sexuelle, dans les traumatismes et les formules toutes faites qui s’articulent autour de la sexualité chez les hommes comme chez les femmes.

Il est bien connu que les hommes qui ont de nombreuses conquêtes, une vie sexuelle active, sont avant tout des Dom Juan. Quant aux femmes dites libérées, pour peu qu’elles assument leurs envies, leurs désirs et leur liberté, sont pour la plupart reléguées au rang de « salopes » si ce n’est pire.

Et le plus surprenant, c’est que ce ne sont pas forcément les hommes qui vont les considérer ainsi mais également les femmes non « libérées ».

C’est bien connu, les femmes sont des princesses qui, quand elles pètent, envoient des paillettes.

A peine désolé pour cette formule en tout point vulgaire mais qui correspond de manière évidente à un sexisme bienveillant camouflé derrière de la galanterie que certains hommes pratiquent en pensant bien faire, parce qu’ils ont été éduqué dans l’idée que les femmes sont à mettre sur un piédestal car elles seraient fragiles et vulnérables. Conduite infantile inconsciente qui renforce la fragilité de la femme aussi bien dans la société ou dans sa sexualité puisque c’est l’homme qui devrait tout contrôler.

Les femmes libérées sont ainsi dangereuses car elles ont la possibilité de se mettre au même niveau que les hommes en consommant sexuellement comme eux le font depuis des siècles. Je n’ai pas d’affinité particulière pour ce type de consommation, puisque je pense que ce n’est qu’une conséquence fâcheuse de notre société qui s’est emballée. Néanmoins, cela souligne un point important : que les femmes puissent disposer de leur sexualité et de leur corps comme elles l’entendent sans être obligées d’avoir honte d’être libres en supportant les regards lourds en jugement de leurs sœurs non « émancipées » ou des hommes les percevant comme des filles « faciles ».

C’est la raison pour laquelle j’ai du mal à concevoir un féminisme qui ne permette pas à la femme de se réapproprier son plaisir sexuel, nié pendant des siècles par des sociétés machistes, fustigeant la pécheresse qui oserait, ne serait-ce qu’un instant, concevoir du plaisir dans des relations sexuelles uniquement destinées à la perpétuation de la congrégation, enfin de l’espèce, vous voyez ce que je veux dire.

Le plaisir masculin également réprimé dans cet acte trouvait néanmoins son exutoire à travers la prostitution et les filles de joie bien plus « aptes » socialement à donner du plaisir que les fidèles épouses, matriarches gardiennes de la vertu et de la maison.

Un schisme creusé dans la sexualité féminine, dans sa place dans la société et surtout dans son individualité, traumatisme récurrent qui résonne encore à l’heure d’aujourd’hui.

D’ailleurs, cette étude prouve une fois de plus une inégalité par rapport au plaisir sexuel expérimenté dans un plan d’un soir, point de réflexion intéressant sur ce gouffre entre hommes et femmes dans une sexualité assumée. Ainsi les hommes sont plus promptes à initier l’acte mais également ceux qui en profitent le plus car la pratique est avant tout orientée pour donner du plaisir à l’homme plus qu’à la femme.

Doit-on en conclure qu’il s’agit d’un changement d’éducation sexuelle qu’il faut initier pour sensibiliser l’homme au plaisir de sa partenaire ?

Sans nul doute et je pense honnêtement que ce n’est pas des guides ou des pornos divers et variés qui apporteront la solution mais plutôt une écoute des attentes de l’autre, une attention qui peut se trouver même sur l’instant…

Redéfinir la sexualité humaine en ne s’attachant plus au plaisir unique d’une personne mais bien au plaisir partagé de chacun…

Sinon, il reste la masturbation, qui, elle aussi, est culturellement l’apanage de l’homme ou bien la possibilité de consulter un sexcoach avec ses mille et uns conseils très très intéressants!

Publicités