Lorsque j’ai commencé à rédiger sur ce blog en octobre 2011, je m’étais juré de ne pas écrire sur l’actualité, craignant d’avoir un avis quelque peu biaisé, parfois à côté de la plaque et souvent loin de la pertinence apportée par les experts dans les domaines que je suis.

Je ne suis pas un expert, ne le prétendrais jamais, ayant un esprit trop curieux pour me spécialiser dans un domaine. En revanche, je suis révolté et ce sentiment ne fait que croître à mesure que je vois les cadenas se refermer sur nos libertés que ce soit par une sur-communication dans certains domaines, conditionnant notre comportement de manière inconsciente ou tout simplement par la mise en place d’un arsenal légal visant à contrôler les populations jusque dans leur vie privée.

A défaut d’être un véritable expert en la question, je souhaite vous relayer des lectures que j’ai eu sur le sujet, essentiellement par Jean-Marc Manach, expert dans le domaine, qui a rédigé pour OWNI des articles complets décrivant avec force de détails les dérives évidentes de la fameuse carte d’identité biométrique à laquelle va se greffer un fichier de gens honnêtes, utilisé pour « faciliter » le travail de la police…

Nous sommes en France, un mercredi 1er février 2012 et l’Assemblée Nationale adopte dans l’indifférence générale un texte prévoyant le fichage des empreintes digitales et des photographies numérisées de l’ensemble de la population française, la création d’un fichier de gens honnêtes, sensé aider à lutter contre l’usurpation d’identité. La fameuse carte d’identité biométrique est en passe de voir le jour, poussée par des mesures sécuritaires chères à notre ministre de l’Intérieur, Claude Guéant.

Pourtant, deux pays ont abandonné ce système après l’avoir testé : La Grande Bretagne et les Pays Bas. Ceux-ci ont intégré les graves problèmes de libertés publiques causés par ce fichage systématique et que cela ne résolvait en rien l’usurpation d’identité.

Est-ce que cela a vraiment alerté l’opinion publique ?

Pas vraiment…

Un mois est passé et aujourd’hui (le 6 mars 2012), l’Assemblée Nationale s’apprête à voter ce texte, qui va mettre en branle ce système oppressif et manquant fondamentalement de fiabilité. Nous avons été nourris de séries telles que les Experts et tutti quanti où les policiers apparaissent comme des magiciens capables avec des empreintes de débusquer le criminel et de le mettre sous les verrous. Fiction bien loin de la réalité comme le démontre ce billet démontrant par a+b que nous sommes loin d’avoir un système fiable empêchant que des innocents soient accusés à tort de faits qu’ils n’ont pas commis.

Vous me direz, dans ce cas, comment lutter efficacement contre ce système oppressif en train de se refermer sur nous ?
Camille Polloni liste ainsi de nombreuses manières de se battre contre ce texte de loi et ce de manière « légale ». D’ores et déjà, élément sur lequel je souhaite rebondir : le côté facultatif de la carte d’identité !
En effet, nombre d’administrations, de services privés vous réclament à tour de bras cette pièce. Renvoyez-les donc vers ce texte du Sénat qui rappelle explicitement que justifier de son identité peut se faire sans carte d’identité. Une carte vitale, un permis de conduire, un passeport voire un livret de famille suffise.

D’ici à ce que nos élus nous pondent une loi rendant cette carte d’identité obligatoire, il n’y a pourtant qu’un pas à franchir et il ne sera finalement pas si surprenant que cela arrive.

Après tout, nous sommes dans le pays des droits de l’Homme qui cautionne les actes de Bull-Amesys, une véritable fierté nationale, qui tue des gens avec nos impôts dans des pays où ces fameux droits de l’Homme ne sont plus applicables avec la complicité de nos gouvernants.

Merci à reflets.info ainsi qu’à Jellyfish et OWNI par Jean-Marc Manach d’apporter des informations sur ces éléments habituellement passés sous couvert par les médias généralistes…

A la lecture de cette actualité, il ne reste que la sensation d’avoir la nausée et les mains sales et surtout le désir de partager toutes ces informations pour placer tout un chacun devant sa responsabilité, diffuser, pour se fédérer et lutter contre un système honteux pour les êtres humains que nous sommes…

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