C’est aussi S comme Sarkozy et pourtant, j’avais juré ne jamais écrire sur la politique mais bon, il y  a des sujets qui fâchent et je dois dire que notre candidat-président a un talent indéniable pour faire monter au créneau ceux qui écoutent un tant soit peu ce qu’il professe depuis quelque semaines.

Déjà, qui a manqué l’éditorial de mardi du Wall Street Journal ? Celui-ci titrait sobrement « Nicolas Le Pen » en référence aux dérives xénophobes toujours plus extrêmes du candidat UMP vers sa concurrente de la Marine…

Effet immédiat, « Nicolas Le Pen » culmine dans les sujets les plus discutés sur Twitter. Est-ce une surprise alors que le fidèle Guéant battait déjà les campagnes il y a quelques temps en évoquant ouvertement l’existence de civilisations supérieures à d’autres ?

C’est déjà beaucoup je dois dire mais ça ne s’arrête pas là puisque si nous faisons un état des lieux des mesures prises par le Président S. durant son quinquennat pour la parité hommes/femmes, nous constatons sans mal que la cause féminine est loin d’être le sujet principal de ses préoccupations.

Nous pouvons d’ailleurs le remercier  en ne renouvelant pas son mandat, pour la fermeture de de dizaine de centres IVG aux quatre coins de la France à cause de sa réforme de l’hôpital publique, rappelant une fois de plus à quel point notre société machiste refuse aux femmes la possibilité de disposer de leur corps. Qui plus est, n’oublions pas qu’il fait partie des candidats qui refusent d’aborder la question féminine auprès des différentes instances féministes représentées par Féministes en mouvement.

Doit-on en déduire qu’une partie de la population n’a pas le droit d’être entendue dans le débat pseudo-démocratique ?

Revenons sur l’IVG et surtout les dérives entendues dans les bouches de nombreux candidats : depuis quelques jours, circule l’expression IVG de confort reprise entre autre par la candidate frontiste qui propose justement de ne plus rembourser l’IVG afin d’injecter l’argent auprès d’actes médicaux obligatoires.

Je suis curieux de connaître comment elle va déterminer ce qui est de confort et ce qui est obligatoire. Cela va-t-il dépendre des conditions matérielles de la mère ? Etait-ce un accident, un contraceptif oublié, un préservatif qui a lâché ?

En bref, cela reviendrait à intégrer la notion de reproduction possible dans chaque rapport sexuel en voulant limiter la possibilité d’IVG à celles qui ont de l’argent. Que dire également des victimes de viol ?

C’est juste inacceptable de tenir des propos pareils alors que toute femme a le droit de pouvoir prendre en main son rythme biologique et choisir si elle souhaite avoir ou non un enfant. N’oublions pas également qu’avoir un enfant bouleverse la vie d’une ou plusieurs personnes. Doit-on ainsi condamné au malheur une mère et son enfant non désiré au nom d’une prétendue morale injustifiable ?

Qui plus est le terme « de confort » est véritablement nauséabond. L’IVG reste un moment traumatisant pour une femme et non un moyen de contraception comme la Marine semble l’entendre…

Genre ! détaille dans ce billet comme le discours de droite (extrême ou pas, quoique de l’UMP au FN il y a maintenant un vaste boulevard) tend à vouloir restreindre les libertés des femmes à disposer de leur corps. A noter d’ailleurs que la loi Veil liée à l’IVG ne fait que dépénaliser cet acte et n’en fait malheureusement pas un droit ce qui permet à certains médecins de refuser de l’exécuter  au nom de convictions éthiques quand il ne s’agit pas d’argent…

De fait, je dois dire que si j’allais voter (non je n’y vais pas et je vais vous expliquer pourquoi au risque de vous faire hurler), ce serait Jean-Luc Mélenchon qui hériterait de ma voix, tout simplement parce que l’homme parait profondément convaincant et humain dans ce qu’il défend, n’hésitant pas à remettre en cause le système en profondeur en faisant des propositions au service du citoyen et non au nom d’un conglomérat économique devenu fou qui manipule subtilement nos vies.

Ne soyons pas dupes, nous vivons dans une démocratie d’opinion comme le souligne très justement Yovan Menkevick sur Reflets.info. Nous en avons la preuve depuis plusieurs élections. L’épouvantail Le Pen, mis au second tour en 2002 par des médias professant l’insécurité à tout bout de champs trois mois avant les élections, est un exemple flagrant de ce que peut donner une opinion manipulée par des médias contrôlés par une certaine oligarchie tirant les ficelles en coulisses. Yovan évoque ainsi un aspect « Matrix » au sujet de notre réalité dominée par un club très fermé. Est-ce exagéré ?

A peine lorsque l’on voit le scandale Bull-Amesys qui est enfin une possibilité pour le tout un chacun de prendre conscience des abus au niveau du pouvoir. Aussi, lorsque des hommes politiques, au nom d’un avenir meilleur, nous demandent de leur sacrifier nos libertés pour pouvoir redresser le pays en agitant la Grèce comme un vulgaire épouvantail pour justifier leurs exigences immondes, il ne faut en aucun cas les écouter, à aucun instant, jamais car ce ne sont que des représentants d’un establishment qui ne désire qu’une chose : mettre à genoux ce peuple craint pour pouvoir continuer à s’enrichir sur son dos, ce chantage outrageant que nos prétendus gouvernants et pour certains aspirants à l’être nous demandent d’accéder en leur confiant notre accord.

Et, encore, il s’agit simplement de l’illusion d’un choix, les discours alternatifs de candidats sincères tels que Jean-Luc Mélenchon ou Eva Joly étant complétement descendus par l’Establishment UMP-PS. A souligner d’ailleurs, que ces deux candidats sont les seuls à avoir un discours féministe intégré dans l’ADN de leur programme. Il est juste dommage qu’ils n’aient pas voix à chapitre dans notre système malade. N’oublions pas une chose : la liberté des hommes passe par la liberté des femmes et réduire la liberté à un genre est sûrement la pire des inepties, une société réellement heureuse étant avant tout un état où toute personne quel que soit son genre, son sexe, sa culture ou sa religion est libre de s’épanouir sans crainte d’être persécutée, agressée, violée…

Le message féministe souvent incompris n’est pas pour une réduction des libertés masculines mais pour une égalité et une parité dans tous les domaines sans aucune envie de castrer qui que ce soit.

Il est donc temps de changer ce monde bien que, pour reprendre l’expression de Jean Paul Jouary, c’est vraisemblablement par les urnes que nous perdrons nos libertés et non que nous changerons le monde véritablement…