Dans ce billet au titre, je l’admets, énigmatique, qui ne parlera sûrement qu’aux puristes, je tiens à vous présenter un album qui a bercé mon adolescence, qui m’a introduit dans l’univers d’un artiste que j’admire et qui a participé à mon éducation musicale: il s’agit de Peter Gabriel et de son album éponyme connu également sous le nom de « Car » (en référence à la voiture présente sur la jaquette).

Premier album de sa carrière solo naissante, peu après sa rupture avec Genesis, Peter Gabriel nous livre un petit bijou, relais émotionnel et intime de sa vie, de ses joies, de ses déceptions. En quelques mots, à l’aide d’extraits triés sur le volet, je vais essayer de vous transmettre l’émotion que m’ont inspirées ces différentes compositions d’exception!

Caught the chaos in the market square
I don’t know what, I don’t know why, but something’s wrong down there
Their bodies twistin’ and turnin’ in a thousand ways
The eyes all rollin’ round and round into a distant gaze
Ah, look at that crowd!

Ainsi débute la chanson d’ouverture de l’album, Moribund, the Burgermeister.

Peter Gabriel était connu, au sein de Genesis, pour dépeindre des personnages hauts en couleur, à la fois fantastiques et inquiétants, et cette chanson est le reflet parfait du talent de l’artiste. Elle nous entraîne dans un univers fantasmagorique, immersion profonde dans un village envahi par un mystérieux mal, vraisemblablement diffusé par Moribund. Les variations vocales de Peter Gabriel comme les sonorités étranges entendues tout au long de la composition renforcent l’ambiance inquiétante et rythment le récit d’une vie presque tangible. L’écoute attentive des lyrics permet de se fondre dans cette foule terrorisée par l’arrivée de Moribund.

Je vous laisse découvrir ce chef d’oeuvre:

L’album se poursuit sur Solsbury Hill, petit bijou que j’évoquais déjà dans ce billet. Je vous laisse le reparcourir en ayant parlé en long en large et en travers et surtout ça évite de se répéter 😉

La troisième piste, Modern Love, nous présente un Peter Gabriel perdu dans les affres de l’amour auxquels il ne comprend plus grand chose en cette fin des années 70. Chanson confession, cri du coeur d’un homme désorienté à la recherche de l’amour.

Hey, I’m feeling so dirty, you’re looking so clean
All you can give is a spin in your washing machine
I fly off to Rome to my prima bella
She leaves me in the rain with telescopic umbrella
Ooh the pain – Modern love can be a strain

La composition ne manque d’humour et le chanteur ne sombre pas dans les travers de la chanson d’amour dépressive, gardant un côté rock tout du long qui rend la chanson plus sarcastique que triste.

Une belle composition:

La chanson suivante, Excuse Me, est un duo entre Peter Gabriel et Martin Hall. Les deux voix apportent un tempo moqueur à la chanson.

La composition a quelque chose de dansant, d’amusant malgré les lyrics qui décrivent un divorce en bonne et due forme.

Excuse me
You’re wearing out my joie de vie
Grabbing those good years again
I want to be alone

Le chanteur s’excuse auprès de cette personne qui continue de lui prendre ses souvenirs, sa joie de vivre, son argent et réclame qu’on le laisse seul.

La performance est enchanteresse, avec cet humour, léger, satirique, propre à Peter Gabriel.

La cinquième piste, Humdrum, constitue pour moi le tournant de l’album, une embardée profonde et sans retour dans un monde prenant, envoûtant, un imaginaire où le quotidien se trouve soudain transfiguré par des éléments chaotiques. Cette chanson remue, la performance vocale de Peter Gabriel étant particulièrement remarquable dans cette composition.

Out of woman come the man
Spend the rest of his life gettin back where he can
As a bow, so a dove
As below, so above
From the black hole
Come the tadpole
With the dark soul
In coal she burn, she burn

As I drove into the sun
Didn’t dare look where I had begun
Lost among echoes of things not there
Watching the sound forming shapes in the air
From the white star
Came the bright scar
Our amobea
My little liebe schoen

Véritable envolée lyrique, je vous cite directement ces lyrics, poétiques à souhait, ambiance à son apogée, une vie qui s’écoule, de la naissance à la mort, portée par la voix émue, sensible et chaleureuse de Peter Gabriel.

Je vous laisse vous délecter de cette composition qui parle à l’âme et au coeur en même temps:

Je fais un bond à la septième piste, Waiting for the Big One, morceau ovni de l’album à l’orientation jazzy assumée. Sensuelle à souhait, la composition nous entraîne dans une fête de fin d’année pour le moins arrosée, le chanteur ivre disserte sur sa vie, martelant qu’il se saoule en attendant « the Big One ».

One too many, where ego I go too
Looking for the real thing
It don’t come from what I do
No real communication moves out of my face
I’m beginning to think I’m just out of place
Won’t get in too deep, I want to get some sleep
To be ready for the big one
To be ready for the big one

Une fois de plus, Peter Gabriel nous gratifie d’une belle envolée lyrique avant de laisser place à la guitare concluant cette chanson d’un solo magnifique, souligné par une batterie au tempo envoûtant.

Allez, je vous ai fait suffisamment marinés comme ça, voici la chanson tant attendue (The Big One ^_^)

Le meilleur pour la fin avec sûrement ma chanson préférée de l’album, véritable consécration de ce chef d’oeuvre, annonciateur d’une carrière solo magnifique.

Here Comes The Flood fait partie de ces chansons classiques, qui ne prennent pas une ride, apportant un climax saisissant, des lyrics brutales et sensuelles, une voix qui attire l’auditeur dans un univers cataclysmique.

La chanson débute ainsi, strophe annonciatrice du déluge à venir:

When the night shows
the signals grow on radios
All the strange things
they come and go, as early warnings
Stranded starfish have no place to hide
still waiting for the swollen Easter tide
There’s no point in direction we cannot
even choose a side.

Peter Gabriel nous présente un monde sur la fin, à travers un récit poétique soulignée par une composition musicale au service du drame qui éclate au moment du refrain. L’inondation se ressent jusque dans le rythme de la chanson, les strophes calmes précédant la tempête portée par les refrains.

La chanson s’achève sur des mots à la fois énigmatiques et poétiques:

Drink up, dreamers, you’re running dry.

Si vous ne connaissez pas Peter Gabriel (c’est possible ça? 😛 ), c’est l’album porte d’entrée que vous devez absolument emprunter pour découvrir cet artiste révolutionnaire aux compositions touchantes, aux environnements fantastiques, aux lyrics passionnants à étudier.

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