Dystopie explosive portée à l’écran par Gary Ross, Hunger Games est l’adaptation des romans éponymes de l’auteure Suzanne Collins. Le réalisateur nous projette dans un univers post apocalyptique, une Amérique future qui émerge d’une guerre civile. Panem (c’est le nom de ce pays) est gouverné par un régime oppressif du nom de Capitole qui réprima dans le sang la révolte des 13 districts. L’un d’eux fut rasé et les 12 autres asservis. Pour commémorer cet évènement, une journée dédiée et un jeu télévisé en rapport furent créés: les Hunger Games.

Ces jeux annuels demandent à chaque district d’envoyer un jeune homme et une jeune fille âgés de 12 à 18 ans pour disputer une compétition dans une arène où il n’y aura qu’un seul survivant à la fin. Cette compétition est à la fois là pour rappeler aux districts le soulèvement échoué mais également pour leur donner l’espoir de sortir de ces lieux d’intenses misères (pour l’essentiel) en récompensant le vainqueur.

Voilà pour les grandes lignes.

L’histoire débute à la veille des 74e Hunger Games dans le 12e district. L’héroïne Katniss Everdeen (interprétée par Jennifer Lawrence) va se porter volontaire pour remplacer sa jeune soeur, Pimrose, tirée au sort lors de la désignation des tributs (les jeunes gens envoyés au Capitole pour subir les Hunger Games). Katniss sera accompagnée de Peeta Mellark (joué par Josh Hutcherson), tribut masculin du 12e district.

Sans rentrer dans les détails de l’intrigue, le concept même du film (et donc du roman) est remarquablement intéressant, mettant au centre d’un jeu de pouvoirs oppressifs un massacre ludique mis en scène pour satisfaire la soif de sang des habitants de Capitole, prenant leur revanche sur les districts asservis. Ainsi, les jeunes gens sont encouragés à gagner le coeur du public au même titre que les gladiateurs de la Rome Antique.

D’une certaine manière, le film dénonce ces élans médiatiques et voyeuristes propres à des téléréalités toujours plus intrusives et violentes. Les tributs deviennent malgré eux le reflet des fantasmes des spectateurs, s’instrumentalisant volontairement, à la fois pour survivre mais également pour cette minute de gloire euphorisante juste avant leur mort quasi-programmée.

Que dire des acteurs?

Sans être exceptionnels, ils campent parfaitement les stéréotypes de leur personnage. Katniss est la chasseresse, assurée, froide, mais également capable de sensibilité, tourmentée par les sentiments ambigus qui vont se développer chez elle. Elle attire la sympathique du spectateur qui parvient sans mal à s’identifier à cette révolutionnaire en devenir. Peeta, par contre, a quelque chose de méprisable. Il se pose dans le rôle du faible, celui qui courbe l’échine devant le pouvoir établi, quitte à renoncer à toute dignité humaine. Le spectateur peut en venir à éprouver de la compassion pour le personnage en constatant la difficulté qu’il a à se construire en tant qu’individu et encore, ce n’est pas suffisant pour ôter cette arrière goût désagréable: Peeta a renoncé à se battre et se laisse tirer par la volonté de survie de Katniss. Le décalage entre les deux protagonistes ne fera que se renforcer à mesure que l’intrigue avancera.

Esthétiquement, le film est très bien réalisé, les effets spéciaux étant exploités à bon escient, ne sombrant pas dans une débauche pyrotechnique excessive. Les éléments propres à l’arène sont remarquablement inventifs, soulignant la cruauté des organisateurs, ceux-ci n’hésitant pas à modifier les règles en plein milieu des jeux pour corser la situation et utiliser les participants dans leur manipulation médiatique de l’opinion publique.

Le scénario, quant à lui, est loin de surprendre. Certaines situations sont prévisibles, s’inscrivent dans un ADN convenu. La mise en scène est pourtant intéressante.

A noter que les mauvaises langues ont, lors de la sortie du livre, critiqué durement l’auteure en avançant qu’il s’agissait ni plus ni moins qu’un plagiat de Battle Royale. Des principes se recoupent: la présence d’enfants, la lutte à mort dans un lieu isolé afin de renforcer le pouvoir inspiré par un gouvernement despotique…

Ce film appelle bien sûr une suite puisque les romans sont au nombre de trois. Il a été annoncé que l’adaptation cinématographique comporterait 4 films au total. A voir ce que donneront les séquelles.

Pour clore ce billet, la bande annonce:

Irez-vous le voir?

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