Paraphilie, mon amour, enfin pas vraiment et il suffit de jeter un œil à la liste impressionnante de pathologies décrites pour comprendre à quel point certaines déviances sexuelles peuvent être monstrueuses et/ou écœurantes. Certaines rejoignent des tabous sociaux (qui j’espère le resteront) et d’autres seront considérés comme certains rangés à tort dans la déviance.

Disons surtout que suite à mon échange avec Belgarel autour de ce billet et plus particulièrement de la pornographie dite déviante vue dans le clip Protège-Moi de Placebo, j’ai souhaité en savoir un peu plus sur ce qui constitue une déviance sexuelle pour essayer de comprendre le point de vue avancé par Belgarel dans son commentaire et voir effectivement si ce qui est représenté dans le clip est vraiment hardcore.

De fait, si on se réfère stricto-senso à la définition donnée par wikipedia de la pornographie hardcore, c’est effectivement ce que l’on voit dans le clip susmentionné. Les gestes sont explicites, les parties génitales sont visibles et des actes sexuels évidents sont montrés au spectateur. C’est bien hardcore même si je n’ai pas la sensation de retrouver l’instrumentalisation propre au porno mainstream que tout un chacun peut trouver sur le net via les sites dédiés que je ne nommerai pas.

Cela nous renvoie à la notion de déviance. Le porno hardcore tel que je le définis est pour moi déviant et la déviance dans les paraphilies ou perversions sexuelles ont pour la plupart un point commun: l’instrumentalisation de l’être humain à des buts uniques de plaisirs égoïstes. Abuser de l’autre, quitte à l’humilier ou faire preuve de nihilisme à l’égard de sa condition humaine que cela soit de manière consciente ou inconsciente.

De fait, l’on pourrait pousser la réflexion à penser que la manière dont les médias nous présentent la consommation sexuelle comme une libération sexuelle est une forme de déviance même si cette notion dépend souvent des époques. En effet, pour exemple, il fut un temps où l’homosexualité et la bisexualité étaient considérées comme des déviances sexuelles, essentiellement parce que la société n’acceptait pas ce type d’orientation sensuelle. De même, l’acte sexuel réclamé fréquemment par les hommes auprès de leur partenaire, la sodomie, était proscrit et interdit au point d’être puni par la loi.

Ces interdits, pour la plupart, étaient conditionnés par la religion, par la société, car la sexualité s’orientait avant tout vers la reproduction et non vers une notion de plaisir. La masturbation tombait bien entendu dans ce domaine et était considérée comme déviante. Ceci n’a pas empêchée les sociétés de s’ouvrir et de redéfinir la sexualité d’un point de vue érotique, l’axer vers le plaisir, au début uniquement masculin puis peu à peu partagé avec son partenaire (féminin ou masculin). Des avancées sont pourtant encore à faire concernant la prise en compte du plaisir féminin.
A noter, d ‘ailleurs, que le plaisir féminin était considéré à certaines époques comme déviant, toujours lié à cet impératif de reproduction martelé par une société masculine déterminant les contours de ce qui doit être en terme de sexualité.

Revenons au clip de Placebo. Donc, non, pour moi, cette réalisation a qu’un caractère pornographique artistique bien loin des séances d’abattage auxquelles nous ont malheureusement habitués certaines plateformes de streaming.
De fait, j’y vois une mise en scène sans doute idéalisée de libertinage récréatif n’impliquant pas cette humiliation propre aux différentes paraphilies listées ci-dessus. Les personnes présentes semblent consentantes et conscientes de ce que chacune désire sans qu’il y ait de soumission abjecte à l’autre. Cela nous entraîne néanmoins dans ce que l’on appelle communément une partouze, sexualité de groupe qui flirte dangereusement avec la perversion puisque ce type de regroupement peut intégrer des déviances liées à la paraphilie. Et ce n’est pas DSK qui viendra redorer le blason de cette pratique à travers ses frasques tarifées initialement privées devenues publiques et rappelant comme ce qui peut se définir comme sensualité peut devenir une véritable consommation sexuelle humiliante pour la femme, devenant objet de toutes les perversions, offerte selon les fantasmes de domination masculine véhiculés par le porno mainstream.

Le BDSM qui, peut être assimilé à une sexualité consenti, rejoint à mon sens cet aspect d’instrumentalisation de l’autre. Malgré le consentement possible, cette pratique est clairement listée dans la déviance sexuelle, car elle implique de s’abandonner d’une manière assez abjecte aux  actes d’un(e) maître(sse) qui peut dépasser les limites au delà de ce qui est tolérable. En cela, je ne peux comprendre une telle pratique, avilissante pour la condition humaine,  et ma norme la range volontiers dans un comportement sexuel déviant bien loin de ce qui est montré dans  Protège-moi.

Peut-être que la société évoluera dans le futur vers une société entièrement BDSM, même si j’en doute foncièrement ou dans ce cas, cela signifiera que nous avons renoncé à contrôler notre vie jusque dans notre intimité profonde…

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