Blood: The Last Vampire est un anime de  Hiroyuki Kitakubo, sorti en 2000. Cette réalisation relativement courte (seulement 48 minutes) nous entraîne dans une base américaine au Japon peu après la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Une vampire à l’apparence de jeune fille, Saya, sera l’héroïne de cette aventure sombre et fascinante dont la réalisation mélange des séquences 2D et 3D avec talent. Cette jeune fille au caractère froid, déterminé voire totalement inhumain travaille avec le gouvernement pour endiguer l’invasion de vampires baptisés Chiroptériens et qui ont la dangereuse faculté de pouvoir se fondre au sein de l’humanité en adoptant l’apparence d’êtres humains tout à fait innocents.

Saya, en elle-même, est le dernier vampire originel et le film est relativement elliptique quant à ses origines. Résolument tourné vers l’action, ces trois quart d’heures laissent peu de place à l’intrigue et se posent avant tout comme une débauche esthétique et graphique hyper violente dans un monde sombre et tourmenté. L’infirmière de la base militaire accompagnant la jeune fille sert à la fois de témoin mais également de point de rupture entre une réalité rassurante et éclairée et un monde concret bien plus violent et cruel.

Les Chiroptériens se caractérisent par des transformations monstrueuses rappelant pour qui connaît le jeu de rôle Vampire la Mascarade la forme de combat des Tzimisces, vampires slaves apparentés à Dracula. La seule manière de les vaincre définitivement est de leur faire perdre beaucoup de sang d’un coup. De fait, les armes à feu sont quasiment inoffensives contre eux et Saya se débarrasse d’eux à l’aide d’un katana, ce qui participe au côté graphique, violent et expéditif des combats qui rappellent les duels de samurai se jouant en un coup gagnant et meurtrier.

La fluidité des animations, la bande son et le graphisme soigné et expressif et des personnages contribuent à intégrer le spectateur dans cet univers si proche de nous.
Le scénario progresse avec la sensation que tout est en train d’échapper hors de tout contrôle des organisations gouvernementales sensées juguler cette menace invisible et monstrueuse.

Et en cela, les 48 minutes chrono du film sont parfaites pour mettre en place cette sensation d’urgence, de perte de repères, d’immersion dans un monde définitivement dangereux.
De fait les dialogues sont courts, incisifs et ne se perdent pas en longs discours, ce qui contribue au dynamisme de la réalisation. On ne s’ennuie pas et c’est très bien.
A ce titre, je pense que rallonger le film aurait provoqué ces longueurs qui tuent bien trop souvent des réalisations au concept initialement intéressant.

Par ailleurs, ne pas avoir toutes les réponses sur l’origine de ces monstres, sur qui est vraiment Saya, participe au mystère et permet au spectateur de se poser des questions et d’imaginer la pire des solutions. Après, je sais que certain(e)s préfèrent avoir des certitudes plutôt que de se laisser porter dans un mystère sinueux et brumeux.

Pour clore ce billet, je vous propose de découvrir le trailer de cet excellent anime!

Intriguant, n’est ce pas?

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