Archive for mai, 2012


Le Vendredi, c’est cover #34

Relax don’t do it
When you want to to go to it
Relax don’t do it
When you want to come
Relax don’t do it
When you want to suck to it
Relax don’t do it
When you want to come
Come-oh oh oh

Ainsi débute cette chanson de Frankie Goes to Hollywood, célèbre groupe de pop anglais. Relax est remarquablement explicite de part ses lyrics et sa mise en scène via le vidéoclip qui n’est pas en reste.
L’action prend place dans un club SM Gay et, comme vous vous en doutez, a été majoritairement censuré à sa sortie en 1983 sur les chaines musicales.
Trop subversif sans doute, montrant une sexualité masculine qui à l’époque devait avant tout être cachée, le SIDA faisant des ravages dans la communauté gay au point que certains pensaient qu’il s’agissait d’une maladie propre à cette orientation sexuelle…

Outre, ce climat tendu, ce clip est une bouffée d’oxygène dans un milieu pop du début des années 80 assez sclérosé et consensuel…

Bien entendu, cette chanson a bénéficié de multiples covers et je vous en ai sélectionné deux, la première nous venant de Powerman 5000groupe de heavy metal, qui reprend la chanson à l’occasion de la sortie du film Zoolander en 2001.
La composition est musclée par le style heavy metal, la voix bien moins douce apporte un côté très très punchy à cette reprise mais perd l’aspect revendiqué et provocateur du clip initial.

La seconde cover nous vient de Bloodhound Gang, ces « poètes » à la verve acide dont je vous parlais déjà cette semaine dans ce billet.
Plus exactement, il s’agit d’un sample du refrain de la chanson originale agrémentée de leurs facéties verbales et scéniques.
Mope contient également d’autres samples de chansons célèbres mais m’a particulièrement attiré par son utilisation du refrain de Relax.
Vous remarquerez d’ailleurs que les lyrics du-dit refrain ont quelque peu changé entre les mains du groupe:

Relax don’t do it when you wanna go to it,
Relax don’t do it when you wanna cum,
Relax don’t do it when you wanna go to it,
Relax don’t do it when you wanna cum.

 Je vous laisse également découvrir les différentes références qui apparaissent dans le clip:

En préfèrez-vous une des deux?

Pour clore ce billet, je vous propose de faire une petite digression avec Rockelbel’s Canon, la nouvelle vidéo de The Piano Guysqui se déroule dans un mariage. Comme vous allez pouvoir le constater, la mise en scène donnerait presque envie de vivre un mariage identique (ou pas ^_^)

Sur ces dernières notes, je vous souhaite un bon weekend!

Découvrez également les covers surprenantes conduites par Hydria!

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Focus Manga #18: Tales of Symphonia

Cette série de 6 tomes est librement inspirée du jeu vidéo éponyme sorti sur GameCube en 2004.
Ayant eu un véritable coup de coeur pour ce jeu, j’ai souhaité me procurer la série manga pour voir si elle était à la hauteur des excellents moments passés auprès de Lloyd Irving (le héros) et de sa troupe de compagnons.

Souvenez-vous du trailer captivant diffusé à l’époque de la sortie du jeu:

Avant toute chose, je vous détaille rapidement l’histoire, du moins son amorce.
L’action prend place dans le monde de Sylvarant au côté de Lloyd, jeune épéiste orphelin, vivant à Iselia, le village où l’élue sensée sauver le monde est née. Colette, la dite-élue, va recevoir l’oracle la consacrant dans son rôle et débutant le périple pour la régénération du monde afin de chasser les Désians, des demi-elfes, opprimant les humains dans des fermes où ceux-ci sont torturés pour produire de mystérieuses ex-sphères, artefacts magiques capables de donner des pouvoirs surhumains à son porteur mais pouvant également le tuer si utiliser de la mauvaise manière.

Voilà en quelques mots le synopsis.

Pour le reste, l’intrigue suit parfaitement le jeu vidéo et, si vous y avez joué, vous ne serez pas perdu, bien au contraire.
Pour quelqu’un n’y ayant pas du tout touché, l’histoire est parfaitement retranscrite, tout en évitant les longueurs, les ellipses fréquentes ne nuisant pas à la compréhension. Au contraire, ce parti pris apporte un dynamisme à l’action et permet à l’auteur de se consacrer au développement des personnages et des liens les unissant.

A ce titre, Tales of Symphonia est un petit bijou d’interactions humaines, les convictions et les motivations de chacun des protagonistes étant largement creusées apportant une compréhension profonde de leur psychologie. De fait, l’auteur n’hésite pas à aborder des thèmes sensibles tels que le racisme et la difficulté à trouver sa place dans un monde où les demi-elfes sont traqués et tués au point qu’il est difficile de distinguer les victimes des bourreaux.

Le vaste complot éventée par Lloyd et ses amis est fidèle à l’oeuvre vidéoludique originale et ne souffre pas du format court des mangas, les 5 premiers étant consacrés à l’histoire principale et le dernier à des director’s cut, mini histoires s’intercalant tout au long de la série pour expliquer et approfondir certains personnages (dont l’excellent Kratos, pour moi le véritable héros du jeu vidéo et du manga ^_^).

Graphiquement, Hitoshi Ichimura a reproduit avec respect l’univers du jeu vidéo et les 6 volumes sont de vibrants hommages à l’action décrite dans le jeu de Namco. Les combats sont remarquablement dynamiques, courts, incisifs et servent avant tout à mettre en avant les oppositions entre personnages, les convictions pour lesquelles ils sont prêts à faire le sacrifice de leur vie.

Cette courte série mérite de figurer dans votre collection et si ce n’est pas encore le cas, foncez la découvrir dans votre librairie le plus proche, vous ne serez pas déçu!

Découvrez également l’histoire vibrante d’émotions de Rosette et de Chrno dans Chrno Crusade!

Ce second album de Bloodhound Gang est sorti en 1996 et reflète la verve satirique du groupe américain à travers des textes riches en allusions explicites relayées par des clips où se mêlent à la fois mauvais goût mais également un humour grinçant et potache.

La chanson d’introduction, Kiss Me Where It Smells Funny, annonce directement la couleur par ces quelques lyrics empreintes d’une fraîcheur tout simplement délicate et subtile:

You came twice last year like a Sears catalog,
Cause your last boyfriend makes love like Boss Hogg,
Well now you’re seeing me but soon I’ll have you seeing God,
Cause girl I’ll get you panting like you’re Pavlov’s dog,
Like a DC-10: guaranteed to go down,
But baby your black box is the one that I found,
I’ll give you the gift that keeps on givin’ it won’t cost you any money,
Then she grabbed me by the ears and said kiss me where it smells funny.

Le premier couplet s’achève par des gémissements pour le moins explicites, la composition traitant de la découverte du cunnilingus par un couple.

Le clip fait référence à cela via des images décalées du chanteur volant un poisson sur l’étal d’une boutique pour le relâcher dans la mer. Musicalement, c’est un mélange habile de rock, de rap et de punk, le groupe alternant entre ses différents styles offrant ainsi à leurs compositions un aspect hétérogène très très agréable.

La seconde composition a été un très gros hit du groupe à sa sortie.
Fire Water Burn commence par le célèbre refrain emprunté à la chanson « The Roof Is on Fire » de Rock Master Scott & the Dynamic Three:

The roof, the roof, the roof is on fire,
The roof, the roof, the roof is on fire,
The roof, the roof, the roof is on fire,
We don’t need no water let the motherfucker burn,
Burn motherfucker burn.

Jimmy Pop, par sa voix trainante et monotone, distille une ambiance décalée au sein de cette maison de retraite où il se met en scène via des attitudes à la fois offensantes et satiriques. Le jeu de scène est excellent, provoquant à souhait et plein d’humour couplé aux  lyrics tout simplement décapantes.

Le « Burn motherfucker burn » a quelque chose de réellement jouissif dans la manière dont il est chanté.
Et une fois de plus, l’on constate le changement complet de style entre la première composition présentée et celle-ci.

La chanson suivante aborde un sujet sensible en tournant en dérision certaines idées reçues à propos de la communauté gay.
Le personnage incarné par le chanteur est un hétéro persuadé que les filles préfèrent les gays car ils seraient plus sensibles et la composition s’intitule  I Wish I Was Queer So I Could Get Chicks à juste raison, illustrant à merveille la bêtise de cette assertion.

If your ass is a Chinese restaurant I’ll have the poo-poo platter
My friend Jerry Vandergrift kissed me in Home Ec. class
Later in the afternoon some jarheads in the locker room kicked my ass
I said guys I’m like you I like Monster Trucks too
Wanna see how many push-ups I can do?
I just wish I was queer so I could get chicks

C’est trash, les lyrics n’épargnent pas les stéréotypes véhiculés par la communauté hétéro à propos de la communauté gay et dénoncent avec un humour décalé la bêtise de certains hétéros. (ce n’est qu’un extrait du texte complet ^_^)

Why’s Everybody Always Pickin’ On Me? est la composition par laquelle je vais clore ce billet.
Pour résumer, Jimmy Pop incarne cette fois-ci un jeune homme chez le psy qui tente de soigner sa phobie du ridicule en se remémorant tous les évènements traumatisants vécus lors de ses années au lycée.

The morn’ that I was born my old man beat up the doctor
He clocked the doctor cause the doctor said I looked like Chewbacca
The doctor said sir you’re misled sir which infers you mistook me
I did not mean your lovely wife was shackin’ up with a wookie
What I mean is Wolverine is less hairy than your son
He’s looks like Chewie Baba Booey Baba Booey and Hong Kong Phooey all in one
To put it mild your new-born child’s completely nutty fu-fu lookin’
I’d shove him back into the oven until he is done cookin’
But why’s everbody always pickin’ on me?

Les lyrics, très denses, méritent d’être parcourues avec attention, celles-ci recelant à nouveau de cette touche d’humour décalé propre au groupe. Les images associées participent à l’immersion du spectateur/auditeur dans la folie du personnage et la conclusion de la chanson comme du clip est d’une évidence attendue.

Bien entendu, ces quatre pistes ne sont qu’un aperçu de l’album et de ses douze compositions au style qui se renouvelle tout au long de cette excellente création musicale.

Accrochez-vous à cet humour à part?

Découvrez également la poésie subtile et tendre de Genesis dans A Trick of the Tail!

Le couple…
Voilà une réflexion qui m’est venu suite à la lecture de cet excellent billet de l’Elfe sur les Questions Composent et qui vise à déconstruire ce conditionnement sociétal autour du couple. Fatalement, lorsque l’on est amoureux, l’on doit être en couple, l’on doit s’installer ensemble, être fidèles, surveiller l’autre et mille et une choses qui n’ont au final que pour but de détruire l’ego de l’autre ainsi que l’amour que l’on éprouve pour lui/elle.

C’est réducteur, destructeur et c’est une vision sociale de l’amour avant tout.
Je vous enjoins à lire ce billet ainsi que son successeur plus accès autour de la notion d’amour et son aspect consommation propre à notre société.

Étrangement, j’en ai profité pour revoir La Délicatesse qui m’avait véritablement captivé en décembre 2011 et pour lequel j’avais rédigé ce billet.
L’intérêt de revoir un film, c’est de pouvoir porter un regard différent dessus après un laps de temps écoulé et surtout de voir des choses que notre sensibilité du moment n’avait pas permis de percevoir au départ.

Et j’y ai vu des choses assez effrayantes.
Pèle mêle même si ce n’est pas le sujet premier du billet: j’y ai redécouvert une femme jouée par Audrey Tautou qui ne se définit que par rapport à l’homme (le défunt, puis le nouveau) et malgré des soubresauts d’indépendance, l’on constate le vide de ce personnage sans l’amour d’un homme.
Image somme toute réductrice et remarquablement patriarcale de la femme. Cela rejoint ce que dit l’Elfe dans l’obligation d’un(e) célibataire d’être en « chasse » pour passer au statut sacré du couple.
C’est dérangeant mais ce n’est sûrement pas ce qui m’a le plus remué.

La Délicatesse souligne un aspect évident du droit de regard de la société sur l’amour et plus globalement sur le couple. Il n’est pas possible d’être amoureux/en couple d’une personne qui n’est pas du même niveau que soi-même. Nathalie est belle et désirable par nombre d’hommes. François est laid et ne mérite pas qu’une femme s’attarde sur son cas. Et ce couple (que Nathalie nie une bonne partie du film mais c’est encore la confusion entre amour et couple) est décrié, mal vu car c’est une anomalie sociale.

De fait, la société se réserve par nos regards aux un(e)s et aux autres un droit de déterminer qui nous devons aimer que cela soit à travers nos origines ethniques, culturelles, sociales, religieuses. N’oublions pas le physique qui est d’une importance indéniable. La beauté, la taille, le poids des deux personnes sont des facteurs déterminants de ce que la société nous autorise et nous conditionne à aimer. Ne pas en tenir compte revient à s’écarter du droit chemin et à devenir des parias  d’un ordre moral établi visant à régir nos émotions dans un unanisme écoeurant.

Vous me direz bien entendu que qui se ressemble s’assemble. Voilà un beau proverbe. Il reste néanmoins une expression, une coutume qui entrave notre liberté de choisir, d’explorer, de se développer, d’évoluer au côté de personnes différentes. Se priver d’aimer quelqu’un pour des raisons aussi limitantes que celles évoquées au dessus, c’est tout simplement donner à des personnes qui n’ont aucune considération pour nous la possibilité de nous modeler à l’image de ce à quoi nous n’aspirons pas.

Et voilà ce qu’il ressort de La Délicatesse, cette brutalité sociétale qui nous conditionne dès le plus jeune âge et qui interfère jusque dans notre sexualité et nous rappelant à tort que l’hétérosexualité est la voie unique et que l’homosexualité est une hérésie. Ne parlons même pas de l’idée d’un couple crossculture ou crossethnie qui représente une véritable violation du consensus pour beaucoup de familles. La pureté quand tu nous tiens, véritable vivier aux pires tares telles que l’intolérance, le racisme, l’homophobie et autres joyeusetés dommageables pour l’être humain dans son ensemble…

Donc, oui, au même titre que l’Elfe, je suis contre le couple, également pour le poids sociétal qui réside en son sein.
En revanche, je suis pour un amour libéré qui ne s’embarrasse pas de la jalousie, de la possessivité et autres bêtises qui ne visent qu’à confiner l’autre dans un rôle d’objet de désir, ni plus, ni moins…

Opale Chapitre 5

Voici la quatrième et dernière partie du cycle Les Ténébreuses!
Opale
va vous entraîner vers une conclusion réunissant des personnages que vous avez pu croiser dans Another Vampire Story, Brume et Le Chat pour un final alliant sensualité, fantastique et ténèbres!

Le premier chapitre est ici, le second par , le troisième ici et le quatrième !

Bonne lecture et n’hésitez pas à me faire part de vos critiques!

V. Du puits angélique, j’émergeai, image inanimée d’un objet façonné par les mains divines. Son regard empreint de cette douceur propre aux créateurs m’emplit d’une vie en tout point surprenante. Je sentais à travers ses mains cette souffrance poignante d’un être qui ne se sent plus digne de ce qu’il a enfanté.

Par ses yeux emplis de lumière, je vis le jardin ensoleillé, profané par cette démone aux formes lascives, allant jusqu’à corrompre son fils le plus proche de la lumière. La colère de mon créateur ne pouvait qu’être justifié à l’égard de ses pécheurs, de ces créatures ayant choisi sciemment de se détourner de la lumière resplendissante de la vérité. Son Œuvre divine était corrompue à présent et je naissais avec un but unique : provoquer un cataclysme à la hauteur de ses attentes en usant de la duplicité propre aux démons.

Me débarrasser à la fois de l’humanité dévoyée et de l’engeance démoniaque responsable de cet écart à la création parfaite de Dieu. Juste un masque, reflet des péchés, miroir des âmes déchirées par la concupiscence, la haine et la colère, jugement évident des secrets et des vices de tout un chacun, corruption nourrissant ma puissance grandissante.

Ma première victime, mon premier hôte, un sinistre démon de la glace à la puissance destructrice exceptionnelle, respecté par ses pairs pour sa brutalité sans faille, sa colère sans précédent. L’attrait du pouvoir, l’avidité propre à son espèce le piégèrent dans mes rets et c’est sans mal que je commençai à le manipuler, formant l’Ordre démoniaque au nom d’une stabilité des Enfers, d’une représentation physique du complot des démons lové au sein du monde des humains. Les années passées en lui révélèrent un vice anormal chez lui, un penchant pour la chair que je camouflais afin de ne pas faire tâche mais dont j’éprouvais jusque dans les nuits les plus sombres la sinistre violence.

Pendant des siècles, je régnai par la terreur, sacrifiant humains comme démons sans aucun scrupule jusqu’à ce qu je retrouve la trace de celle qui avait causé la chute des enfants de Dieu dans le néant. Lilith et sa jumelle Opale, amour saphique bien loin des aspirations divines, nourrissant une passion pour la chair et œuvrant pour libérer l’humanité du joug divin.

Les éliminer assurerait sans mal la victoire de mon créateur sur ce monde qui l’avait abandonné, vengeance parfaite et absolue d’un doux artiste répudié. La traque ne fut pas sans mal et ce fut par une nuit de glace que nous parvînmes à piéger les fuyardes. J’usais de mes talents pour libérer les pulsions violentes de mon hôte. Ses cohortes furent rapidement contaminées par les visions de viols, qui, à leur tour, se répandirent jusque dans les esprits de nos proies, les plongeant dans un sombre désespoir. Ce fut ma seule et unique erreur…

Rien n’aurait pu le sauver sauf un geste de pur de désespoir, un sacrifice inattendue qui me blessa et m’affaiblit pour les siècles à venir. Le suicide de Lilith, l’explosion provoquée par son âme réduite en milliards d’échardes massacra ma garde rapprochée tout en diffusant en moi un poison profond qui gangrena progressivement mon hôte et me plongea dans une torpeur proche de la mort.

Victoire et défaite se conjuguèrent alors que le feu du venin embrasait mes sens, perturbant mes pensées, m’attirant dans des domaines sensuels qui me troublèrent profondément. Opale nous avait échappé mais nous avions défait la première des démones.

Je payai ce meurtre par des agonies longues et profondes, tentant tant bien que mal de maintenir en vie mon hôte. En vain. Il dépérissait et moi avec, sans aucune possibilité d’user de mes dons de domination pour attirer un nouveau démon à habiter. Les années s’écoulaient et mon échec était évident. J’avais failli, péché d’orgueil de penser résoudre aussi vite la tâche primordiale confiée par Dieu.

Pourtant, la chance voulue qu’un jeune incube ose venir troubler ma réclusion d’où je donnais avec difficulté mes consignes aux autres démons. Sa soif de délivrance, son désir de pouvoir pour sauver celle qu’il pensait aimer oblitéra tout jugement en lui et je pus lui faire les promesses qu’il attendait tout en détruisant peu à peu toute volonté.

Malgré cela, mes pouvoirs ne revinrent jamais totalement et je compris avec colère que jamais je ne pourrais plus dominer mon nouvel hôte. Sa volonté oscillante offrait pourtant une résistance inédite qui m’obligeait à partager sa conscience à négocier continuellement, à manipuler longuement et finement pour obtenir ce que je voulais de lui.

Lilith n’était pas morte et œuvrait à travers Opale et d’autres instruments. L’un d’eux m’appartenait et tentait inconsciemment de me corrompre définitivement pour user de mon pouvoir et délivrer celui qui avait été puni. Cet incube présentait en lui-même un avantage à double tranchant qui me permettrait sans doute de déjouer les plans de la sombre mère et de la précipiter au côté de son amant dans les ténèbres et l’oubli du néant.

Je me laissai aller aux charmes sensuels de mon hôte pour mieux le contaminer et m’adjoindre son aide. La cour des miracles que je l’aidais à reconstituer n’avait que pour but d’amoindrir sa volonté, de le plonger dans cette luxure qu’il avait désiré mais dont il avait secrètement honte.

Succubes et incubes dansaient continuellement autour de lui, glissaient en lui, contre lui, caresses subtiles, baisers fiévreux, étreintes vagabondes et intenses. Le peu d’humanité qui restait en lui se volatilisait au fil du temps, le visage de sa bien aimée s’effaçait. La visite d’Opale manqua de détruire ma lente œuvre de sape mais je pus contenir sa terreur, étouffer la marque de Lilith qui s’était éveillée en lui.
Le génocide des Chats acheva mon plan et à présent mon hôte allait dans mon sens malgré le léger trouble qui perdurait encore de temps à autre.

Le puits de néant nous appelait, Opale y était déjà avec la clé et je lui apportait la serrure qui détruirait pour toujours cette humanité qui n’aurait jamais du se soulever contre mon seigneur et maître…

La fin d’Opale, c’est par ici!