Imaginez une ambiance de fin du monde. La nuit est tombée et n’est pas prête de se lever, livrant les êtres humains aux ténèbres et à des créatures peu recommandables. Vampires, loup-garous et goules hantent les villes et se livrent un combat perpétuel pour la suprématie sur les humains qui tentent tant bien que mal de survivre. Quelques chasseurs se sont levés pour résister mais ceux-ci sont loin d’être de taille.
Dans un monde rappelant furieusement le World of Darkness de White Wolf, Nightfall nous propose de prendre le contrôle d’un clan qu’il faudra mener à la victoire. Chaque joueur (de 2 à 5 participants) est muni d’un paquet de cartes (12 au début) qui vont lui servir à infliger des blessures à ses adversaires, la personne ayant le moins de blessures à la fin de la partie étant le vainqueur. Nous allons voir comment y arriver.

D’ores et déjà, ce jeu emprunte des mécanismes de construction de paquet qui rappellent les jeux de cartes à collectionner en intégrant un principe de draft en début de partie afin de permettre à chaque joueur de constituer sa réserve personnelle de 3 cartes dans laquelle il pourra puiser au même titre que la réserve centrale pour améliorer son jeu au fur et à mesure de la partie. Ce sera d’ailleurs la partie préparatoire du jeu, ce fameux draft où chacun reçoit 4 cartes, en choisit une, passe le reste à son voisin de gauche, jusqu’à avoir sélectionné 3 cartes, la carte finale étant écartée pour constituer la réserve commune au centre de la table.

Une fois cela fait, chaque joueur se munit de 5 cartes et la partie commence. Chacun son tour, chaque participant va exécuter les 4 phases de manière consécutive. La première d’entre elles est la phase d’attaque. Le joueur actif doit attaquer avec toutes ses créatures en jeu (donc le joueur qui commence n’attaque pas puisqu’il n’a rien en jeu). Il peut attaquer différents joueurs ou une cible unique. Les joueurs défenseurs peuvent choisir de bloquer les créatures adverses avec les leurs, au risque de les perdre. Les attaquants non bloqués infligent leur force en blessures au(x) joueur(s) victimes, tout simplement. Chaque blessure provoque la pioche d’une carte blessure par la victime, carte qui intègre la défausse du joueur, ce qui vient pourrir progressivement la pioche de ses cartes.

La phase d’attaque s’achève par la défausse de toutes les créatures attaquantes. Sachant qu’il y a obligation d’attaquer, il y a nécessité, comme vous vous en doutez, de renouveler fréquemment le stock de bestioles pour pouvoir se défendre mais aussi mettre la pression aux autres joueurs.

C’est durant la phase d’enchaînement que l’on va pouvoir mettre de nouvelles cartes en jeu. Une image valant souvent mieux qu’un long discours, voici un schéma expliquant le principe.

Chaque carte de Nightfall, hormis les blessures, comporte des pleines lunes colorées, la grande étant la couleur de la carte, les petites étant celles permettant de lier la carte à d’autres durant cette fameuse phase d’enchaînement. Chaque joueur peut intervenir durant cette phase, sachant que le premier à poser ses cartes sera la personne active du tour, puis ce sera chacun son tour en commençant par le joueur de gauche. L’on applique le principe du premier rentré, dernier sorti dans la résolution des cartes, vieille règle que les habitués de Magic: The Gathering connaîtront.
En gros, c’est la dernière carte posée qui est résolue en premier et ainsi de suite. Les créatures résolues sont posées en jeu et les cartes actions défaussées, une fois résolues. Cerise sur le gâteau, le Kicker qui dans une chaîne permet d’appliquer un effet kisscool supplémentaire si la lune précédente correspond à celle présente sur la carte kickée.

Une fois cette phase achevée, le joueur débute une phase importante dans la construction du paquet où il va pouvoir acheter des cartes issues de sa réserve personnelle ou de la réserve commune. Cette phase d’achat dote le joueur de 2 points d’influence, les cartes achetables ayant un coût allant de 2 à 5 points d’influence. Défausser une carte de sa main permet de gagner un point d’influence par carte jetée et d’autres cartes peuvent durant la phase d’enchaînement accroître cette réserve qui commence toujours à 2 points à chaque tour. Une fois les cartes achetées, le joueur les pose dans sa défausse. A ce titre, il peut être stratégiquement intéressant de défausser toute sa main dans les premiers tours pour commencer à construire son paquet à l’aide des cartes qui ont été draftées.

La dernière phase, sobrement intitulée, phase de fin permet au joueur actif de piocher jusqu’à avoir 5 cartes en main (sachant qu’il n’y a pas de limite au nombre de cartes en main) mais également de défausser une fois toutes les blessures en main (vous savez ces cartes qui pourrissent le jeu ^_^) suite à cette pioche pour immédiatement piocher 2 cartes par blessures défaussées. Si à un moment la pioche est épuisée (et ça va arriver fréquemment), la défausse est rebattue pour former un nouveau paquet.
De fait, les cartes tournent vite.

La partie s’achève lorsque la dernière carte du paquet blessures est piochée (la taille dépend du nombre de joueurs qui est un multiple de 10). Il faut compter environ 45 minutes pour une partie, ce qui classe le jeu dans la catégorie des jeux intermédiaires, entre le jeu de plateau et l’apérogame.

Nightfall est un jeu remarquablement brutal, sans concession, pénalisant fortement les joueurs trop attentistes et favorisant la négociation, la traitrise mais également une bonne lecture de la table, les réserves étant face visible et permettant d’anticiper les possibles enchaînements des autres joueurs. De la mémoire sera nécessaire pour s’assurer de toujours attaquer le ou les bons joueurs dans le but d’accumuler les blessures sur les joueurs les plus forts du moment.

Graphiquement, le jeu est magnifique, les cartes sont lisibles, sans être fouillies, apportant une prise en main rapide et efficace.
Pour les hardcore gamers, le jeu prévoit également des extensions jouables seules ou avec le jeu de base pour approfondir les effets et le gameplay déjà complexe.

Qu’attendez-vous pour vous lancer dans la lutte?

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