Le sexe est-il un besoin vital au même titre que manger, boire, dormir?

Cette réflexion me vient après la lecture du billet de Sandrine Goldschmidt, fustigeant avec une véhémente justesse et des arguments frappants contre ce que certains considèrent comme un besoin au point de défendre le postulat que les prostitué(e)s seraient des soignant(e)s à l’égard de besoins vitaux masculins.

Et là-dessus, je dois dire que je suis remarquablement surpris de cette approche. Un besoin se veut vital.
A-t-il déjà été prouvé que le sexe avait quelque chose de nécessaire?
Soyons clairs: l’abstinence peut être masculine sans que cela mette en danger la vie de la personne. Qui plus est la magie de la masturbation permet d’évacuer ce trop plein, même si l’homme n’est pas éduqué dans ce sens et aura tendance à penser que le meilleur moyen de se « soulager », c’est de « jouir » dans une femme qu’il considérera plus comme un « sac à foutre » plus qu’autre chose.

En creusant ce postulat, l’on se rend compte que ces soignantes du sexe ne seraient rien d’autres que des produits de consommation sexuelle pour des hommes ne trouvant pas leur compte dans leur couple pour des raisons qui m’échappent encore, sûrement parce que je considère qu’une sexualité saine se veut partagée et dans la communication avec l’autre, dans l’échange d’expérience entre invididus majeurs, vaccinés et responsables de leurs actes.

Prendre soin des putes comme le souligne le billet ayant initié ce débat revient à infantiliser l’homme dans son approche de la sexualité, considérer qu’il s’agit d’un enfant agité de pulsions, d’envies à satisfaire au plus vite bien loin de l’idée d’une sexualité libérée où chacun est maître de son corps, de ses inclinaisons et de ses désirs.

La femme, qu’elle soit amante, petite amie, mère, salope, prostituée, n’est pas un vide-couille au service des « besoins » égoïstes de l’homme. Une relation sexuelle, de part l’intimité, va bien au delà que la simple éjaculation. Le désir doit être cultivé pour permettre à cette rencontre d’individus de dépasser le simple statut de consommation sexuelle.

Mais ce désir qui, justement, est loin d’être un besoin puisqu’il est composante essentielle de la sexualité, une forme de sensualité qui s’apprend, se cultive bien loin de l’aspect mécanique du besoin défendue par certains.

Lucie Sabau reprenait dans son billet l’étude fascinante commandée par  HotVidéo qui a passionné les français durant les élections.
Elle souligne fort justement que les pratiques purement mécaniques décrites sont orientées vers le plaisir de l’homme bien loin des considérations sexuelles que pourraient avoir les femmes. Diktat du porno, s’il en est, conditionnement patriarcal évident, le désir féminin, ses fantasmes, ses inclinaisons qui donnent naissance au plaisir véritable ne sont pas pris en compte par l’étude et vraisemblablement par la société.

Certain(e)s étaient choqué(e)s par la campagne « Osez le Clito » lancé par OLF au point de la railler ouvertement. Cette opération date de 2011 et reste d’actualité au vue de l’étude conduite par HotVidéo en 2012. Les désirs féminins sont encore loin d’être au centre du débat alors que le véritable besoin sexuel s’il en est est d’avoir une sexualité épanouie en accord avec son ou ses partenaires, basée sur le respect de l’autre et non sur son utilisation et sa consommation.

Les billets de Lucie Sabau et de Sandrine Goldschmidt soulèvent une fois de plus la réflexion globale que nous devons toutes et tous engager autour de la place du désir et du plaisir féminin dans la société, ce que nous souhaitons transmettre à nos enfants dans leur manière d’être afin de se dégager des clichés sexistes et souvent très violents véhiculés par le porno mainstream mais aussi par des pseudo régulateurs qui considèrent que la prostitution reste un sujet qui ne peut être éradiqué et qui doit au contraire être protégé car pensé comme étant une soupape à la frustration des besoins sexuels de certains mâles.

Repenser la sexualité en terme de désir et non en terme de besoin remettrait sans nul doute les pendules à l’heure de nombre de personnes.
Le sexe ne doit être ni un besoin ni un devoir pour qui que ce soit mais un domaine de partage et d’écoute où la femme a autant son mot à dire que l’homme…

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