Réalisé par : J. C. Chandor

Avec : Kevin Spacey, Jeremy Irons, Demi Moore, Paul Bettany, Zachary Quinto, Stanley Tucci, Simon Baker

L’histoire :

Wall street, on a un problème !
Une nuit avec une équipe de financiers sans scrupules qui tente de sauver les meubles par tous les moyens, quitte à provoquer une crise boursière internationale.

La critique :

Un thriller du monde boursier

Dès les premières minutes du film, le spectateur est plongé dans l’ambiance sérieuse et inquiétante d’un étage occupé par des traders dans une tour à Wall Sreet. Une unité de lieu, totalement maitrisée par la caméra, mais aussi une unité de temps, puisque l’action va se dérouler en une seule nuit. On assiste à travers les yeux neufs de deux jeunes traders motivés à un licenciement brutal et injuste à l’américaine (prenez vos affaires vous êtes viré !) de plusieurs employés. La tension déjà présente dans les locaux monte petit à petit suite à la découverte d’une incohérence pouvant menacer la société toute entière. Une enquête est menée et un suspens haletant – obligatoire pour tout film avec un compte à rebours – nous embarque tel dans un thriller.
Sauf qu’il n’y a ni flics ni criminels, (quoique… ?).

Pas de héros mais un casting de pointe

Vous l’aurez compris les personnages – des financiers complètement arrivistes – ne sont pas très sympathiques, mais on est captivé par ces acteurs de première classe car le ton est juste, simple et sans hypocrisie. C’est le grand retour de Kevin Spacey (American Beauty, La vie de David Gale), dans la maturité, et on retrouve le charismatique Zachary Quinto (le « Sylar » de Heroes) l’acteur qui monte, qui monte…
Si Jeremy Irons est parfait en homme d’affaires icône du capitalisme (« Pour survivre à Wall Street, il faut être le premier, le meilleur ou tricher »), Demi Moore, même si elle incarne bien la « bitch », la belle femme ambitieuse, pourrait probablement mieux faire.
Paul Bettany est celui qui réussit d’après moi le mieux à exprimer la complexité de l’employé pris entre son désir de satisfaire à la hiérarchie et un soupçon caché d’éthique (mais juste un soupçon hein).

Wall Street, ton univers impitoyable

Bien plus intéressant et pédagogique que Wall Street 2, Margin Call explique de manière claire les dérives du monde bancaire actuel (on a d’ailleurs une excellente scène dans laquelle Jeremy Irons demande à Zachary Quinto de lui expliquer la crise rencontrée « comme à un enfant »…).
Le spectateur impuissant assiste aux conséquences des failles d’un système qui nous concerne tous, et les dialogues entre les différents personnages font réfléchir sur les conséquences du monde capitaliste. Si les personnages, resignés, ont choisi leur voie et leur avenir, le libre-arbitre existe-t-il ?

Margin Call est donc un excellent premier film que je conseille pour qui veut voir la crise « de l’intérieur »…

Découvrez également l’excellente critique de The Avengers!

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