Connaissez-vous le plafond de verre?

Si ce n’est pas le cas, je vous conseille de rattraper votre retard sur le blog d’Olympe avant de poursuivre la lecture de ce billet et de parcourir également ce billet d’AntiSexisme sur son blog!
Je ne voudrais pas vous choquer en vous présentant une réalité qui est pourtant assez répandue dans le monde du travail et qui ne concerne pas seulement les femmes mais également toute personne ne souhaitant pas participer à la société patriarcale dans ce qu’elle a de pire (et à mes yeux, elle n’a au final aucun côté positif avéré).

Partons du postulat de base: les femmes dans l’entreprise se heurtent souvent assez vite à ce fameux plafond, cette barrière invisible qui décrètent qu’elles sont inaptes à prendre des décisions importantes ou à mener une entreprise. On ne peut leur faire confiance car leur penchant naturel est d’enfanter et cela coûte à l’entreprise qui doit les remplacer le temps de leurs congés maternités et se tenir toujours prêts à cette éventualité. Après tout, c’est bien connu, les femmes sont des poules pondeuses qui cherchent avant tout le CDI pour bénéficier des aides une fois embauchées afin de se faire engrosser. L’évidence même. Par ailleurs, n’oublions pas qu’une femme n’est qu’un ensemble d’hormones, cocktail chimique effrayant capable d’exploser à tout moment bien loin du sang-froid masculin bien connu…

De fait, pourquoi confier à une femme un poste à responsabilités si celle-ci est capable de faire faux bond à tout moment?

Donc autant lui confier un métier avant tout féminin.

Il est notoire que la femme excelle dans l’accueil (une femme présente toujours mieux qu’un homme dans une société machiste), la relation clientèle (la douceur d’une voix féminine apaisera toujours plus l’excité du téléphone qui pourra se répandre en propos oiseux voire tenter de draguer la chargée de clientèle), le recrutement (attention poste à responsabilité détecté, quoique les chargés de recrutement n’ont au final qu’une marge de manoeuvre très courte), la communication (c’est bien connu les femmes aiment papoter et présentent toujours aussi bien…) voire le commercial (une femme aux dents longues parviendra à faire son trou grâce d’ailleurs à son propre trou simplement parce que le client sera plus enclin à écouter ses charmes…).

Si l’on y regarde de plus prêt, le monde du travail demande globalement à la femme d’être une « pute » à tous les niveaux pour satisfaire les envies des mâles dominants aux postes décisionnels. Une femme ne pourra être crédible dans un domaine décisionnel tout simplement parce que ce n’est pas ce que la société dans son entier attend d’elle. La femme vend ses charmes, son apparence, le fantasme qu’elle véhicule à travers sa manière d’être au sein de l’entreprise mais jamais sa capacité de travail professionnel (la vraie hein, pas le paraître) ni son intellect qui serait bien plus précieux que les rôles superficiels qu’on lui impose volontiers pour ne pas déstructurer la chaîne de management masculine bien huilée.

Parfois, pour faire rêver, la femme devient manager, voire directrice adjointe ou directrice de service pour donner espoir aux autres femmes que l’évolution est possible. Au final, il ne s’agit que d’une vitrine au service des véritables dirigeants (des hommes, de vrais alphas de la meute) qui demandent simplement à ces femmes « décisionnaires » d’agir comme devrait le faire de vrais hommes aux mêmes postes.

Ni plus, ni moins.

Étrangement, ce phénomène fascinant et révoltant à la fois touchent aussi bien les femmes que certains hommes qui ont rejeté ce système visant avant tout à valoriser la testostérone et le désir de domination. Des hommes (rares) occupent ces postes dans les domaines susmentionnés soit par manque d’ambition (ce qu’on leur répétera à longueur de temps), soit par désir de sécurité (fatalement les postes à basse responsabilité sont des postes sécurisants…). L’art et la manière de dévaloriser des postes bien souvent exclusivement féminins en dé-crédibilisant les hommes qui ont choisi (et pas par défaut) d’occuper ces fonctions en tout état de cause parce que cela se révèle être une passion. Et bien entendu, ces postes sont assortis du fameux plafond de verre car une fois un pied dedans, un poste qualifié de féminin hérite des inconvénients liés au genre présupposé.

Il faut condamner l’homme qui a voulu être une femme en choisissant une voie professionnelle genrée à laquelle il est fatalement inapte à occuper les fonctions aussi efficacement qu’une femme qui se doit d’être soumise et heureuse de cet état de fait.

Car les postes ont un genre qui n’est que le reflet du sexisme de notre société jusque dans un domaine professionnelle qui devrait également être exempt de tous ces diktats, car hommes et femmes sont capables d’agir pour le bien d’une entreprise à tous les niveaux d’implication et de contribution.

Or, malgré la parité promise à tous les niveaux, y compris dans le gouvernement Ayrault qui ne tiendra vraisemblablement que jusqu’aux législatives, cela ne reste qu’un doux rêve vendu pour apaiser les esprits et laisser toujours les mêmes personnes aux commandes, bien loin de la « menace » féministe à laquelle on prête la capacité de faire un mal formidable à l’économie en introduisant des valeurs différentes de celles que la société patriarcale diffusent depuis de trop nombreuses années.

Que serait le monde du travail sans l’agressivité propre à la compétition masculine, sans la pression propre à un système capitaliste libéral machiste, sans des décisions arbitraires uniquement guidés par les hormones de ces messieurs ? (tiens ça tombe bien les lois contre le harcèlement sexuel/moral sont tombées ou en passe de tomber…)

Permettre aux femmes de participer à l’entreprise, c’est remettre une partie non négligeable de la population salariée dans le processus décisionnel socio-économique avec la chance d’avoir un ensemble de nouvelles idées pour une entreprise avec un véritable visage humain et non un reflet vulgaire, violent et partial d’un machisme omniprésent et ancré dans les inconscients au point d’être considéré comme normalité…

Je ne parlerais pas d’égalité salariale, je risquerais de devenir désagréable. Autant résumer en quelques mots une réalité évidente: la meilleure alternative pour espérer gagner plus qu’un homme pour une femme est le porno et l’agence mortierbrigade avec la participation d’une ex star du X, Sascha Grey, a tourné ce spot réalisé par Lionel Goldstein pour sensibiliser sur cette inégalité salariale assez aberrante qui prouve une fois de plus l’omniprésence de la norme patriarcale jusque dans les salaires…

A nous de réinventer un monde professionnel où les femmes auront leur place autant que les hommes dans l’aspect décisionnel et salarial…