Ce second album de Bloodhound Gang est sorti en 1996 et reflète la verve satirique du groupe américain à travers des textes riches en allusions explicites relayées par des clips où se mêlent à la fois mauvais goût mais également un humour grinçant et potache.

La chanson d’introduction, Kiss Me Where It Smells Funny, annonce directement la couleur par ces quelques lyrics empreintes d’une fraîcheur tout simplement délicate et subtile:

You came twice last year like a Sears catalog,
Cause your last boyfriend makes love like Boss Hogg,
Well now you’re seeing me but soon I’ll have you seeing God,
Cause girl I’ll get you panting like you’re Pavlov’s dog,
Like a DC-10: guaranteed to go down,
But baby your black box is the one that I found,
I’ll give you the gift that keeps on givin’ it won’t cost you any money,
Then she grabbed me by the ears and said kiss me where it smells funny.

Le premier couplet s’achève par des gémissements pour le moins explicites, la composition traitant de la découverte du cunnilingus par un couple.

Le clip fait référence à cela via des images décalées du chanteur volant un poisson sur l’étal d’une boutique pour le relâcher dans la mer. Musicalement, c’est un mélange habile de rock, de rap et de punk, le groupe alternant entre ses différents styles offrant ainsi à leurs compositions un aspect hétérogène très très agréable.

La seconde composition a été un très gros hit du groupe à sa sortie.
Fire Water Burn commence par le célèbre refrain emprunté à la chanson « The Roof Is on Fire » de Rock Master Scott & the Dynamic Three:

The roof, the roof, the roof is on fire,
The roof, the roof, the roof is on fire,
The roof, the roof, the roof is on fire,
We don’t need no water let the motherfucker burn,
Burn motherfucker burn.

Jimmy Pop, par sa voix trainante et monotone, distille une ambiance décalée au sein de cette maison de retraite où il se met en scène via des attitudes à la fois offensantes et satiriques. Le jeu de scène est excellent, provoquant à souhait et plein d’humour couplé aux  lyrics tout simplement décapantes.

Le « Burn motherfucker burn » a quelque chose de réellement jouissif dans la manière dont il est chanté.
Et une fois de plus, l’on constate le changement complet de style entre la première composition présentée et celle-ci.

La chanson suivante aborde un sujet sensible en tournant en dérision certaines idées reçues à propos de la communauté gay.
Le personnage incarné par le chanteur est un hétéro persuadé que les filles préfèrent les gays car ils seraient plus sensibles et la composition s’intitule  I Wish I Was Queer So I Could Get Chicks à juste raison, illustrant à merveille la bêtise de cette assertion.

If your ass is a Chinese restaurant I’ll have the poo-poo platter
My friend Jerry Vandergrift kissed me in Home Ec. class
Later in the afternoon some jarheads in the locker room kicked my ass
I said guys I’m like you I like Monster Trucks too
Wanna see how many push-ups I can do?
I just wish I was queer so I could get chicks

C’est trash, les lyrics n’épargnent pas les stéréotypes véhiculés par la communauté hétéro à propos de la communauté gay et dénoncent avec un humour décalé la bêtise de certains hétéros. (ce n’est qu’un extrait du texte complet ^_^)

Why’s Everybody Always Pickin’ On Me? est la composition par laquelle je vais clore ce billet.
Pour résumer, Jimmy Pop incarne cette fois-ci un jeune homme chez le psy qui tente de soigner sa phobie du ridicule en se remémorant tous les évènements traumatisants vécus lors de ses années au lycée.

The morn’ that I was born my old man beat up the doctor
He clocked the doctor cause the doctor said I looked like Chewbacca
The doctor said sir you’re misled sir which infers you mistook me
I did not mean your lovely wife was shackin’ up with a wookie
What I mean is Wolverine is less hairy than your son
He’s looks like Chewie Baba Booey Baba Booey and Hong Kong Phooey all in one
To put it mild your new-born child’s completely nutty fu-fu lookin’
I’d shove him back into the oven until he is done cookin’
But why’s everbody always pickin’ on me?

Les lyrics, très denses, méritent d’être parcourues avec attention, celles-ci recelant à nouveau de cette touche d’humour décalé propre au groupe. Les images associées participent à l’immersion du spectateur/auditeur dans la folie du personnage et la conclusion de la chanson comme du clip est d’une évidence attendue.

Bien entendu, ces quatre pistes ne sont qu’un aperçu de l’album et de ses douze compositions au style qui se renouvelle tout au long de cette excellente création musicale.

Accrochez-vous à cet humour à part?

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