Album démo d’Evanescence sorti en 2000 bien avant le succès de leur premier opus officiel Fallen, ce recueil de compositions est un véritable petit bijou, présageant les belles réalisations sorties en 2003.
Ainsi, l’auditeur attentif retrouvera des versions démo des chansons stars que sont Whisper, Imaginary ou My Immortal.

Néanmoins, ce ne sont pas sur ces compositions que je souhaite m’attarder mais sur d’autres issues d’Origin qui sont à mon sens plus intimistes mais également plus audacieuses et aptes à emmener dans des mondes oniriques aussi fascinants qu’effrayants.
D’ores et déjà, précisons un point qui me semble important: Evanescence est classifié par certains dans le domaine Nu Metal alors que leur style est bien loin d’un Otep. A mes yeux, le groupe se rapproche plus d’un Nightwish ou d’un Epica en beaucoup plus doux, avec des mélodies bien moins complexes mais de fait plus accessibles pour l’oreille non initiée.

La première piste à avoir attiré mon oreille est une chanson d’amour avec quelque chose de très sensuel, principalement grâce à une batterie omniprésente, percutante et doucereuse à la fois, menée par la voix d’Amy Lee, profonde, grave et délicate à la fois.

Anywhere nous conte l’histoire d’un amour, d’un être humain proposant à un autre une échappée vers la liberté, quelque part à deux, dans les bras l’un de l’autre bien loin des tracas du monde en totale confiance dans un abandon délibéré.
La composition se conclut par une voix masculine venant se mêler à la voix de la chanteuse en guise d’assentiment à cette proposition.

We’re leaving here tonight
There’s no need to tell anyone
They’d only hold us down
So by the mornings light
We’ll be half way to anywhere
Where no one needs a reason

Une très jolie chanson d’amour en toute sensibilité.

La suivante, Lies, est bien moins enchanteresse et traite du mensonge et bien pire encore.

Bound at every limb by my shackles of fear
Sealed with lies through so many tears
Lost from within, pursuing the end
I fight for the chance to be lied to again

La composition débute par une ambiance déroutante usant d’effets d’écho et de voix filtrées, laissant libre court à des voix féminines et masculines conversant l’une avec l’autre, du moins donnant l’impression puisqu’au final il ne s’agit que d’un être humain emprisonné dans le mensonge, un enfant qui n’a jamais été désiré par ses parents, soumis à un adulte vraisemblablement empli de mauvaises intentions à son égard, une domination malsaine semblant s’être instaurée entre les deux protagonistes.
Colère, rage, désespoir, désir de se libérer mais incapacité à y parvenir flottent dans cette chanson atmosphérique au rythme lancinant et envoûtant.

La réalisation est en elle-même assez surprenante pour ce que produit habituellement Evanescence et tant dans les lyrics que dans la musique, cette chanson « tâche » dans l’album et a du coup beaucoup de cachet de part son aspect profondément décalé.

La dernière piste que je souhaite vous faire découvrir clos l’album démo et se révèle être une excellent surprise au même titre que Lies. Les influences diverses mêlent dans cette composition entièrement instrumentale de l’électro, du rock, un poil de symphonique pour une ambiance mystérieuse en rapport avec le titre, Eternal, laissant entendre une plongée dans un univers immuable et pourtant fascinant, empli de secrets à découvrir, d’une nature à s’émerveiller et de rêves à concrétiser. L’orage couvant tout au long de la chanson trouve son exutoire en fin de piste, achevant cette exploration sensorielle puissante et bouleversante.

Et ce ne sont que 3 des 11 pistes présentes sur cet excellent demo album trouvable facilement sur Internet (hélas tiré à seulement 2500 exemplaires physiques), le reste de l’album regorgeant de perles rappelant qu’Evanescence ne se réduit pas à ce que l’on entend à longueur de temps depuis qu’ils sont réellement médiatisés et que j’aime moins, je l’avoue.

Connaissiez-vous cet album?

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