Dans l’espace, personne ne vous entend(ra) crier

En 1979, Ridley Scott initiait sûrement une des franchises hollywoodiennes les plus terrifiantes jamais conçues jusqu’alors par sa collaboration avec l’artiste peintre Hans Ruedi Giger. Le terrible xénomorphe plus connu sous le nom d’Alien allait fasciner le spectateur à travers différents films de plus ou moins bonne qualité au point que Ridley Scott décida d’en faire une pré-quelle à travers Prometheus.

Qu’on se le dise néanmoins, même si l’histoire se déroule dans le même univers (Prometheus en 2089 et Alien en 2122), il ne faut pas s’attendre à retrouver des aliens, enfin presque…

D’ores et déjà, le trailer, annonciateur d’un beau bouleversement:

A noter que Ridley Scott n’hésite pas à reprendre certains éléments esthétiques propres à la saga Alien pour semer encore plus le trouble chez le spectateur. Le synopsis nous plonge dans la mission d’exploration Prometheus (le nom du vaisseau) menée par la froide et rigide Vickers (interprétée par Charlize Theron). L’héroïne principale, Elizabeth Shaw, est jouée par Noomi Rapace et quoiqu’on en pense, malgré ses différences avec Ellen Ripley, l’on retrouve l’indépendance propre aux personnages féminins décrits par Ridley Scott dans l’univers SF d’Alien, ce qui n’est pas pour déplaire.

Shaw, Holloway et David en cours d’exploration

La mission a pour but de découvrir l’origine de l’Humanité qui aurait été créée par des extraterrestres nommés les « Ingénieurs » et dont Shaw et son compagnon Holloway auraient trouvé des traces de passage sur Terre. Suivant les cartes stellaires découvertes, l’équipage composé essentiellement de scientifiques et d’un androïde atterrit sur LV-223 suite à un long voyage de deux ans en stase.

Sans vous dévoiler l’intrigue qui est proprement excellente, cette réalisation nous ramène aux fondamentaux de la série Alien. Huis-clos angoissant, perdu dans l’espace, confronté à des inconnus effrayantes, le spectateur se laisse dépasser par la terreur produite par les découvertes de Shaw et de ses acolytes.

Les relations entre les personnages posent pour certaines beaucoup de question et l’excellent Michael Fassbender vu entre autre dans Shame incarne à merveille l’androïde David. Ce dernier est un personnage clé du film, apportant un lot de réflexion important sur la relation unissant les créatures et leur concepteur, que ce soit l’Humanité et les Ingénieurs ou les androïdes et l’Humanité.

David à la découverte du vaisseau des Ingénieurs

Esthétiquement le film est magnifique, reprenant les codes du premier Alien, en intégrant de nombreux clins d’œil au premier épisode, permettant au spectateur attentif d’établir des liens entre cette pré-quelle supposée et le premier épisode. En cela, la réalisation est très bonne et récompensera le fan à la recherche de réponses qui se mueront pourtant en nouvelles questions, Ridley Scott entretenant le mythe et ne se risquant pas intentionnellement à dévoiler tout le mystère entourant les différentes découvertes des scientifiques.

Seul bémol: la 3D est décevante, n’apportant que peu au film.

Prometheus a su se faire attendre mais se révèle largement à la hauteur et mérite d’être vu au plus vite.

Big things have small beginnings

Qu’en avez-vous pensé?

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