Selon Wikipedia, le libertinage est au départ un état d’esprit libertaire mais également un qualificatif pour le libertin ou la libertine de corps qui s’adonne à une sexualité qui sort du cadre conventionnel de la morale.
En résumé, nous parlons de libération sexuelle bien loin des concepts en plein bouleversements que sont le couple et la fidélité.

C’est séduisant, particulièrement si cela permet aux femmes de s’émanciper d’une norme étouffante qui voudrait qu’elles soient des princesses qui doivent se surveiller constamment sous peine d’être considérées comme des salopes bonnes à être violées puisqu’il est bien connu que l’homme dans sa forme la plus virile et la plus vraie qui soit pour bon nombre de personnes n’est jamais responsable d’un viol mais juste la victime d’une femme aguicheuse…

De colère et de révolte, je diverge du sujet, je l’avoue et je vous prie de m’en excuser, mais c’est un constat social que l’on entend trop souvent dans les bouches masculines comme féminines, une aberration de laisser une fois de plus des mythes sur le viol se répandre là où l’on pourrait les combattre en les ignorant et en les déconstruisant.

Donc, je me recentre sur le le libertinage qui aurait pu être la libération sexuelle de la femme mais qui se révèle, au final, une nouvelle prison marketing et communicationnelle. Parce que le libertinage se démocratise à travers ses différentes pratiques dont la plus célèbre qui est l’échangisme.

Le terme en lui-même fait froid dans le dos parce qu’il consiste à échanger purement et simplement son partenaire avec celui de l’autre dans un principe relativement monétaire. Tu me prêtes ton/ta partenaire et je te prête le/la mienne. La possessivité, la jalousie poussée à son extrême dans une pratique qui se veut soit disant libératrice.
Ne nous trompons pas: la plupart du temps, il ne s’agit que d’un prétexte pour l’homme en couple conventionnel de tirer sa crampe avec une autre femme qu’il échange contre la sienne avec un autre « libertin » dans le même état d’esprit. Le respect de la femme, de ses désirs, de sa sexualité aux oubliettes pour simplement satisfaire une envie sexuelle de monsieur aux dépends de madame.

Autre pratique en vogue, fantasme entre tous, le fameux triolisme rassemblant bien entendu un couple et une femme trouvée sur quelques sites de rencontres dédiées ou dans un club thématique. Fantasme masculin ultime, bisexualité soumise de composition pour madame afin une fois de plus de faire plaisir à monsieur qui hésite entre le voyeurisme et le plaisir malsain de pouvoir en avoir une autre en présence de celle qu’il considère sa régulière. Exit la culpabilité d’une infidélité puisque tout est vu au même titre que l’échangisme pour au final faire fi de ce que voudrait éventuellement madame.

D’ailleurs, n’avez-vous pas remarqué le malaise des hommes lorsqu’on leur parle de triolisme où madame serait au centre des attentions de deux hommes? L’exclusivité est à sens unique et il ne faudrait pas qu’un autre mâle vient tenter de posséder ce territoire si durement acquis et conditionné…
Serait-ce, de fait, la raison pour laquelle le porno mainstream représente ce type de triolisme comme une pratique très hard où la femme est particulièrement humiliée et instrumentalisée par deux hommes qui sont tout sauf là pour s’occuper en toute sensualité de leur partenaire?

Nouveau déni de ce que pourrait être le libertinage en terme d’émancipation sexuelle de la femme dans un environnement toujours aussi masculin. La formule consacrée, « l’homme propose, la femme dispose » semble bien mal appliquée dans ce libertinage marketé que tout couple qui se doit devrait avoir testé avec ses quarante ans pour doper l’activité sexuelle indispensable à la survie de leurs rapports intimes. C’est certain, si vous n’y êtes pas venus, c’est que vous avez raté votre vie sexuelle et que vous auriez aussi bien fait de rester vierge et de rentrer dans les ordres…

Car, c’est ainsi que les médias nous communiquent le libertinage comme une forme d’épanouissement du couple là où, au final, il ne s’agit que de reproduire des situations véhiculées par le porno dans la réalité parce que c’est ainsi que notre élite compose et se dévoile via les frasques toujours plus immondes de certain ex-directeur du FMI.

Au même titre que la cougar, le libertinage est un échec là où il aurait pu augurer une libération des mœurs et l’acceptation que les femmes peuvent choisir leur voie sensuelle et sexuelle sans avoir à rendre de compte à une société au regard outrecuidant et scrutateur. Une vraie libertine vit cachée des yeux de toutes et tous car sa morale, son esprit ouvert et respectueux des uns et des autres ne peut qu’être une insulte au vrai « libertin » qui lui sait où la place de la femme dans cet univers mysogine et sexiste au sein duquel la norme vestimentaire impose à la femme d’être habillée de manière à séduire le mâle qu’elle a le droit de repousser autant qu’elle le souhaite… ou pas… puisque l’homme libertin moyen, qu’il soit seul, ou en couple, ne vient pas pour nouer une amitié libertine gouvernée par le respect et la sensualité mais pour consommer des corps à outrance sans se préoccuper de ce qu’il y a autour de cette chair dans laquelle il s’abandonne vulgairement après des râles d’une jouissance visqueuse et insipide.

Au fond libertiner pour une femme comme pour un homme, c’est être selon la norme présentée devenir un zombie non pas consommateur de cerveau mais de sexe brut et dur…

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