A défaut d’avoir déjà vu The Dark Knight Rises, j’ai enfin pris le temps de regarder le second volet de la saga de Christopher Nolan consacrée au chevalier noir, protecteur de Gotham City. D’ores et déjà,  je reste persuadé que le réalisateur est parvenu à capter le côté sombre de la chauve-souris et a donné à travers Christian Bale un Bruce Wayne des plus crédibles, différent de Michael Keaton entre les mains de Tim Burton mais tout aussi fascinant dans sa folie.

Puisque le Batman de Nolan est fou, son désordre mental s’exprimant par sa soif irrépressible de justice, son obsession parfaitement retranscrite et qui va l’opposer à son pire ennemi: le Joker. Le film était à peine sorti au cinéma que les médias ne cessait de chanter les louanges de feu-Heath Ledger qui venait malheureusement pour lui de passer l’arme à gauche.

Étrangement (ça va peut être paraître cynique hein) mais je me suis toujours méfié de ces hommages posthumes qui, parfois, camouflent de véritables tartuferies. Je n’irais pas salir la mémoire d’Aalyiah mais soyons sérieux, sa prestation était remarquablement médiocre dans la Reine des Damnés et ce n’est pas l’accident qui lui est arrivée qui allait rehausser son talent d’actrice.

Cela étant, lorsque j’ai enfin regardé ce film presque 4 ans après sa sortie, j’ai eu un regard particulièrement acéré sur le personnage du Joker, sachant que j’avais apprécié interprétation de Jack Nicholson dans la version de Tim Burton. Soyons honnête: Heath Ledger est impressionnant car il assure parfaitement son art en tant qu’acteur au même titre qu’un Michael Fassbender dans Shame ou Prometheus. Il se fond tout simplement dans le rôle, le personnifie, devient le Joker, assume parfaitement sa folie et la retranscrit au spectateur avec talent, donnant à la réalisation de Christopher Nolan ce cachet inimitable.

Véritable jumeau maléfique de Batman, il est le chaos bouillonnant et délirant là où le chevalier noir incarne l’ordre rigide et fou. Qui plus est, le personnage du Joker nous renvoie face à notre Humanité, dos à nos travers égoïstes qui pourraient nous pousser à sacrifier des vies pour notre survie, rappelle à quel point il est facile de basculer dans ce que nous considérons comme le mal sous prétexte que nous serions meilleurs que d’autres. De nombreuses scènes du film interrogent sur cette problématique et permettent de passer outre les scènes d’action que j’ai trouvé remarquablement longues.

Cela nous change du jeu d’acteur déplorable de Kristen Stewart dans Blanche Neige

A saluer également la prestation d’Aaron Eckhart dans le rôle de Harvey Dent, procureur ambitieux, rigoureux et surtout désireux d’apporter la justice au sein de Gotham City. L’acteur porte ce rôle avec efficacité, incarne à merveille ce désir violent d’un mieux qui va le mener sur la pente de la déchéance par amour. Devenu Double-Face, il embrasse une courte carrière criminelle basée sur la vengeance, reniant ses convictions et prouvant que la folie instillée par le Joker peut menacer toute personne choisissant de nier sa vertu d’humanité au profit d’une justice violente, aveugle et expéditive.

Seul bémol dans ce basculement particulièrement intéressant: la folie de Dent est causée par la mort de sa petite amie, par la perte de son amour, par la faute d’une femme, ce qui, à mon sens, tout en changeant du comics d’origine, fait preuve d’une certaine étroitesse d’esprit, ramenant encore une fois la vengeance dans le domaine amoureux, thématique relativement éculée et objectivant encore la femme tout en cadenassant l’homme dans son rôle de vengeur/sauveur de la veuve/morte/agressée (rayez les mentions inutiles).

Un véritable point noir dans le film quand l’on sait que ce qui plonge réellement Dent dans la folie est une schizophrénie latente déclenchée par une agression à l’acide qui le laisse atrocement défiguré. Peut-être que Christopher Nolan n’a pas souhaité creuser le personnage plus que cela, ce qui ne justifie pourtant pas d’avoir pris un raccourci aussi grossier et sexiste, là où ce personnage est d’une grande richesse, ne serait-ce que dans la relation particulièrement ambiguë qu’il entretient avec Batman.

Passons.

Outre ces quelques points, The Dark Knight m’a bien plus intéressé que Batman Begins qui souffrait de longueurs assez décourageantes par moment. La trilogie allant en amélioration, j’imagine que je ne serais pas déçu lorsque je me déciderais à aller voir la conclusion de la saga ^_^

Le trailer de The Dark Knight pour celles et ceux qui en ont fait l’impasse:

Qu’en avez vous pensé?

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