Venant juste de voir The Dark Knight et étant curieux de découvrir ce que Christopher Nolan allait nous concocter pour la clôture de la trilogie initiée par Batman Begins, je n’ai pas résisté à The Dark Knight Rises la semaine dernière. Le film reprend l’intrigue huit ans après les événements du précédent opus. Batman avait alors choisi de disparaître en endossant les crimes de Harvey Dent afin de préserver ce que ce dernier avait mis en place contre la criminalité.

Malheureusement, ce status quo risque d’être bouleversé alors qu’un nouveau criminel, Bane, arrive sur Gotham et décide d’en prendre le contrôle à l’aide d’une campagne de terreur qui va progressivement isoler la ville du reste du monde. Bruce Wayne, vieillissant, affaibli, va tenter de revêtir le costume de l’homme chauve-souris mais sera rapidement confronté à ces limites dont il parlait dans The Dark Knight

Je n’en dirais pas plus, pour vous laisser découvrir le film et vous faire un avis de vous même.

En revanche, je peux qu’être extraordinairement surpris par le traitement des personnages dans le film. Chacun est creusé, participe à l’intrigue autrement qu’en tant que simple support de Batman et bénéficie d’un développement propre, ce qui a tendance à reléguer la chauve-souris au second plan au profit des autres protagonistes, ce que les puristes ont regretté, remarquant que le héros est remarquablement absent du scénario.

A cette critique, je répondrais que cela semble être le développement souhaité par le réalisateur au fil de la trilogie, le héros, simple mortel somme toute, laissant la population se substituer peu à peu à lui en la responsabilisant dans le rôle qu’elle a à tenir dans la gestion de la criminalité au sein de la ville. Là où Batman n’est qu’un symbole au final, les gens deviennent les maîtres de leur destin et doivent lutter pour reprendre le pouvoir sur les financiers/politiques corrompus de Gotham ou contre le gouvernement de la terreur mis en place par Bane, mettant en avant la loi du Talion comme politique

Parlons juste de Bane. Il semblait difficile de passer derrière le Joker tant Heath Ledger était parvenu à personnifier cette folie rampante et contagieuse. Pourtant, Tom Hardy, dans la peau de Bane, nous offre un méchant charismatique, héritier de Ra’s al Ghul, mentor et premier adversaire de Batman, sorte de point final à l’histoire du Chevalier Noir. Il est le passé que Bruce Wayne a voulu fuir mais également un rappel de son échec cuisant à responsabiliser les citoyens de Gotham. De même, il incarne à merveille une forme d’anarchie violente, décomplexée, quelque peu caricaturale, en opposition avec la finance corrompue de la ville. Le trait peut paraître grossier et décrédibilise quelque peu le discours du méchant.

Autre rôle qui m’a frappé par son charisme, sa présence et sa construction, il s’agit bien entendu de Selina Kyle alias Catwoman à laquelle Anne Hathaway prête un visage et une interprétation très crédible. Pour une fois, nous avons droit à un personnage féminin fort, indépendant, capable d’exister sans un homme. Par ailleurs, le réalisateur a réussi à dépasser l’aspect fantasmatique du personnage en n’en faisant pas un objet sexuel sur lequel baver. Dans un sens, elle fait penser à la Veuve Noire amorcée dans The Avengers de Joss Whedon mais auquel ce dernier n’a malheureusement pas donné tout son potentiel.

Côté action, j’avoue m’être moins ennuyé que durant le précédent volet, celles-ci étant bien dosées en terme de durée/fréquence.

La longueur annoncée du film (plus de deux heures et demi) est loin d’être problème et les scènes s’enchaînent naturellement sans temps mort, l’immersion étant complétée par une excellente bande-son d’Hans Zimmer, à qui nous devons les précédents Batman de Nolan mais également Gladiator.

Malgré quelques libertés prises avec le comics d’origine, Christopher Nolan nous livre une conclusion vibrante de sa vision de Chevalier Noir en trois volets et je vous encourage à aller vous faire votre avis en allant découvrir cette aventure épique au cinéma!

Le trailer pour clore ce billet:

 

 

 

 

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