Je vous parlais précédemment de Embalming de Nobuhiro Watsuki, auteur du bien connu Rurouni Kenshin. Je vais à présent m’intéresser à l’oeuvre dont il s’est occupé après Kenshin, à savoir Buso Renkin, un shonen avec ses qualités et ses défauts, propres à ce style parfois très caricatural.

D’ores et déjà, présentons l’environnement.

L’histoire se déroule dans notre présent, au Japon où le lecteur découvre Kazuki Muto, jeune lycéen insouciant qui va perdre la vie un soir d’été en tentant de sauver une jeune femme attaquée par un serpent monstrueux. Mise en abîme de cet instant que le héros interprétera comme un cauchemar avant de se rendre compte quelques temps plus tard que la réalité est en train de le rattraper. Attaqué à nouveau par ce même monstre qui gobera sa sœur, Kazuki va se découvrir des capacités surprenantes grâce au nucloton, arme alchimique à qui il doit la vie et que la jeune femme qu’il a sauvé, Tokiko Tsumura, lui a implanté pour remplacer son cœur détruit lors de sa première rencontre avec le serpent.

Le lecteur, au côté de Kazuki et guidé par Tokiko, va découvrir un monde alchimique inquiétant où des soldats, l’armée Renkin, équipés de ces fameux nuclotons combattent jour après jour des scientifiques fous usant de l’alchimie pour créer des homonculus, créatures immortelles dévorant des êtres humains pour survivre.

Kazuki et Tokiko affrontant un Homonculus-Aigle

Le premier adversaire du héros sera un jeune homme, Chono, condamné par une maladie incurable et qui choisira de se tourner vers l’alchimie pour devenir un homonculus humain après avoir longuement testé sa technique sur des animaux transformés en homonculus (dont le fameux serpent affronté par le héros au début du manga). Cet adversaire deviendra par la suite à la fois le rival du héros mais aussi son allié, cultivant avec lui des rapports conflictuels interrogeant sur la nature humaine des homonculus et sur le caractère profondément anormal de Chono par rapport aux autres homonculus.

L’auteur déroule son histoire sur un délai assez court, seulement 10 volumes qui parviennent à s’articuler autour de trois grands arcs, conclus par une fin épique. L’histoire, en teintes de gris, est loin de distinguer avec évidence les gentils des méchants et le héros est souvent confronté à des choix cornéliens qui rendent l’intrigue captivante et les personnages principaux relativement profonds pour une œuvre aussi courte.

Kazuki faisant face à Victor, monstre créé par l’armée Renkin…

Nobuhiro Watsuki évite ainsi les longueurs ressenties par moment dans Rurouni Kenshin pour livrer à son lectorat une série courte et incisive aux graphismes fins et dynamiques, sorte de synthèse améliorée du style qu’il a initié dans Kenshin, influence multiple, entre manga et comics. Qui plus est, malgré le ton parfois très sérieux de la série, l’auteur parvient à glisser ici et là quelques traits d’humour apportant un peu de répit dans un drame en préparation.

Par ailleurs, mention spéciale pour Tokiko, personnage féminin très fort dans le manga et qui se positionne à égalité avec Kazuki, ne lui cédant à aucun moment le pas et assumant une indépendance certaine dans son combat contre les homonculus, n’hésitant pas à se rebeller contre l’armée Renkin et à refuser tout compromis lorsqu’il s’agit de défendre sa vertu d’humanité et de femme libre. Qui plus est, l’on se rend rapidement compte que son sexe, son genre ne conditionnent pas son personnage et qu’elle s’émancipe parfaitement des clichés sexistes habituels de la femme guerrière ou de la princesse à sauver, présentant ainsi aussi bien des moments de force comme de faiblesse, au même titre que Kazuki.

Pour clore ce billet, je vous laisse vous familiariser avec le style graphique du manga avec l’opening de son adaptation anime :

L’avez-vous lu? Qu’en pensez-vous?