Pourquoi publier sur Internet?

Voilà la question que je me suis posé il y a presque un an lorsque j’ai lancé ce blog, ne sachant pas vraiment si ce que j’écrivais attirerait un lectorat, passionnerait les foules, pourquoi pas ferait réagir. Dans l’idée, j’ai eu envie surtout d’écrire pour moi et peu importe que le monde s’en fiche ou s’y intéresse. C’était avant tout pour moi et personne d’autres. Pourtant vous avez visité et la barre des  30 000 pages vues a été franchie.

Est-ce une fierté?

Je n’en sais trop rien mais, parfois, il faut faire un bilan et c’est ce que je vais essayer de faire dans ce billet, ne serait-ce que pour toi, cher lecteur, qui me suit depuis un certain temps et qui ne comprend peut être pas tout à fait ma ligne éditoriale, qui, il faut bien l’avouer, est passablement bordélique.

J’ai l’esprit joueur, tu l’as sans doute remarqué, et partager cette passion du jeu sous toutes ces formes me semblait intéressant, tout simplement parce que le jeu est une manière de connaître l’autre, de décrypter sa manière d’être, ce qu’il aime, c’est se pencher sur son univers, son imaginaire mais aussi les constructions mentales qu’il peut se faire de la réalité.

C’est découvrir l’être humain tout simplement.

Au même titre que la musique, qui est, comme tu l’auras compris, ce monde au sein duquel je me laisse bercer depuis très longtemps, que je décortique, dissèque mais aussi savoure avec une sensualité toute particulière, avec ce désir qui se manifeste souvent par l’écriture comme ce fut le cas pour les différents textes publiés ici.

Si Genesis a bercé mon adolescence et a donné naissance à la Loi du Chat, c’est bien Epica, Sirenia et d’autres qui ont présidé à l’écriture d’Another Vampire Story et des autres nouvelles qui en ont découlé au sein de la série Les Ténébreuses. Une parcelle de mon âme livrée en pature au world wide web, dans l’espoir sans doute de réveiller quelqu’un, une sensualité, une attention et je dois dire que ce fut le cas par les illustrations de la série Sensuels que le Pinceau Pourpre conçut il y a plusieurs mois suite à la lecture d’Another Vampire Story. Je ne l’ai sans doute pas fait suffisamment, mais je tiens à remercier cette artiste pour le travail réalisé, pour sa capacité à avoir réussi à capter cet érotisme que j’ai souhaité transmettre à travers de simples mots qui ont pris une consistance bien profonde en moi.

Je me suis publié et j’y ai pris goût au point de vouloir donner mon avis sur d’autres sujets, envie de me battre ne serait-ce que virtuellement contre des injustices, dénoncer des absurdités, défendre cette liberté à laquelle nous renonçons si facilement au nom de la sécurité, dont certain-e-s sont privés dès la naissance, qui n’auront sans doute jamais la chance de pouvoir s’émanciper totalement d’une éducation qui vise plus à conditionner qu’à libérer, à une sapience dévoyée qui au contraire de permettre l’éveil de l’esprit, n’offre qu’un carcan, un chemin à suivre du berceau au cercueil.

Le féminisme m’a particulièrement touché.
C’est une lutte noble, une lutte à laquelle nous devrions toutes et tous adhérer tout simplement parce qu’elle vise à l’émancipation du genre, à la libération des corps et des esprits de stéréotypes invalidant. Des blogs m’ont guidé dans cette démarche de compréhension de ce qui cloche profondément dans nos sociétés. Anti_sexisme, CafaitGenre mais également l’Elfe pour ne citer qu’elles sont autant de contributrices féministes qui ont, en un sens, ouvert une porte dans mon esprit, m’ont permis de comprendre à quel point nous nous perdons à vouloir systématiquement naturaliser le comportement de l’être humain en l’enfermant dès sa plus petite enfance dans des clichés.

Qui plus est, ces comportements, tout en dominant l’esprit, soumettent le corps, confisquent la sexualité féminine comme masculine, faussent les rapports de couples et détruisent l’amour dans ce qu’il a de plus beau, dans cette acceptation de l’autre tel qu’il est, nie la possibilité à l’autre d’être autre chose qu’un objet que l’on possède.

Autant de raisons supplémentaires de se battre pour cette égalité hommes-femmes, qui, en rien, ne menace qui que ce soit, qui ne demande qu’un effort quotidien pour réapprendre à structurer sa pensée en ne considérant pas l’autre selon son genre mais juste selon ce qu’il est, en s’affranchissant de ces préjugés qui vont nous pousser vers la haine de l’autre, nous inciter à détester l’autre plutôt que de lui apporter une ouverture et une compréhension qui permettrait sans doute à un monde de tourner un peu mieux.

Je doute que cela soit une utopie, j’ai envie de croire en l’autre, pas en un dieu, mais bien en l’être humain, en sa capacité à changer, à se révolter contre les injustices, contre ces tourments quotidiens qui sont infligés à une moitié de la population  simplement parce qu’elles sont eu le malheur de naître avec deux chromosomes identiques, simplement parce que leur sexualité n’est pas compatible avec une norme hétérocentrée, simplement parce que leur couleur de peau, leur origine ethnique n’est pas dans la norme voulue par toutes et tous.

Au même titre que la bêtise et l’obscurantisme peuvent être infinis, je suis persuadé que l’ouverture d’esprit et l’acceptation de l’autre peuvent l’être également du moment que l’on donne la chance à chacun de faire preuve de cette volonté que l’on cède trop facilement à une apathie générale. Se battre pour cette liberté d’accepter l’autre et ne surtout jamais y renoncé.

Comme tu vois, j’ai la folie d’y croire, de penser que c’est possible et cela se manifeste par cette ligne éditoriale anarchique, un peu incompréhensible tout simplement parce que ce blog est un patchwork un brin narcissique de mes envies, de mes désirs, de mes luttes, de mes émotions, des fragments d’âme épars livrés au voyeurisme Internet.

C’est également une conviction que par les mots, par les idées, par la culture, l’échange et le partage, nous pouvons sans doute construire un monde meilleur débarrassé de celles et ceux qui voudraient nous enchaîner à ce que nous ne serons jamais.

Cette aventure a commencé il y a presque un an et pour les quelques qui me suivent encore et toujours, je tiens à vous remercier pour votre veille silencieuse sur ces écrits que je vous partage.