Il est rare que je prenne ma plume pour râler sur un film. Mais pour cette fois, je vais le faire car je n’ai jamais vu une réalisation si fade qu’elle se permet en conclusion du film de pondre une morale infecte et puante. Autant Elles paraissait naïf dans son propos, autant Abraham Lincoln, chasseur de vampires était assez superficiel, cela ne les empêchait pas d’avoir quelques qualités pour les sauver et donner envie de les voir au moins une fois dans son existence.

Pour The Secret (The Tall Man dans la langue de Shakespeare), ne perdez pas une heure et demi à voir cette catastrophe signée Pascal Laugier, réalisateur devant l’éternel de films d’horreur. D’ailleurs, c’est comme ça que débute ce film, avec l’impression de se plonger dans un film à suspens. Un instant, j’ai cru que cela aurait de quoi me faire frémir comme le fit La Dame en Noir.

Hélas, la déception est rapide. L’héroïne, Julia, interprétée par Jessical Biel, vit à Cold Rock, une petite ville minière ravagée par le chômage suite à la fermeture de la mine, principale pourvoyeuse d’emploi. Son mari, disparu à la même époque, était pour tous un modèle à suivre, l’âme de la ville et peu à peu la communauté s’est enfoncée dans le désespoir jusqu’à ce que les enfants commencent à disparaitre les uns après les autres. Rapidement, la légende du Tall Man, sorte de croquemitaine responsable des kidnapping, circule sur toutes les lèvres.

La police piétine et Julia est une des dernières à croire en cette légende urbaine jusqu’à ce que son fils se fasse enlever…

Voilà le synopsis.

Après, je vais spoiler à fond tout simplement parce que ce film est une calamité ambulante dans le traitement du sujet.

Ne vous attendez pas à du fantastique horrifique, vous ne trouverez rien de cela dans cette réalisation. Les scènes  sont convenues, l’ambiance à peine inquiétante, tout est dans le cliché jusque dans l’héroïne qui se révèle être la personne qui enlevait les enfants pour les tuer, justifiant son crime du fait que le monde ne va pas bien, que plutôt que d’avoir des enfants brisés sans avenir, il valait mieux leur offrir un tant soit peu de bonheur avant de les abattre.

Point à la ligne. Si l’on s’arrête à cette théorie portée par Julia suite à son arrestation, le film aurait pu très bien être classé dans la catégorie nanar policier à suspens, bon à passer en guise de téléfilm de seconde partie de soirée sur une chaine lambda du PAF.

Mais hélas, Pascal Laugier n’est pas décidé à arrêter le massacre puisque le film s’enchaine sur un dernier kidnapping après l’incarcération de Julia. Le spectateur découvre, ébahi, qu’en fait, le secret n’est rien d’autre qu’un réseau de personnes qui dédient leur vie à sortir des enfants de zone économique sinistrée pour les conditionner et le replacer dans des familles aimantes et riches!

Et voilà donc la morale vomitive de fin de film: les pauvres ne sont pas capables de donner un avenir à leurs enfants, de les rendre heureux, alors prenons leur pour les donner à des riches qui sauront ce qui est bon pour eux, qui pourront leur offrir un avenir dans ce monde définitivement cassé…

Comment dire… What the fuck?

D’une bête enquête policière, l’on passe à un film moralisateur en ce en moins de cinq minutes avec la vague impression de s’être complètement fait avoir. L’argent est le pouvoir, l’argent est la vie et l’argent rend heureux. Message à peine dissimulé, puant et totalement assumé par le film puisque, à aucun moment, le sérieux n’est troublé par une quelconque critique. Le réseau s’occupant de cette noble tâche est perçu par les riches comme de véritables philanthropes au service des enfants.

Je n’avais pas vu la bande annonce, la voici, des fois que vous vouliez vous faire un avis sur ce film d’horreur à la sauce Pascal Laugier…

A noter que Sixième Sens m’a bluffé, The Secret m’a juste surpris par sa malhonnêteté crasse…

Si vous en avez une autre vision après l’avoir vu, n’hésitez pas à la partager en commentaires, ça m’intéresse.