Resident Evil est sûrement un des jeux les plus marquants de la Playstation.
Sorti en 1996, édité par Capcom, le jeu plongeait le joueur dans une forêt sinistre aux abords de Raccoon City. L’équipe Bravo des S.T.A.R.S. y est dépêchée  pour enquêter sur des évènements étranges avant de disparaître… L’équipe Alpha s’envole alors à bord d’un hélicoptère pour découvrir l’épave écrasée de l’autre équipe. Attaqués par ce qui ressemble à des chiens zombies, les survivants n’auront comme possibilité que de se replier au sein d’un manoir inquiétant en plein coeur de la forêt battue par un orage qui ne semble jamais vouloir s’arrêter…

Voici les origines d’une saga légendaire posant les bases du survival horror et largement inspiré de la série Alone in the Dark, bien connu des gamers les plus anciens.

Le joueur va pouvoir prendre le contrôle de Jill Valentine ou de Chris Redfield pour explorer l’immense maison, vraisemblablement occupée par des habitants décidés à tout faire pour dévorer les intrus.

Sans être inventif, le scénario développe la genèse du virus T tout en introduisant des personnages clés tel qu’Albert Wesker, le seul unique et véritable méchant de la saga jusqu’à sa mort dans le cinquième volet vidéoludique. Le système de jeu est relativement intuitif et permet une prise en main rapide, sauf pour les handicapés du paddle comme moi qui préfère s’empaler dans un mur pour mieux se faire bouffer par le zombie qui vous poursuit.

Graphiquement très acceptable lors de sa sortie, le jeu a bénéficié d’un lifting de toute beauté pour sa version Gamecube ressortie dans la gamme Resident Evil Archives sur Wii. C’est d’ailleurs pour moi l’occasion de redécouvrir le jeu à travers cette version jusqu’alors inconnue. Le déroulement du jeu alterne de fait des phases d’actions et des énigmes à résoudre, pour l’essentiel relativement simple même si certaines vont vous demander de cavaler aux quatre coins du manoir pour trouver les objets adéquats pour accéder aux salles encore condamnées.

Et ce n’est pas le dernier que vous allez croiser dans ce manoir terrifiant…

Dans survival horror, il y a survie et cela est largement souligné par un inventaire limitée en places, des ressources qui s’épuisent trop vite à mesure que l’histoire progresse et surtout le sentiment d’urgence que quelque chose ne va pas dans ce lieu et qu’un mal qui n’aurait jamais du voir le jour est en train de s’éveiller. Mais il y a également aussi horror et cela apparaît largement à travers les ennemis rencontrés mais également les notes laissées ici et là par les personnes contaminées ou en voient de l’être. S’ajoutent à cela des évènements déclenchés au fur et à mesure que le scénario révèle ses ficelles, provoquant pour l’occasion, de belles frayeurs. Zombies qui traversent les fenêtres, qui apparaissent à des endroits où il n’y avait rien auparavant ou qui se relèvent alors qu’on les avait largement refroidis quelques heures auparavant, autant d’évènements qui lancent le coeur à toute allure et ne manquent pas de nous tuer. Car, si vous ne connaissez pas le jeu, vous risquez de mourir fréquemment, les combats étant sans merci et les héros étant rarement capables de soutenir plus de trois coups sans passer l’arme à gauche.

Lisa Trevor, levée du mauvais pied!

Resident Evil, c’est également une ambiance particulière, soignée et rehaussée par des décors de maisons hantées, par des musiques où la tension est évidente, digne des meilleurs films d’horaires. C’est aussi une volonté de s’orienter vers un jeu vidéo cinématographique où les angles fixes de la caméra accentuent la tension, où les cinématiques prennent toutes leurs importances pour intégrer le joueur dans l’action.

Les musiques tiennent définitivement un rôle important. Ce sont elles qui mettent les nerfs du joueur en alerte, rendent les attaques des monstres d’autant plus inquiétantes.
Prenons par exemple cette composition:

Intitulée « Zombie Attack« , les percussions soutenues par les harmoniques en fond prennent le joueur à la gorge, lui font sentir le danger.
A noter que ce type de musique s’apaise soudainement dès que le monstre est refroidi, que le calme revient sur le manoir après cette violente attaque…

D’autres compositions telles que « Macabre Hallway » posent une ambiance lourde en inquiétudes.

Des couloirs à angle droit, une visibilité limitée et tous les sens en alerte, prêt à bondir au moindre zombie croisant la route du joueur…
Voilà ce que ce type de composition parvient à instaurer comme ambiance définitivement stressante (oui, il faut être un brin maso pour apprécier de se faire peur de la sorte ^_^ )

Heureusement, il y a également un havre de paix, un endroit où le joueur peut se reposer et cela est magnifiquement décrit sur le blog PressStart-SoundDesign d’Olivia Rifa dans ce billet consacré à la composition « Safe Haven« !

Mais retournons dans la cuisine avec « Unclean Kitchen« :

Cette composition a quelque chose d’horrifiant. Une réverbération, un climax qui atteint son apogée lorsqu’un zombie apparemment mort se relève pour tenter de venir vous dévorer au milieu de la viande en décomposition, des asticots et autres  joyeusetés de cette cuisine délabrée…

Et pour finir, une des nombreuses nouveautés de Resident Evil REbirth avec le personnage de Lisa Trevor, victime malgré elle des expériences monstrueuses d’Umbrella

Un monstre sympathique qui poursuivra malgré tout le joueur pour essayer de le tuer durant tout le jeu et qui a eu droit à son thème:

Comme vous avez du le comprendre, c »est définitivement un coup de coeur, une terreur sur laquelle on aime revenir pour se faire peur encore et encore même si l’on sait que le zombie va se relever pour vous bouffer. Pour comparer, cela me rappelle la sortie de l’oeuf du facehugger dans Alien. Un moment inimitable qui se répète inlassablement, où l’émotion est incapable de saisir le timing et se fait prendre à chaque fois au jeu de la peur spontanée.

Pour clore ce billet, voici le trailer sorti à l’époque:

Si, après ça, vous n’êtes pas terrifié par les zombies, je ne peux que vous conseiller de vous faire l’ensemble de la saga Resident Evil en films!