Si vous êtes lectrice ou lecteur assidu-e, vous saurez que je suis fan de fantastique, d’horreur, de zombie, d’ambiance horrifique et de toutes ces petites choses qui créent une atmosphère inquiétante, génèrent des moments de tensions où la normalité, la réalité semblent être sur le point de se distordre pour laisser surgir des horreurs dignes de nos pires cauchemars. Oui, je suis un grand amateur de l’oeuvre d’Howard Phillips Lovecraft, d’Edgar Allan Poe et je me réjouis de pouvoir m’immerger dans un univers où les points de repères sont peu à peu chamboulés.

En 2011, Fantasy Flight Games publie Mansions of Madness qui sera par la suite traduit par Edge sous le charmant sobriquet Les Demeures de l’Epouvante.

Ce jeu de plateau propose à des investigateurs (de 2 à 4) d’investir une demeure étrange dans laquelle un maître de jeu va déverser des évènements aussi effrayants que surprenants.
Donc, vous l’aurez compris, c’est un coopératif contre un joueur/maître de jeu. La maison en question se décompose en salles modulables du plus bel effet où les investigateurs vont pouvoir, à chaque tour, faire jusqu’à trois actions différentes, comprenant la fouille, l’utilisation d’objet, le mouvement mais également l’attaque lorsque des monstres/adversaires seront rencontrés. Cela va sans dire, les monstres sont souvent bien plus balaises que les investigateurs et un joueur seul aura souvent du mal à se défaire d’un adversaire isolé.

Puis, le maître de jeu prendra la main et pourra à son tour déclencher des évènements représentés par des cartes en main mais également lâcher des monstres sur les investigateurs moyennant des points de pouvoir dépensés, le tout dans la joie et la bonne humeur. Car le but du maître du jeu est de parvenir à éliminer et/ou à rendre fou tous les joueurs avant que ceux-ci soient parvenus à résoudre l’intrigue portée par le scénario.

Et soyez certains que le jeu est loin d’être aisé pour les investigateurs qui, outre les monstres, devront se confronter à des énigmes très ingénieuses, faisant appel à la réflexion plus qu’à la chance.
Le temps jouera également contre les joueurs, une pendule égrenant les tours restants aux investigateurs avant que les pires horreurs déferlent hors du manoir et les dévorent vivants, provoquant l’échec de leur mission.

Manoir Spencer? Non, c’est la porte à coté😉

Vous l’aurez compris: l’ambiance est là, la tension omniprésente et cela est renforcé par le design des éléments, juste magnifiques.

Affectueux et gluant, le Shoggoth, une rencontre inoubliable!

Ce qui m’a frappé à ma première partie, c’est le souci du détail dans les pièces et aussi une forte sensation dans le scénario en question de me retrouver dans le manoir Spencer de Resident Evil Rebirth.  Il ne manquait que les zombies et la musique pour rendre le suspens tout simplement insoutenable. Hormis des dalles modulables très soignées, la boîte de base propose de nombreuses figurines en plastique de très bonne facture regroupant un bestiaire étendu de l’univers de Lovecraft, allant du simple maniaque à la hache au monstrueux Shoggoth dont la simple vision peut faire perdre de nombreux points de santé mentale.
En effet, les investigateurs possèdent deux attributs cruciaux, la santé représentant les points de vie et la santé mentale assimilée à la volonté leur permettant de tenir face aux horreurs et surtout la capacité à ne pas subir les cartes dérangements et phobies du maître de jeu.

Seul bémol, si c’en est vraiment un, le jeu est long et il faut compter trois bonnes heures pour une partie.
Les tours s’enchaînent pourtant très vite et on ne voit pas le temps passé, tant l’expérience ludique est prenante et immersive.

Que dire de plus, sinon que le jeu possède, par ailleurs, des extensions permettant de varier les scénarios pour passer des soirées toujours plus horrifiques autour d’une table, à la faible lueur d’une chandelle à la recherche de la vérité sur ce qui réside au delà de la conscience humaine…