Voilà une série que je voulais voir depuis un certain temps, sans doute parce que j’ai un kiff tout particulier pour son acteur principal, David Duchovny qui a bercé mon adolescence à travers X-Files et que j’ai également pris plaisir à redécouvrir dans Evolution, la comédie hilarante des créateurs de Ghostbusters.

De fait, il fallait que je vois cette série ou tout du moins que j’en découvre quelques épisodes.

C’est chose faite et je dois dire que je n’ai qu’une envie, c’est dévorer les cinq saisons que cette série dramatique.

Rentrons un peu dans le synopsis.

Hank, interprété par David Duchovny, est un écrivain talentueux mais qui ne parvient plus à écrire un traître mot. Fraîchement séparé de Karen, la mère de sa fille Becca, alors âgée de 12 ans, Hank tente de reconstruire sa vie à Los Angeles, toujours tiraillé par l’amour qu’il ressent à l’égard de son ex, qu’il ne cesse de harceler de ses assiduités maladroites et pathétiques. Le spectateur suit ainsi les aventures de cet homme profondément désabusé et cynique qui multiplie les excès pour oublier à quel point il a échoué à sauvegarder ce qu’il y avait de plus important dans sa vie, à savoir sa famille.

Drogue, alcool et sexe sont autant de moyen pour Hank de fuir son échec, tout en tentant piteusement de reconquérir ce qu’il a perdu.
L’on pourrait s’attendre à ce que la série soit ouvertement voyeuriste rien qu’avec la mention « sexe » mais le réalisateur évite cet écueil et dresse une psychologie fine de ses personnages à travers les pensées et les actes de Hank qui oscille constamment entre réalité, rêve et cauchemar.

A noter que les dialogues sont très pertinents, particulièrement en version originale où David Duchovny adopte une voix traînante, renforçant le désintérêt qu’il porte à la vie et surtout aux autres, trop occupé à se lamenter sur ses propres problèmes. Notre anti-héros se révèle aussi bien blessant pour son environnement que pour lui-même dans ses actes comme dans ses mots et la seule chose qui le raccroche encore à la vie est sa fille avec qui il entretient une relation de profonde complicité.

Becca: Father?
Hank Moody: Daughter?
Becca: Why is there a naked lady in your room?
Hank Moody: Uh… You. Stay… Right here.
Becca: There’s no hair on her vagina. Do you think she’s okay?
Hank Moody: I’ll check.

La musique tient également un rôle prépondérant dans la série, celle-ci rythmant parfaitement bien les différentes phases d’un épisode. Qui plus est, les dialogues et l’historique des personnages fourmillent de références à la musique, ce qui approfondit d’autant plus l’analyse que l’on peut avoir des séquences.

Et cerise sur le gâteau: on ne s’ennuie pas et cela grâce à un format court très synthétique. Les épisodes font rarement plus d’une demi heure et les saisons sont composées de 12 épisodes chacune.

Bref, si vous avez du temps utile à tuer, Californication est la série à voir, ne serait-ce que pour avoir une vision de la forme que peut prendre une addiction.
C’est d’ailleurs assez complémentaire de Shame dans le traitement de l’addiction sexuelle, même si le ton est bien entendu fondamentalement différent.

Voici le trailer sorti à l’époque du lancement en 2007:

Hank va devenir au cours de la première saison blogueur pour un magazine de Los Angeles et pour clore ce billet, je ne vois que cette citation très représentative de désespoir du personnage.
Nihiliste à souhait mais avec un humour décapant…

HelL-A Magazine blog number 1. Hank hates you all. A few things I’ve learned on my travels through this crazy little thing called life. One, a morning of awkwardness is far better than a night of loneliness. Two, I probably won’t go down in history, but I will go down on your sister. And 3, while I’m down there it might be nice to see a hint of pubis. I’m not talking about a huge 70’s Playboy bush or anything. Just something that reminds me that I’m performing cunnilingus on an adult. But I guess the larger question is why is the city of angels so hell bent on destroying its female population.