Certains films marquent une adolescence et Beetlejuice en fait partie pour moi au même titre que Ghostbusters.

Cette réalisation de Tim Burton, datant de 1988, plonge le spectateur dans la vie d’un jeune couple, Barbara (Geena Davis) et Adam (Alec Baldwin) , qui viennent d’investir leur  maison de campagne, petit nid d’amour qu’ils décident de décorer du mieux qu’ils peuvent. Malheureusement leur projet sera contrarié par un accident, les menant de vie à trépas. Devenus fantômes (et mettant un certain temps à l’admettre), ils vont être hantés par une famille de vivants venus récupérer le lieu. Condamnés à rester 125 années dans cette habitation, le jeune couple se voit mal partager l’endroit avec ces nouveaux arrivants bien décidés à redécorer la baraque dans un style art moderne proprement hideux.

Seule solution, les jeter dehors en les terrifiant au point de faire appel au service du bio-exorciste, Beetlejuice, terriblement craint pour de nombreuses raisons…

Voilà en quelques mots le synopsis de ce film brillant, qui malgré les années, n’a pas tant vieilli que ça.

Allez, je n’y tiens plus, voici la bande annonce de l’époque:

D’ores et déjà, Michael Keaton se surpasse, donnant à Beetlejuice, cette (non-)vie délirante.
Il est outrancier, vulgaire, pervers, ne respecte rien.
Un véritable diablotin que Barbara et Adam vont relâcher sur les nouveaux occupants de la maison avec regret puisque le couple va nouer une relation de franche amitié avec la seule personne qui les voit, Lydia (Winona Ryder), la jeune fille subissant les caprices de sa belle mère et de son père. Le personnage, d’ailleurs, est à mes yeux un des plus intéressants du film, celui-ci oscillant constamment entre les vivants trop superficiels et les morts captivants mais incapables d’interagir correctement avec l’autre côté du voile.

Et ce film ne serait sans doute rien sans le partenaire privilégié de Tim Burton, à savoir Danny Elfman, qui livre un thème principal envoûtant, qui sera repris par la suite pour la série animée dédiée à Beetlejuice. Le rendu est parfait avec un côté féerique grotesque assez dérangeant.

Cette réalisation, c’est également des séquences où la musique et les images se mêlent avec talent grâce aux compositions dansantes et joyeuses de Harry Belafonte.

Souvenez-vous:

Les nouveaux occupants sont réunis autour de la table de la salle à manger et Barbara et Adam se décident à leur faire une peur bleue en les possédant… en vain…
Day-O, chantée par Harry Belafonte en 1956, apporte un décalage évident à la scène.
Joyeuse dans un environnement macabre et grimaçant…

Jump in the Line conclut également le film (toujours du même chanteur) avec encore ce ton décalée.
La séquence a un côté jubilatoire, rappelant que les vivants et les morts peuvent cohabiter dans le même lieu sans se nuire.

Si je devais retenir un élément de Beetlejuice, c’est cet humour omniprésent, grinçant par moment mais qui ne se prend jamais au sérieux et qui parvient à traiter du thème de la mort sans jamais tomber dans le pathos grâce à des acteurs, des images, une musique qui donnent envie de sourire et de danser de bout en bout du film.
En bref, c’est l’oeuvre parfaite à regarder pour Halloween ^_^ !