Dystopie, je crie ton nom!

Oui j’adore ce mot, tout simplement parce qu’il porte en lui des fantasmes, des peurs, des ambitions que l’humanité ne cesse d’exprimer depuis ces 30, 40 voire 50 dernières années à travers différents médias. Rassurez-vous, je ne vous parlerai pas cette fois de transhumanisme mais plutôt d’un jeu dans un futur pas si lointain où des corporations tentaculaires ont pris le pouvoir sur la vie du quidam moyen et des runners, véritables prodiges aux intentions plus ou moins louables, s’opposent à ces entreprises sans foi ni loi en tentant de dérober de précieuses informations protéger dans des serveurs informatiques distants.

Vous l’aurez compris, il s’agit d’une version totalement revue de Netrunner, un des jeux de duels les plus aboutis créé par Saint Richard Garfield, que votre nom soit loué, amen!

La grande différence, je dirais même majeure, c’est que nous avons affaire à un Living Card Game et non à un Collectible Card Game et cela change tout puisque de fait, le jeu devient d’autant plus accessible au porte monnaie puisqu’il n’est plus nécessaire de vendre un rein pour espérer avoir le meilleur paquet construit possible. Comme Warhammer Invasion, c’est à celui qui saura le mieux construire son jeu et le jouer que reviendra la victoire sans se soucier des problèmes inhérents à une rareté de cartes, somme toute assez artificielle.

Pour parler règles, je ne peux que vous encourager à parcourir ce tutoriel fait main sur le forum Run4Games. Les puristes et hardcore gamers de la première génération remarqueront certaines ressemblances avec le jeu initial et ne seront de fait pas trop perdu même si certains détails ont leur importance et diffèrent de la première version.

Reste que cette nouvelle mouture reprend le principe asymétrique de base où un joueur va jouer ce fameux runner qui tentera par tous les moyens de s’introduire dans les serveurs de la corporation.
Cette dernière aura à sa disposition des pare-feux appelés ICE ainsi que des pièges pour se défendre du vilain hacker afin de pouvoir finaliser ses agendas pour obtenir la victoire.

Au delà du plaisir de retrouver un vieux compagnon de jeu à travers Android : Netrunner, c’est surtout la joie de découvrir un univers parfaitement adapté à ce que Richard Garfield avait conçu dans les années 90. Aussi, vais-je vous détailler un peu le monde d’Android à travers les protagonistes du jeu de carte puisque la grosse nouveauté de cette nouvelle version, c’est la possibilité de personnaliser son runner ou sa corporation à l’aide de cartes identités apportant à la fois des impératifs de construction de deck mais également des bonus plus ou moins puissants.

Le runner peut s’affilier à trois factions distinctes.
D’abord les Anarchs dont la devise est la destruction. Ils sont guidés par une justice violente parfois aveugle basée sur la vengeance et n’hésitent pas à se faire mal si cela leur permet de saccager le travail de la corporation qu’ils combattent. Par opposition, les Criminals sont de véritables roublards qui dérobent l’information non pas pour améliorer la société dans laquelle ils vivent mais surtout pour se faire de l’argent en échange des précieuses données volées. Et pour finir, les plus neutres sont sans doute les Shapers qui s’amusent avant tout à déjouer les systèmes de surveillance des corporations et à voler les agendas sécurisées simplement pour prouver qu’aucun système n’est inviolable et que leurs compétences de hacker sont simplement extraordinaires.

Voilà pour ces trois factions qui paraîtront sans doute plus sympathiques que les corporations que je vais vous présenter maintenant.

Weyland Consortium, la première d’entre elles a modelé la société avec son « BeanStalk« , sorte d’ascenseur orbital reliant New Angeles et la Lune. Finances véreuses, moralité très discutable, cette corporation n’hésitera pas à utiliser des moyens très sales pour se débarrasser d’un runner un peu trop curieux. A noter, clin d’oeil rigolo, que cette corporation porte le même nom que la société qui envoie la mission dans Prometheus de Riddley Scott.
NBN, quant à elle, représente ce que pourrait devenir un Google. Société d’informations tentaculaires, elle est capable de retrouver le runner afin de lui couper ses ressources en dévoilant son identité aux autorités qui s’occuperont de punir ce vilain garnement qui n’aurait pas du sortir du rang.
Plus effrayante encore, Haas-Bioroid est une corporation transhumaniste qui travaille à transformer l’être humain à l’aide d’implants tout en créant des intelligences artificielles autonomes, de véritables androides tout ce qu’il y a de plus sérieux.
Et pour clore cette petite boutique des horreurs, la mystérieuse Jinteki qui n’hésite pas à manipuler le génome humain pour améliorer l’espèce. Un autre clin d’oeil, cette fois-ci à Minority Report, avec l’agenda de cette corporation qui fait furieusement penser aux précogs qui aident Precrime à traquer les criminels avant qu’ils passent à l’acte.

Comme vous pouvez le voir, l’environnement est riche et, non content de nous offrir une version réinterprétée du chef d’oeuvre de Richard Garfield, Fantasy Flight Games apporte un charisme certain à ce LCG que je vais suivre attentivement comme vous vous en doutez.

Je sais que c’est mal de faire du teasing mais restez connectés car demain un invité très spécial va venir prendre la parole sur Digital Wanderer et ça parlera de Netrunner!