LOLCATLe silence de cette fin d’année 2012 ne pouvait être dû qu’aux fêtes de fin d’année, vous vous en doutez.

S’il en est, c’est la période de l’année que je déteste entre toutes et je suis partiellement soulagé qu’elle soit passée, encore qu’il reste le mois de janvier auquel il faut survivre avec son lot  de condoléances voeux pour cette année 2013 qui commence. Avant de tailler un costard à la tradition des voeux, revenons sur cette période faste de Noël.

Vous l’aurez compris, mon avis a subtilement évolué par rapport à l’année 2011.
Oscillant entre mélancolie et tristesse, Noël comme le nouvel an sont autant d’injonctions à la fête que ce soit en famille ou entre amis et déroger à cette règle semble complètement hérétique.
Car, il s’agit d’une nécessité de célébrer ces deux jours à travers des orgies bien souvent alcooliques où tout est à la fois permis et obligatoire.

Dans ces moments-là, j’ai tendance à déconnecter, à me laisser aller à cette rêverie que décrit Murielle dans son billet « Par la fenêtre ».
Parce que ces fêtes obligées, presque simulées, n’ont au final rien de spontané, rien de naturel, juste la reproduction d’une tradition parce qu’il n’y a pas pire à vivre que de passer cette période de l’année seul, loin de sa famille ou de ses amis. Et le solitaire est d’autant plus stigmatisé qu’il ne peut qu’être triste à traverser ces jours loin de liesse simulée de l’humanité. Les représentations culturelles ne manquent pas pour graver au plus profond de chacun d’entre nous cette honte de ne pas être (mal) accompagnés à Noël ou au nouvel an.

Continuons donc sur cette lancée lyrique anti-Noël en parlant de son VRP blanc et rouge qui ne cesse de venir narguer les petits enfants en leur promettant monts  et merveilles s’ils ont été sages durant l’année écoulée. N’est-ce pas la plus belle fumisterie patriarcale qui existe?

Non content d’être un pur produit marketing d’une marque de boisson gazeuse, le rond personnage se révèle être un bel instrument de la soumission à l’image du père.
Bon, généreux mais aussi capable de punir l’enfant qui n’a pas été sage et omettant de lui porter les cadeaux tant désirés. Dès le plus jeune âge, nos têtes blondes sont traumatisées par cette image du patriarche débonnaire apprenant l’art du tout consommer, base indispensable pour le développement d’une société à la consommation décomplexée.
Noël est l’occasion de consommer, envers et contre tous et qui se soucie encore de la naissance d’un futur crucifié en ce 25 décembre dernier?

Bref, une raison de plus de ne pas aimer cette période de l’année.

Oldelaf et Monsieur D vous parleront sans doute mieux du Père Noël que moi:

Pour le nouvel an, c’est surtout l’occasion de se perdre une nuit entière, de se « lâcher », car c’est la nuit de toutes les permissions. Alcool, sexe, j’en passe et des meilleurs.
Pétage de plomb garanti comme si demain ne devait jamais arriver. Tout est bon pour s’oublier car, cette nuit est devenue le moment nécessaire pour libérer la pression accumulée pour tout un chacun. Une fois la tension redescendue, c’est l’occasion de se donner bonne conscience et prenant des résolutions que l’on ne tiendra jamais, comme le souligne fort justement Murielle (à nouveau!).

Voilà pourquoi je n’aime pas ces deux fêtes, pourquoi je les subis chaque année et que je tente de m’évader, dans ma tête en rêvant d’une fin d’année où une mélancolie douce et sensuelle vient me bercer bien loin de ces lumières fausses et de ces cadeaux qui ne sont plus là pour être échangés mais juste pour être consommé. J’ai de la chance: j’ai pu passé des fêtes simples, sans fioritures, bien loin de ce que nos amis du marketing tentent (et réussissent bien trop souvent) de nous vendre chaque année.
En cela, j’ai pu me protéger partiellement de cette aliénation sociétale.

Tout simplement parce que je n’aime pas que l’on me dicte quand faire la fête, quand lâcher la pression. Aucun besoin que ce soit collectif, aucune nécessité que cela soit à date fixe.
Laisser le hasard, le chaos mener la barque pour que ces instants de félicité partagé soient authentiques et naturels avec des personnes que j’aime, tout simplement.

Je ne vous souhaiterais pas une bonne année collective.
Cela n’aurait pas de sens puisque des voeux, des souhaits sont le fait d’individualités et se doivent, à mon sens, d’être personnalisés.
Pas de massifications impersonnelles pour répondre aux convenances, pas d’hypocrisie à présenter des voeux à des personnes qui m’importent que peu.

Des voeux véritables et sincères, tout simplement pour 2013.

Vous qui me lisez encore en cette année, je ne peux que vous remercier de continuer à parcourir ces pages, ces lignes, à les commenter parfois, à les diffuser de temps en temps.

Prenez soin de vous et vivez comme vous le souhaitez sans vous laisser dicter votre conduite!