Dionysos_Monsters_in_LoveCoup de coeur du moment, c’est cet album du groupe français Dionysos, Monsters in Love, sorti en 2005.
Je ne suis pas naturellement fan de ce que peut produire la scène française mais là j’admets que cette redécouverte est vraiment transcendantes.

Que dire déjà, sinon que cet opus est inspiré de  Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toilivre écrit par Mathieu Malzieu, le chanteur du groupe.

Je n’ai pas lu le livre, honte à moi (que je compte réparer rapidement, ne serait ce que pour mieux apprécier) mais ce qui est certain, c’est que l’ambiance musicale n’est pas sans rappeler les univers de Tim Burton avec ce macabre mêlé au grotesque, un humour noir définitivement désopilant.
Et cela renforcé par des lyrics où les langues françaises comme anglaises deviennent de véritables terrains de jeu pour le chanteur.

L’introduction, Giant Jack, présente un des personnages du livre, sorte de créature ni vivante ni morte mais qui offre au narrateur la possibilité de combattre la nuit par les livres.
La composition est très rock, souligne l’ambiance inquiétante liée à l’apparition de Jack, présentée tour à tour comme une voie de sauvetage ou une condamnation…

La chanson suivante est sans doute une de mes préférés du groupe.
La métamorphose de Mister Chat est une composition à deux voix.
L’histoire ne manque d’ironie puisque le narrateur se voit transformer en chat roux tigré pour avoir voulu sauté sur une sorcière.
Elle est célèbre pour son fameux « Ta gueule le chat! » devenu un jeu classique lors des lives de Dionysos.
Pour les avoir vu une fois en live, je peux vous assurer que c’est tout simplement jouissif à vivre🙂

Voici un extrait de Monsters in Live enregistré en 2006:

Monsters in Love, c’est aussi la rencontre avec des personnages étranges et fascinants comme la mystérieuse Miss Acacia, amour du narrateur dont « rien ne poussera de son ventre hormis peut être un chat ou un monstre ». Nouveau duo Babette/Mathieu Malzieu pour une jolie balade aux sens multiples.
Derrière l’humour se cache un contenu plus grave, grande spécialité de Dionysos de faire passer des messages lourds et difficiles par des compositions légères à l’apparence joyeuse.

Le retour de Bloody Betty fait partie de ces morceaux où les mots sont torturés pour donner naissance à une composition folle et entraînante.
Les mots s’emmêlent, prennent du sens dans un rock endiablé autour des personnages de Bush, Ben Laden et Saddam à mettre en lien avec l’année 2005.
C’est dansant, au limite du glaçant mais plein d’humour…

Dans la gorge de « w » Bloody Betty
Tu te plantes comme on chante une mélodie
Happy death day to you Mister President
Crève-moi les trois d’un coup, Ben-Saddam-Laden-Bush

Pour clore ce billet non exhaustif, puisque l’album est composé de pas moins de 16 titres qui méritent toute votre attention, voici la dernière chanson de Monsters in Love, Neige, hommage mélancolique et profond à la mère décédée du chanteur. L’humour cède place à une balade dramatique mise en scène à travers un clip de  Stéphane Berla,  qui s’occupera plus tard de celui de Tais-toi mon coeur dont je vous parlais dans ce billet.

Une esthétique rappelant les univers de Tim Burton pour une composition poignante à souhait.
Touchant, n’est ce pas?

Monsters in Love, c’est un voyage dans un pays des merveilles sombre et torturé, une aventure dans des contrés oniriques aussi inquiétantes que fascinantes au côté des groupe qui sait créer une ambiance originale et immersive. En bref, si vous ne connaissez pas, réparez cette bévue immédiatement et foncez découvrir ce bijou!