judgemental-cat-disapproves-lolcatNous voici comme chaque année le 14 février, fête révérée de la Saint Valentin.
Je ne vous ferais pas une diatribe comme l’année dernière contre cette fête pour laquelle je n’ai toujours aucune affection.

Son seul intérêt, sans doute, est d’alimenter des torchons de ce type pour faire rire les petits et les grands et rappeler que les séducteurs à la manque demandent surtout des prix prohibitifs pour apprendre à être faux pour mieux draguer…

Parlons plutôt de l’amour et de la manière dévoyée que l’on a de le concevoir à travers la jalousie.
La jalousie c’est la mort de l’amour et c’est le terreau fertile pour la construction d’un couple névrosé et dangereux pour les individus participants à cette conspiration.
Je suis contre le couple et pour le polyamour, donc pour l’amour véritable qui se passe de toute jalousie puisque celle-ci est avant tout bâtie sur la possession que l’on a de l’autre.

Comme le souligne fort justement Murielle sur La Bayonnaise, la jalousie est un sentiment ambivalent, dérivé de l’amour et qui profite d’une large couverture dans les arts et la culture tout simplement parce que son aspect destructeur fascine tant qu’il est bien trop souvent confondu avec l’amour véritable, qui, lui, ne possède pas, mais transcende l’individu au point de lui faire oublier un instant que l’autre n’est pas lui et ne lui appartient pas.

La jalousie a pourtant bonne presse et se dévoile comme un jeu entre les deux personnes amoureuses.
Si tu es jaloux(se), c’est que tu tiens à l’autre. Si tu ne l’es pas, c’est fatalement que tu ne considères plus la personne et que tu préfères vagabonder ailleurs.
Voilà, sans doute, la pensée largement partagée par les personnes souhaitant justifier leur jalousie.
Etre jaloux, c’est manqué de confiance en soi, en la vie, pour faire confiance à autrui et lui accorder la liberté d’être la personne à laquelle il/elle aspire de devenir.

De fait, la jalousie emprisonne, limite et étouffe au point de pousser la personne victime du jaloux compulsif à commettre l’irréparable, à savoir la tromperie, l’adultère tant crainte et au final profondément désirée. Et ce ne sont pas les sites internet qui manquent pour alimenter l’infidélité

Puisqu’au fond, le jaloux compulsif cherche désespérément cette preuve qui va confirmer ses soupçons et ses affabulations.
Un jaloux trompé est heureux car il peut alimenter sa tragédie personnelle en prouvant que ses craintes étaient justifiées et qu’il/elle ne peut faire confiance à personne et plus particulièrement à l’être « aimé ». Au fond, le jaloux n’aime pas l’autre parce qu’il ne peut/veut pas s’ouvrir à l’extérieur, trop occupé à craindre qu’il/elle soit trahi-e par son prochain.
Ce que le jaloux désire, c’est un objet manipulable et contrôlable, une chose sociale qui pourra l’accompagner, le soutenir mais jamais prendre de décision par lui-même ou vivre tout simplement.

Le jaloux entretient une relation étrangement sado-masochiste avec l’objet aimé au point qu’une pratique curieuse existe depuis de nombreuses années dans le monde SM.
Cette pratique que certain-es connaissent s’appellent le candaulisme. Largement déformée par le monde porno à travers la pratique du cuckholding, cette pratique met en scène un couple où l’homme va offrir sa femme à un ou plusieurs autres hommes. Le mari trompé joue le rôle de voyeur sans jamais participer alors que son épouse se fait « enchaîner » (il n’y a pas d’autres mots pour décrire la pratique) par le ou les mâles choisis. Outre, l’aspect instrumentalisant la femme, il y a également un côté profondément pervers où la jalousie tient toute sa place puisque l’aspect voyeur vient rappeler que le mari impuissant sait que sa femme se sert d’autres hommes pour prendre son pied là où il n’est plus capable de la contenter.

La jalousie au centre d’un fantasme de domination/soumission assez étrange où humiliation et frustration sont les moteurs du désir et de l’excitation.
Je ne m’attarderai pas sur le cuckholding profondément raciste consistant à sélectionner exclusivement des hommes noirs pour une femme blanche.
La pratique est déjà assez tordu pour ne pas rajouter ce cliché profondément raciste.
Encore un détail soulignant que le porno mainstream a besoin d’évoluer pour fournir autre chose des clichés hétérocentrés, sexistes et racistes.

J’arrête le coup de gueule ici pour me recentrer sur cette jalousie qui risque sans doute de vous miner votre Saint Valentin si vous avez tendance à vous abandonner à cette passion invalidante que l’on a tort de confondre avec l’attachement véritable de l’amour.

Sans doute, pour clore ce billet (sûrement un brin confus, vous me pardonnerez), je ne peux que vous conseiller de regarder Eyes Wide Shut.

Ce petit bijou de feu Stanley Kubrick capte à merveille cette jalousie brûlante qui, à défaut d’être vraiment sexy, se révèle destructrice et stérile à terme pour ceux qui ont pensé un jour s’être aimés…

N’oublions pas que aimer, ce n’est pas tuer