Cette madmoiZelle touche le RSA. Comme beaucoup de gens, direz-vous… Mais dans son cas, c’est un choix conscient : celui de ne pas travailler pour vivre.

LOLCAT_JOBVoilà comment débute cet article paru ce weekend sur Madmoizelle .
L’intervenante y explique pourquoi elle a décidé de ne pas travailler et de bénéficier du RSA tout en refusant de se plier au contrainte du monde du travail.

Sarkozy et ses amis de la droite ayant bien fait leur travail de diviser les classes moyennes et les pauvres pour les monter les uns contre les autres, les commentaires qui se sont déversés sur Facebook et sur le site vont du mépris au haineux sans chercher véritablement à essayer de comprendre ce choix de vie. Quelques rares intervenants essaient d’aller au-delà et je dois dire que ma timeline Twitter m’a rempli de fierté entre autre à travers quelques comptes tels que Ramya ou Melange Instable (et encore, ce ne sont pas les seules)

Ces deux tweets résument bien les pensées que m’évoquent ce billet publié sur Madmoizelle, un témoignage somme toute d’une grande sincérité soulignant avec évidence à quel point le monde du travail va mal. Quand il ne s’agit pas de bosser pour la gloire, il faut se perdre dans un travail aliénant, qui, même s’il est alimentaire, se veut nécessaire car ne pas travailler et être aux crochets de la société via des aides en tant que pauvres, c’est ne pas servir la société, être inutile pour ceux qui paient nos aides par les prélèvements sociaux sur leur salaire.

Une personne au chômage est un poids pour les travailleurs car ces derniers ne savent plus vivre ensembles.

Qu’est ce que le travail à présent?

Une nécessité de survie pour la majorité des gens car nous nous sommes volontairement perdus dans un monde où la consommation effrénée nous oblige à travailler.
Les crédits, les derniers gadgets must-have, l’impératif de dépenser pour s’intégrer sont devenus des modes de vie contraignants mais nécessaires à la vie dans cette société que nous avons volontairement rendu folle. De fait, il faut être prêt à tout accepter dans un travail.
Le stress et le harcèlement, les horaires fixes bien pires que ceux imposés à l’école, une infantilisation constante du salarié face à son n+1 et ainsi de suite.

Le travail n’est pas libérateur mais prison et il est devenu indispensable pour survivre au point que même un boulot très mal payé, rapportant à peine plus que des aides, est préférable à « l’inactivité ».
Il faut produire de la richesse mais étonnement, ce ne sont pas celles et ceux qui la génèrent qui vont en jouir en priorité. Surprenant, n’est ce pas?

A peine en fait, parce que nous sommes conditionnés à l’idée qu’il faut travailler dur pour avoir peu là où d’autres (ces fameux patrons du CAC 40) travaillent peu pour avoir bien plus.
Le libéralisme économique décomplexé où 1% de la population mondiale détient les richesses au profit des 99% qui travaillent et meurent pour leur fournir. Cela ne vous rappelle pas le mouvements d’indignés qui occupait Wall Street l’année dernière et qui ont manifesté en Espagne, en France et ailleurs?

Et encore, nous ne sommes pas totalement à plaindre en France.
Autre argument que vous entendrez, ne serait ce que pour justifier toutes les brimades et violences propres au monde du travail.
Le chômage te guette aux portes de ton travail : il faut se plier aux moindres caprices de l’entreprise pour pouvoir garder son emploi, son rang social, la joie de payer des impôts et que sais-je encore.

Parce qu’être « inactif » signifie la mort pour nombre de personnes, la sensation de perdre sa dignité à ne plus travailler.
Les plus inquiétantes dystopies parlent d’une disparition du travail, ce dernier devant être effectué par des machines afin de laisser l’être humain vaquer à d’autres occupations comme créer.

Car le travail, tel qu’il est conçu actuellement, n’a plus aucune vertu créative.
Il n’est que productivité afin de rentrer dans un objectif constant de rentabilité. Et bien entendu, tous autant que nous sommes, nous nous intégrons dans cette suite chiffrée visant à tracer notre capacité à produire cette richesse dont nous ne toucherons jamais plus de 1%. Pourtant, aliénation oblige, il est nécessaire que nous travailleurs des classes moyennes, crachions sur les assistés parce qu’au fond, nous avons peur d’eux. Nous craignons de passer de l’autre côté de la barrière et d’accéder au statut de rebut de la société.

Sauf que ce ne sont pas des rebuts, ce sont des gens comme vous et moi. Cette madmoizelle profondément méprisée par tous ces commentateurs a fait un choix. Nous ne le comprenons pas parce que nous sommes acculés dans la survie la plus inepte, trop occupés à traiter nos petits problèmes pour remarquer que la société déraille et que ce n’est pas la faute des pauvres mais bien de ceux qui sont au sommet de la pyramide, continuant à provoquer sans aucune honte des chocs économiques pour améliorer la rentabilité de leurs affaires…

Le travail ne devrait jamais déterminer l’existence d’un être humain. De tout temps, l’homme a lutté pour se libérer du travail et ce n’est pas maintenant qu’il faut renoncer à abroger ce qui provoque les plus grands maux de l’humanité en traitant plus bas que terre celles et ceux que le système a décidé sciemment d’abandonner sur le bas côté pour en faire des exemples là où ce ne sont que des personnes ouvrant la réflexion sur ce qu’est le travail et sur ce que pourrait nous apporter, mettons, un revenu universel comme l’expliquait Yovan Menkevick sur Reflets.info il y a plusieurs mois…