city-of-horror_boiteDeux mois que je ne vous ai pas parlé de jeu et ce n’est pour autant que j’ai arrêté de jouer.

Je l’avoue, mon attention est grandement monopolisé ces derniers temps par Android: Netrunner sans doute parce que je blogue maintenant toutes les semaines sur Run4Games, mais cela ne m’empêche pas de partir à la découverte d’autres jeux de société.

Ces derniers temps, je recherchais un jeu de zombies pouvant refléter l’ambiance de The Walking Dead, cette série gentillette où les zombies cueillent les vivants qui s’entre-tuent au lieu de chercher à survivre unis. Zombicide semblait être la grosse baffe du moment avec des belles figurines, un succès sans précédent mais la sensation qu’il s’agissait surtout d’un bon gros jeu coopératif avec des règles proposant avant tout le massacre à la chaîne de zombies sans forcément rentrer dans l’horreur de l’invasion ne m’attirait pas vraiment. Le hack’n slash, j’ai donné avec Diablo 2 et je voulais quelque chose mêlant coopération et compétition  un peu comme dans Infiltration.

Bilan, je me suis détourné pour finalement me pencher sur City of Horror, un bon gros survival horror d’après ce que me donnait les différents avis sur Internet.

Et pour le coup, je n’ai pas été déçu!

Conçu pour 3 à 6 joueurs,  ce jeu propose des parties qui durent environ 90 minutes selon la boite mais d’expérience, 60 minutes suffisent largement, une fois bien rôdé.

D’ores et déjà, ce n’est pas un jeu totalement coopératif et il n’y aura qu’un seul vainqueur à la fin des 4 tours marquant les 4 heures égrenées par l’horloge avant l’arrivée des secours.

Chaque joueur a sous son contrôle un groupe de survivants représentés par des petites figurines cartonnées (généralement un groupe de 3 à 5 personnages).
Pour les sauver, il faudra leur fournir un vaccin à chacun avant la fin du quatrième tour, l’équipe de secours ne sauvant que les personnages vaccinés.
Celui totalisant le plus de points parmi ses personnages sauvés (chacun ayant une valeur différente) gagne la partie.

La ville découpée en 6 quartiers va être envahie à chaque tour par des zombies.

city-of-horror_plateau

Le jeu installé! Prévoir une grande table!

Les hélicoptères survolant la ville vont également largués des ressources aux joueurs sous la forme de cartes équipements (permettant de tuer des zombies, de tendre des embuscades aux autres joueurs ou de se protéger des attaques de zombies) mais aussi les précieux vaccins nécessaires à la survie de vos personnages à la fin de la partie.

Un tour est découpée en plusieurs phases:

  • La phase de mouvement où vous allez devoir choisir un lieu où un des personnages de votre groupe va se rendre, cinq de ces lieux ayant des places limitées (l’église, l’armurerie, le château d’eau, la banque et l’hôpital), les personnages « excédentaires » se voient rejetés au terme de leur mouvement dans le carrefour où le chef des zombies est là pour dévorer les inconscients qui ont échoué ici. La négociation entre les joueurs va donc commencer puisque le choix se fait face cachée. Il est donc possible de mentir, de bluffer pour piéger vos adversaires dans le carrefour.
  • La phase suivante est l’invasion. Les zombies se déversent dans la ville, certains bougent d’un lieu vers un autre et les secours larguent les ressources évoquées précédemment.
  • La troisième phase est la résolution des mouvements choisis en première phase. Le premier joueur va résoudre son mouvement en priorité, suivi du joueur à sa gauche et ainsi de suite jusqu’à ce que tout le monde ait bougé un de ses personnages (choisis à cette phase).
  • La quatrième phase, c’est le moment fatidique où les zombies vont attaquer seulement si ils remplissent la condition du lieu où ils sont présents. Pour vous donner un exemple, les zombies à la banque n’attaqueront que s’ils sont trois ou plus sur place. Si les joueurs, par l’utilisation des pouvoirs de leur personnage (puisque chacun détient un talent spécifique) ou par l’usage des cartes ressources reçus en début de partie, ne parviennent pas à réduire le nombre de zombies, il faudra procéder au vote et c’est là où la « mauvaise » ambiance débute, rappelant furieusement les choix dramatiques de The Walking Dead. Les joueurs vont devoir sacrifier un des joueurs du lieu aux zombies pour survivre. Celui qui écopera du plus de voix se verra jeter en pâture aux monstres affamés. C’est le moment de tous les dangers où il va falloir parler, négocier, argumenter, mentir et rouler dans la farines vos camarades autour de la table pour pouvoir survivre. Une fois ce choix dramatique résolu, il va falloir encore voter pour choisir celui qui décidera de la répartition des objets si le lieu en contient. Un « capitaine » de répartition va être désigné parmi les survivants du lieu et choisira le(s) joueur(s) qui récupéreront un objet sachant qu’un joueur ne peut pas en recevoir plus d’un lors de ce partage. Et ainsi de suite pour chacun des six lieux du plateaux. A noter au passage que chaque endroit bénéficie d’un pouvoir spécial activable souvent par la défausse d’une de ses précieuses cartes ressources pour obtenir en retour quelque chose d’utile. L’hôpital offre par exemple un vaccin pour une carte défaussée, sachant que chaque lieu ne peut être utilisé qu’une fois par tour par joueur présent sur le lieu.
  • Phase finale du tour, la désignation du premier joueur pour le tour suivant, rôle important s’il en est, puisque hormis le fait de résoudre son mouvement en priorité, le premier joueur bénéficie du don de trancher les égalités lors des votes. Un poids politique très important qui échoira au dernier joueur à avoir perdu un personnage lors du tour en cours. Bien entendu, si tout le monde s’en est sorti sain et sauf (cas assez rare), le premier joueur passera au joueur de gauche.

Voilà pour les règles en résumé grossier.

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Oui, la blonde, ça peut faire rire mais c’est relativement sexiste!

L’ambiance est tout simplement excellente, délétère à souhait, chacun essayant de tirer le mieux parti des ressources de l’autre sans trop se dévoiler.
Les coalitions se forment, se défont et les trahisons fleurissent tout au long des 4 tours de jeu. Le jeu bénéficie d’une prise en main efficace grâce à un système d’icônes très bien pensées.
En effet, les cartes comme les personnages ne présentent aucun texte et tous les pouvoirs/effets sont représentés par des icônes. La première partie, vous vous réfèrerez souvent au feuillet explicatif.
Pour les parties suivantes, ça coulera de source et cette astuce permet de se concentrer avant tout sur la négociation et sur l’anticipation des coups pendables que vous préparent vos adversaires sans avoir à se fatiguer à lire pendant des heures des textes complexes, mal traduits, ou alambiqués.

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Braaaaiiinnnn!!!!

S’ajoutent à cela des illustrations très sympathiques pleine d’humour mais faisant également dans le cliché des films d’horreur de série Z avec des personnages remarquablement caricaturaux.

Il n’empêche que le contenu est dense avec pas moins de 21 personnages différents, la possibilité d’avoir une face A et une face B du plateau avec des pouvoirs distincts pour les lieux selon le côté, et les cartes d’invasion au nombre de 20 (soit 4 par heure allant de 0:00 à 4:00). Les combinaisons sont nombreuses rendant les parties variées et la répétitivité rare.
La durée de vie et la fameuse rejouabilité sont donc sauves.

D’un certain point de vue, City of Horror me rappelle les phases intenses de négociation qu’il peut y avoir durant les parties des Loup-Garous de Thiercelieux avec entre autre ce côté très fin et psychologique de la manipulation de foule en état de crise.
Ce jeu rappelle bien qu’en cas d’invasion de zombies, ceux qui sont le plus à craindre ne sont pas les morts mais bien les survivants😛

Et quoi de mieux pour fêter la fin imminente de la saison 3 de  The Walking Dead que de se plonger à corps perdu dans une invasion de zombies où seul le plus fourbe parviendra à survivre?😉