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Cyberfunk Haka. Digital Art / Mixed Media / Sci-Fi©2014-2016 hybridgothica

Deus Ex Machina, Ex Nihilo ou encore Le Monde pour Ennemi.

Ces trois  titres vous disent peut-être quelque chose.

Si ce n’est pas encore le cas, suivez le lapin blanc (enfin les liens ^_^) et vous en saurez déjà sûrement plus.

J’aime le cyberpunk, eu égard beaucoup de liens mais aussi mes contributions via Pirastim aux nouvelles dans ce type d’univers.

Je vous livre ici une expérience toute personnelle de micro-nouvelles, en format épisode que vous pouvez lire d’un coup ou de manière indépendante ! Le premier opus, 46 seconds, peut être lu par ici et le second, Copywriter est par ici !

A vous de me dire ce que vous en pensez et de partager autour de vous si cela vous plait !

Bonne lecture 🙂

SNAPPED

Les lettres persistèrent un instant sur sa rétine avant de disparaître. Elle lui sourit, visage ovale encadré par des mèches brunes.

Il ne se doutait de rien et s’assoupit, bienheureux, son sexe ramolli et poisseux reposant contre sa cuisse collante.
Elsa se releva, rattacha ses cheveux à l’aide d’un ruban rose et jeta un œil attristé à la petite pièce constituée uniquement d’un lit flottant. Quelques heures auparavant, il la plaquait contre la porte, l’embrassant avec une frénésie presque touchante.

Elle frissonnait à la sensation fantôme de ses lèvres parcourant son cou, descendant le long de son décolleté. Ses mains prenant possession d’elle avec lenteur mais assurance. La conquête ne tenait qu’à une ligne de crédits déversée d’un compte vers un autre et Elsa exécutait toujours ses contrats.

A la différence, qu’un autre contrat la liait pour l’occasion.

L’homme assoupi valait bien plus qu’il ne pouvait l’imaginer.

DATA OVERFLOW

Elle grogna et donna un coup sur sa lentille intégrée. Parfois, le réseau rencontrait des difficultés à se raccorder son implant. L’idée que les précieuses photos soient perdues la terrifiait. Elle sentait encore ses mains sur ses hanches, son  corps lourd appuyé contre elle, ses vêtements tombant un à un sur le sol et cette virilité dérangeante érigée, défi permanent à son véritable travail.

Elsa posa la main sur la poignée et se risqua à un dernier regard vers sa victime. Pas vilain garçon, dans d’autres circonstances, elle aurait apprécié de le connaître voire peut-être de faire l’amour avec lui. Flash désagréable de son corps la pénétrant, la déchirant presque. Le silicium contenu dans ses seins, dans ses membres, jusque dans son intimité ne réfrénaient en rien ses coups de rein frénétiques et Elsa gémissait plus de douleur que de plaisir à chaque mouvement de son client. Sa lèvre inférieure témoignait encore  de la morsure de douleur auto-infligée lorsqu’il l’avait prise sans ménagement et avec avidité de la posséder.

Elle inspira un grand coup comme à chaque fois et tourna silencieusement la clenche, vestige de l’ancien temps dans cet hôtel que certains continuaient de penser discret et sécurisé. Vétusté ne signifiait pas sécurité. La jeune femme rajusta son corset, referma son manteau long et s’engagea dans le couloir mal éclairé menant à la cage d’escalier.

DATA UPLOAD ACHIEVED

Elle étouffa un soupir de soulagement à la lecture de ces mots sur sa rétine. Le stockage des données vidéo et audio avait atteint le point de dépôt donné par J.

Second contrat pour Elsa et pourtant toujours cette tristesse sourde alors qu’elle pensait avoir enfin trouvé l’amour. J. avait doublé sa prime pour qu’elle se taise, qu’elle ne révèle pas à son amant insistant ce qui s’était réellement passé avec Jenkins, le directeur de la police prédictive de Neo Philadelphia.

Elsa regrettait les caresses de Jonas, cet écrivain raté mais amoureux, qui tentait de faire de son talent de seconde zone une plume de qualité. Il ne valait rien, elle le savait mais elle aimait lorsqu’il l’embrassait, la caressait et jouait de sa langue pour la mener dans des nirvanas de plaisir jamais connu jusque là. Sa jalousie maladive, son aveuglement prononcé pour ce qu’elle faisait auraient presque eu quelque chose de touchant…

Jusqu’à ce qu’il lève la main sur elle…

Et qu’il la diffame exactement comme le désirait son mystérieux commanditaire, J.

ALERT

Elsa, perdue dans ses pensées, ne prêta pas  attention à ces cinq lettres qui clignotaient sur sa lentille. Elle plongea au dernier moment pour échapper à un arc électrique paralysant.

« PredPol, rendez-vous ! Tout acte de résistance sera retenu contre vous ! Elsa Ertzschein, vous êtes en état d’arrestation ! »

La jeune femme frissonna lorsqu’elle reconnut la voix qui succéda à cette sommation.

« Elsa, maintenant, tu descends ou je viens te chercher. On va régler ça entre nous, apaiser les médias et ton plumitif à deux sous ! »

Jamirez Jenkins, venu se blanchir. Ses pas lourds faisaient craquer l’escalier vermoulu. Elle souhaita intérieurement qu’il passe à travers ce plancher et qu’il s’écrase comme un fruit trop mûr. Il ne l’avait jamais rencontrée mais il connaissait sans doute déjà tout d’elle. Piégé par J. et désireux de laver son honneur bafoué par une femme qu’il n’avait jamais touchée, Jenkins ou l’archétype du bon flic, violent et expéditif avec les criminels comme les victimes.

KILL YOURSELF

Les lettres s’affichèrent, solution finale à un problème épineux. J. avait raison : elle était foutue. Juste bonne à se suicider en espérant que son mystérieux patron la vengerait d’une manière ou d’une autre. Lorsqu’elle activa la  charge contenue dans son œil, le déclic précédant la détonation létale la soulagea presque…

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