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Kaspersky Lab – Resight

Deus Ex Machina, Ex Nihilo ou encore Le Monde pour Ennemi.

Ces trois  titres vous disent peut-être quelque chose.

Si ce n’est pas encore le cas, suivez le lapin blanc (enfin les liens ^_^) et vous en saurez déjà sûrement plus.

J’aime le cyberpunk, eu égard beaucoup de liens mais aussi mes contributions via Pirastim aux nouvelles dans ce type d’univers.

Je vous livre ici une expérience toute personnelle de micro-nouvelles, en format épisode que vous pouvez lire d’un coup ou de manière indépendante ! Le premier opus, 46 seconds, peut être lu par ici, le second, Copywriter est par ici, le troisième, Snapped vous attend par là et pour clore cette énumération, le quatrième Inject est disponible là !

A vous de me dire ce que vous en pensez et de partager autour de vous si cela vous plait !

Bonne lecture 🙂

Jamirez scrutait avec attention les moniteurs dans son bureau privé. Son servobras grinçait à chaque mouvement. Son œil bionique chuintait à mesure que son globe oculaire synthétique glissait de visage en visage. En tant que directeur de la police prédictive de Neo Philadelphia, Jamirez Jenkins disposait de passe-droit et cette titanesque infrastructure en faisait partie.

UNKNOW ERROR DETECTED

Les trois mots clignotaient en rouge dans le coin gauche d’un des écrans. Il cligna de sa paupière bionique pour agrandir l’image. Les pixels se décomposèrent puis s’assemblèrent en une projection qu’il pouvait manipuler de ses mains. Une pièce aux murs nus avec pour seul mobilier un lit et, en son centre, une jeune femme qui lézardait, allongée. A demi nue, une vingtaine d’années tout au plus. Jenkins grogna, voyant sa protégée si oisive.

Il appuya sans ménagement sur une touche du gigantesque clavier devant lui.

ELECTRIC STIMULATION ENGAGED

La jeune femme s’arcbouta sur le lit alors que le champs électrique se déployait dans la chambre confinée. Des larmes de douleur et une expression de souffrance extrême zébrèrent son visage. La bouche entrouverte dans un cri silencieux, elle s’écroula telle une poupée de chiffon.

Jenkins se racla la gorge, satisfait de son effet et activa la commande vocale :

« Emily, ma jolie Emi, où sont tes clients ? Tu devrais être en train de prospecter plutôt que de te reposer. Que cela te serve de leçon… »

Il coupa la conversation et se laissa aller à une rêverie pensive. Cette activité parallèle lui rapportait un max, bien plus que son salaire misérable de directeur de la police prédictive. Il récupérait les futures tueuses en série et les conditionnait à devenir de parfaites servantes sexuelles. A n’en pas douter, il œuvrait pour la pacification de la société en extrayant ces inadaptées afin de leur donner une éducation.

Il sourit, bien qu’une ombre ternit le tableau.

Jenkins cliqua.

FILE OPENED

La vidéo passa et repassa. les images outrancières se reflétaient en boucle sur son œil artificiel. Ce n’était pas lui et, pourtant, les médias avaient gobé la chose sans ciller et le harcelaient depuis.  La belle Elsa et ses fréquentations douteuses. Il n’aurait jamais du se laisser attendrir en lui permettant de prendre son envol. Quel gâchis qu’elle se soit faite sauter la tête ainsi… Un si beau visage sacrifié à cet anonyme, ce J. que même les batteries d’algorithmes prédictifs de PredPol ne parvenaient pas à retrouver. Un être sans visage, responsable des 46 secondes, créature sans foi ni loi qui le traquait lui et tout un système…

De frustration, Jenkins écrasa une touche sur le clavier et déclencha une décharge sur une de ses filles. Les grimaces d’agonie lui arrachèrent enfin un rire et il ferma enfin les yeux pour se reposer un peu, bercé par la mélodie des cris de ses esclaves au travail.

SECURITY DOOR BROKEN

« Jamirez Jenkins… »

Une voix traînante, des éclats métalliques dans l’intonation… Bien trop familière pour lui être inconnue.

Jenkins se releva de son fauteuil avec lourdeur. Sa carcasse, mélange hétéroclite d’implants et de structures biologiques manipulés, effrayait la plupart des gens et imposait un respect de facto. Grand, musculeux et omniprésent, voilà comment beaucoup qualifiait le directeur de PredPol. Et cela ne semblait pas intimider l’intrus.

Bien plus petit que lui, sec, un trafiqué lui aussi, portant à la ceinture un sabre à lame électrostatique et une visière caractéristique des gladiateurs du cirque d’en dessous.

« Tu t’es perdu, ganado ? »

L’insulte avait fait mouche. La structure musculaire de l’intrus vibrait sous la colère. Jenkins gagnait du temps pour réunir un maximum d’informations sur son adversaire, son œil scannant la moindre des données récoltables. Un de ces guerriers de l’ombre, esclave des jeux du cirque, jeté en pâtures au foule pour apaiser leur soif de sang. Quelque chose d’étrange pourtant. Il n’était pas de ceux que l’on élevait en cuve pour assurer le divertissement mais des rares condamnés dont la vie avait été effacé pour un crime extrêmement grave. Il appartenait à la catégorie S. Son crime : être passé à l’acte avant que PredPol n’ait pu intervenir et il convenait de les effacer.

ACCESS DENIED

Jenkins ne parvenait pas à accéder à autre chose que le nom du mystérieux personnage. Et encore, rien ne disait  que les données n’avaient pas été altérées. La sentence datait de son prédécesseur et, même s’il  possédait normalement les accès, un verrou infranchissable protégeait le dossier. Cette voix, il la connaissait mais ne parvenait  pas à la remettre dans le contexte adéquat.

Le directeur de PredPol adopta un ton mielleux dans l’espoir de faire parler l’intrus :

« Jack, que fais-tu donc si loin de ta prison ? »

Pour toute réponse, le ronin errant s’élança avec assurance vers le géant, la main posée avec légèreté sur la garde de sa lame.

Rictus amusé de Jenkins qui esquiva l’attaque d’un pas sur le côté avant d’abattre avec vivacité son énorme servobras. La pince frôla de peu la tête du minuscule gladiateur avant de lui arracher le bras droit dans un craquement sanguinolent.

Malgré la grave blessure, Jack parvint à se rétablir et en quelques pas se mit hors de portée du titan. De sa  main valide, il déchira une ouverture dans le plafond et s’engouffra dans l’issue.

Jenkins soupira et ramassa avec une douceur presque maternelle le membre arraché. Il lança un scan ADN afin d’en savoir plus sur son étrange assaillant avant de reporter son attention sur ses écrans.

CELL DOOR OPENED

Ces trois mots scintillaient sur tous les écrans et un brouhaha régnait au sous-sol. Sa petite entreprise prenait l’eau et ses hôtesses s’envolaient loin de sa généreuse protection. Jenkins activa les caméras de sécurité. L’une des jeunes femmes menait les autres vers la sortie. Elle regardait avec attention un pad numérique qui projetait une modélisation 3D du bâtiment.

Le directeur de PredPol étouffa un cri de colère et s’engouffra aussi vite que sa carcasse lui permettait dans les escaliers menant au sous-sol. Les raccourcis construits en cas de tentative d’évasion lui offrait un temps précieux sur les fuyardes.

Une volée de marches plus loin, il se dressait en travers du chemin du groupe de dissidentes. L’une d’entre elles s’évanouit en voyant sa silhouette massive. La meneuse ne fléchit pas et s’élança, encourageant ses consœurs. Certaines la suivirent, la plupart restèrent tétanisées.

Jenkins leur sourit presque affectueusement et en écrasa une  de son puissance bras bionique. Le bruit d’os broyés eut l’effet escompté et elles s’arrêtèrent toutes à l’exception de la meneuse. De son bras biologique, le directeur la saisit à la gorge et la plaqua contre la paroi souillée par le cadavre encore chaud de sa première victime.

Il lui arracha ses vêtements un par un. Elle sentait la sueur rance du géant, sa virilité érigée pressée contre son corps frêle. Elle aurait voulu crier, se débattre mais sa poigne l’enserrait au point de l’empêcher de faire quoique ce soit à part subir. Le sourire de Jenkins avait quelque chose de dément et il lui murmura avec affection, toute trace de colère évanouie :

« Je vais jouir de ton désespoir… »

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