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Cyberpunk. Night Club ©2014-2016 dsorokin755

Deus Ex Machina, Ex Nihilo ou encore Le Monde pour Ennemi.

Ces trois  titres vous disent peut-être quelque chose.

Si ce n’est pas encore le cas, suivez le lapin blanc (enfin les liens ^_^) et vous en saurez déjà sûrement plus.

J’aime le cyberpunk, eu égard beaucoup de liens mais aussi mes contributions via Pirastim aux nouvelles dans ce type d’univers.

Je vous livre ici une expérience toute personnelle de micro-nouvelles, en format épisode que vous pouvez lire d’un coup ou de manière indépendante !

Voici ce que vous pouvez déjà lire dans l’ordre:

A vous de me dire ce que vous en pensez et de partager autour de vous si cela vous plait !

Bonne lecture 🙂

La lumière basse du bar l’aveuglait presque. Elle louvoyait entre les tables avec cette grâce d’un autre monde que femmes comme hommes lui enviaient.

Elle ne comprenait pas que l’on puisse la désirait ainsi. Elana provenait d’une cuve, perfection génétique poussée à son paroxysme avec quelques défauts qui la rendaient unique aux yeux de ses victimes. La musique lente la mettait en transe. En quelques pas, elle rejoignait la piste de danse et se plongeait dans l’ambiance si particulière qui se tissait autour d’elle.

The paradox or our minds

Les lettres se gravèrent lentement sur sa rétine et son corps se balança au rythme qui s’accélérait. Son cœur, son souffle, ses hanches se soulevaient presque dans une frénésie grandissante. Les autres la frôlaient et une tension presque palpable montait. L’étreinte de leur désir. Malgré son génome manipulé, elle se sentait dans ces instants plus humaine que les créatures qui l’encerclaient.

Recherche sensuelle, ses hormones courraient dans ses veines hors de tout contrôle. Elle se ressentait animale, prise par ses envies…

D’un simple entrechat, elle finit entre les bras d’un jeune homme surpris par l’intrusion inopportune de la belle créature.

Elle lui murmura à l’oreille un écho aux paroles de la chanson qui tournait en boucle dans le club…

Too much to believe, too much to deny

Il frémit, surpris et en même temps intrigué. Son regard aux éclats violet ne pouvait que lui rappeler qu’elle était une culture de cuve. Elle lui sourit, une expression prédatrice qui aurait du le mettre en garde. Il ne recula pas et posa une main qui se voulait assurée sur sa taille fine. Elana s’abandonna à la caresse, l’encourageant d’un baiser furtif dans le cou. Aucune saveur, un humain comme un autre mais elle se contenterait de cette proie pour ce soir. La faim la taraudait. Elle ne garderait pas longtemps ce masque de convenance tant son désir embrasait la moindre de ses cellules. Il ferait l’affaire.

Adrenaline to rewire my mind

En lettres rouge sang sur l’écran au fond de la piste de danse, appel à des orgies infâmes dans ce lieu reculé des bas fonds de Neo Philadelphia.
Elana s’amusa à la sensation de la virilité épanouie de son amant d’un soir. Plaquée contre sa cuisse, elle prenait de l’ampleur à mesure que le rythme de la composition cyclique s’emballait. Elle l’hypnotisait par la musique mais aussi à travers ses mouvements de hanche qui devenaient plus aguicheurs, plus violents. Elle le voulait, qu’elle le possède quand il penserait l’avoir à lui tout seul. Il serait sien dans quelques minutes et elle s’en nourrirait jusqu’à ce qu’il ne soit plus capable de demander grâce…

D’une main habile, elle raffermit sa prise et l’entraîna à sa suite le long d’un couloir faiblement éclairé. Elle louait à l’étage une chambre pour l’occasion.

Au loin l’écho des paroles mourantes de la chanson…

I come with knives… And agony… To love you

Il défonça presque la porte de la petite mansarde, galvanisé par son envie de s’approprier enfin cette créature synthétique si désirable.
Elana le retint avec une force qui le surprit mais il se laissa  faire, conscient qu’il aurait bientôt ce qu’il désirait. Sa longue chevelure brune cascadait en mèches élégantes et, malgré les pelotages intempestifs, Elana restait splendide, trop parfaite…

Sa robe eut vite fait de glisser au sol. Il se retrouva nu comme un ver et elle s’amusa de sa virilité trop sensible, jouant de caresses qui le mirent à genou. La tension montait en lui et elle s’amusait de la douleur qu’elle lui infligeait à ne pas le laisser s’épancher. Elle le plaqua sur le lit et vint lui murmurer à l’oreille comme elle le voulait en elle. Son corps s’arcbouta et vibra sous l’effet de ses mots. Il ne se contrôlait que parce qu’elle le maintenait au lit avec la force de ses bras minuscules.

Elle s’apprêtait à le consommer lorsque la fenêtre unique de la chambre explosa en mille morceaux. L’un d’eux se ficha dans sa chair et elle grogna de rage.

INCOMING CALL

Les deux mots clignotaient sur l’écran mural alors que le nano-composite recomposait les dégâts de la fenêtre.

Juste à côté du lit, une forme humaine frissonnait et saignait abondamment sur le sol. Sa proie se débattait mollement sur le lit, son excitation retombée. Il gémissait faiblement, des échardes de verre plantées un peu partout dans son corps nu.

Elana émit un sifflement rauque, le gifla brutalement et il plongea dans l’inconscience.

Elle décrocha l’appel et un visage familier remplit l’écran numérique.

« Tu m’as manqué, Elana. »

Elle feint de l’ignorer et tourna le dos à la projection.

Les yeux sombres sous les sourcils bruns se figèrent un instant puis il reprit avec nonchalance.

« Je crois me souvenir que tu m’en dois une et, justement, j’ai besoin de toi. »

Les mots restèrent en suspens quelques instants, suffisant pour qu’elle pousse un soupir explosif avant de s’adresser enfin à l’image.

« Tu sais très bien, J. que je déteste par-dessus tout être dérangée pendant mes repas. Je t’écoute, fais vite. »

Il caqueta d’un rire sans joie. Les traits tirés de son visage trahissaient des nuits blanches répétées et son regard hagard en disait long sur les horreurs qu’il avait contemplées. Un reportage se substitua à son image.

PREDPOL BREAKDOWN

Ainsi été sous-titré le reportage dont les séquences montraient des jeunes femmes à demi nues fuyant une créature titanesque qu’elle identifia comme étant Jamirez Jenkins. Elana savait que son sauver d’une nuit viendrait un jour le hantait. Les cultures de cuve ne pouvaient exercer que sous certaines conditions et dans des contrôles très strictes. Trop parfaits, trop dangereux, trop prédateurs. Lâchez une horde de ses semblables dans Néo-Philadelphia et vous étiez assurés que les humains « classiques » disparaitraient en quelques semaines. Pourquoi J. l’avait libérée en la forçant ainsi à la clandestinité ? Elle ne le savait mais elle redoutait le moment où il réclamerait son dû. Le moment était venu presque un an jour pour jour après son évasion.

La voix de J. reprit, presque atone.

« La forme qui se vide de son sang dans ta chambre, c’est Jack. J’en ai besoin pour plus tard. Jenkins est après lui. Soigne-le. C’est codé dans ton génome, tu sais faire. Considère que nous sommes quitte si tu le remets sur pied. »

Elana s’apprêtait à répliquer lorsque ledit Jack gémit.
Mû par des instincts transcendant sa faim, elle commença à s’affairer. Ces gestes revenaient à sa mémoire malgré les mois passés à chercher uniquement des humains pour se sustenter. Sa vocation pour laquelle on l’avait créée reprenait le dessus sur le prédateur qui s’agitait en elle.

L’écran se brouilla et J. conclut

« Garde-le en sécurité jusqu’à nouvel ordre. Je te contacterai… »

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