so_much_for_cyborgs_three_by_kaadu

so much for cyborgs three by Kaadu

Deus Ex Machina, Ex Nihilo ou encore Le Monde pour Ennemi.

Ces trois  titres vous disent peut-être quelque chose.

Si ce n’est pas encore le cas, suivez le lapin blanc (enfin les liens ^_^) et vous en saurez déjà sûrement plus.

J’aime le cyberpunk, eu égard beaucoup de liens mais aussi mes contributions via Pirastim aux nouvelles dans ce type d’univers.

Je vous livre ici une expérience toute personnelle de micro-nouvelles, en format épisode que vous pouvez lire d’un coup ou de manière indépendante !

Voici ce que vous pouvez déjà lire dans l’ordre:

A vous de me dire ce que vous en pensez et de partager autour de vous si cela vous plait !

Bonne lecture 🙂

Le crissement des pneumatiques arracha une grimace de douleur à Elana alors qu’elle se cramponnait comme elle pouvait à la barre de la rame de métro.

Elle jetait un rapide coup d’œil à l’horloge suspendue au fond du wagon.

9:29

La coursive plongée dans les ténèbres résonnait des chuchotements angoissés de ses passagers. La fréquence des coupures d’électricité augmentait ces derniers temps et il n’était pas rare que des métros restent bloqués dans les galeries de Neo Philadelphia.

Les médias incriminaient la vétusté d’un réseau déficient. D’autres moins officiels racontaient que le nombre de suicides bondissait, encombrant les voies de cadavres à évacuer. Bien entendu, la compagnie chargée de l’entretien ne communiquait pas à ce sujet de peur d’attirer d’autres suicidaires.

Elana se souvenait encore hier des morceaux de cadavre rassemblés avec une précision presque chirurgicale par le robot de nettoyage des quais. Bien qu’elle ne soit pas capable de compassion vis-à-vis des êtres humains, cette énième mort l’avait mise mal à l’aise à un point qu’elle ne comprenait pas,  elle qui dévorait hommes comme femmes dans des étreintes d’une sensualité perverse pour survivre au temps qui passe.

Le courant revint soudain et elle croisa le regard concupiscent d’un homme bedonnant, dans la quarantaine, bien loin des standards qu’elle se donnait habituellement.

La faim s’épanouit en elle, araignée vorace déployant ses pattes à toute allure. Elle lui sourit. Dans ses yeux scintillait un désir affamé.

L’homme rougit immédiatement.

STAGE GARDEN

Le nom de la station clignotait en lettres vertes accompagné d’une voix atone et synthétique. Elana se leva avec grâce et effleura l’épaule de l’homme non sans lui lancer une œillade aguicheuse couplé à un  sourire d’invite non équivoque.

Le message passa instantanément et la future victime lui emboita le pas.

Quelques minutes plus tard, il la déshabillait avec avidité dans une ruelle mal éclairée non loin de la bouche de métro. Elana grava ce moment dans son esprit comme le tournant de sa vie, un avilissement tel à sa faim qu’elle ne pourrait jamais en revenir et se considérer autrement que comme une prédatrice charognarde.

Les doigts boudinés de l’homme se glissaient dans le moindre des recoins, pétrissant la chair avec une forme de désespoir presque touchant. Sauf qu’Elana mourrait de faim et n’avait que faire d’être attendrie par ce bout de viande insignifiant.

Ses mains expertes caressaient avec douceur et précision les parties charnues de sa proie. Celle-ci y répondait par des soupirs à peine contenus. Elle ne devait pas le faire jouir trop vite de peur de perdre cette essence précieuse qui la sustenterait enfin. L’homme se frottait dans une sorte de frénésie. Elle sentait la raideur s’épanouir dans son pantalon en toile grossière. De ces longs doigts fins, elle libéra la virilité de son partenaire et contempla avec un dégoût camouflé le pénis chétif. Elle se contenterait de cela. Avec un sourire pervers, elle le plaqua contre le mur gris de la ruelle. Ses baisers arrachaient à sa victime des cris où se mêlaient agonie et plaisir. Chacun de ces contacts la revigoraient petit à petit, aiguisant ses sens, alimentant sa faim de cette folie abominable qui la dominait quand elle se nourrissait.

Elana le renversa au sol et s’empala de tout son long. L’homme étouffa un hoquet de surprise et vint au bout de deux va-et-vient à la grande déception de sa cavalière. Ses tissus burent à toute allure le liquide chaud et visqueux. La vie quittait peu à peu le corps de l’homme. Sa bouche s’ouvrit dans un cri qui ne franchit jamais ses lèvres : Elana lui avait déjà brisé la nuque.

Sa montre sonna

10:16

Elana jura intérieurement. Sa faim l’avait détournée de sa course. Elle avisa sur son moteur de recherche où elle trouverait la pharmacie la plus proche.

Dix minutes plus tard, elle se hâtait de rejoindre son appartement où son patient l’attendait. Ce Jack sommeillait depuis que J. lui avait confié sans autre explication. Cet augmenté ne lui inspirait que défiance et elle espérait s’en débarrasser rapidement pour reprendre sa vie. Devoir se nourrir comme elle venait de le faire la révulsait au plus haut point. Elle ne maîtrisait plus ses pulsions et il n’y avait rien de pire que de ne plus sélectionner sa nourriture.

Elle redoutait le moment où les portes de l’ascenseur s’ouvrirait sur ce couloir qu’elle apprenait jour après jour à haïr. Au bout, la porte de son appartement où respirait difficilement ce mercenaire manchot.

La blessure ne saignait plus et le processus de nano-reconstruction fonctionnait à merveille mais quelque chose dérangeait Elana. Lorsque l’œil de Jack s’ouvrait pour la fixer, il lui semblait qu’il voyait au-delà d’elle, un futur qu’elle refusait de s’accorder.

3rd Floor APT 17-36

Les lettres vibrèrent comme elle insérait son pass et la porte s’ouvrit avec un chuintement désagréable.

Un néon violet dans la rue éclairait l’unique pièce d’une lumière tremblotante. Jack reposait sur une litière montée à la hâte au pied du lit d’Elana.

Comme à chaque fois qu’elle revenait de ses courses, il s’agitait, ses globes oculaires parcourus de spasmes sous ses paupières closes.

La jeune femme observa les traits de son visage dans la pénombre. Il aurait pu être beau si sa peau n’était pas ainsi couturée de cicatrices. Quelle vie menait-il avant de venir à sa rencontre ?

J. avait tu toute information à ce sujet et Elana en concevait une vive frustration.

Le bras reconstruit connut soudain une secousse qui remonta jusque dans le torse. Jack toussa et se mit à convulser. Aussitôt, elle était à ses côtés pour lui donner les soins et apaiser ses douleurs. Une bave rosâtre affleurait à ses lèvres.

RESTORATION ACHIEVED

L’alerte résonna sur le module de contrôle. Elana sursauta. Ce n’était pas possible. Une reconstruction cellulaire ne pouvait être aussi rapide.

Un crépitement inquiétant retentit dans l’appartement et un arc électrique rebondit entre les différents appareils causant des surtensions. La main recomposée de Jack la saisit à la gorge et le dernier souvenir d’Elana fut la vibro-lame du cyber-gladiateur la traversant de part en part…

Lisez la suite !