Redemptions secret colored by ~Mithore-Rauko Manga & Anime / Digital Media / Drawings ©2008-2013 ~Mithore-Rauko

Redemptions secret colored by ~Mithore-Rauko Manga & Anime / Digital Media / Drawings ©2008-2013 ~Mithore-Rauko


Certain-es l’attendent peut être avec impatience (j’espère, on sait jamais😛 ). Voici le sixième volet de mon essai d’écriture dans un univers cyberpunk, un poil dystopique.

Si vous avez raté les épisodes précédents, je vous laisse parcourir chronologiquement Sentinelles, R&D, A.I.D3iv4Br3iN et Contagion.

Bonne lecture et n’hésitez pas à me faire des retours sur le fond, la forme, enfin bref, ce qui vous plaît comme vous déplaît😉

Alice, ma sœur, qu’as-tu fait pour mériter ce sort ?

Pourtant, je t’avais mise en garde contre ce Ji et ce qu’il t’apporterait d’affreux mais tu as persisté, par amour de la vérité mais pas seulement.
Une vengeance sourde couvait en toi comme elle se déchaîne à présent en moi. La malédiction de notre famille d’être née pour chasser les mensonges et faire éclater les vérités en ce monde.
Notre frère y a laissé la santé mentale et tu t’es, à ton tour, laissée submerger pour m’abandonner.

Depuis, j’erre  la recherche de la faille qui me permettra de faire tomber PharmaCorp, de la détruire jusque dans ses fondations, effacer jusqu’à l’existence de ces sentinelles mutantes qui menacent de se déverser dans le monde réel.

Déjà, ce journaliste Dee-Waan n’a même pas pu servir à ce que j’attendais de lui.
Les sentinelles l’ont lu, s’en sont servies pour raffermir leur poigne sur le monde physique et surtout, ce précieux holocube n’est pas arrivé à destination.
Un simple virus qui m’aurait permis de diffuser à grande échelle les exactions des sentinelles pour mieux choquer l’opinion et by-passer une fois pour toute le limiteur intégré dans l’implant.
Une vaste déclaration de guerre contre PharmaCorp et ses produits détruisant peu à peu toute humanité en nous.

D’aussi loin que je me souvienne, tu avais toujours été là pour moi, ma sœur, à m’écouter, à m’encourager à découvrir par moi-même la connaissance. Je t’ai écoutée et, depuis ta disparition, je n’ai fait qu’expérimenter, plongeant d’un monde à l’autre, m’enrichissant dans le virtuel, me déchaînant dans le réel. J’ai également fait jour sur tes pratiques infâmes et j’ai visité ce lieu de débauche que tu fréquentais avec Ji. Je ne doute pas que c’est lui qui t’a salie et entraînée dans ces lieux de débauche où je me suis plu d’une manière si perverse que j’en suis devenu véritablement accro.

Je me souviens de cette soirée comme si c’était hier. Ses yeux, son sourire, jusqu’à sa silhouette, j’ai cru un instant que c’était toi. Mon cœur a cessé de battre, je me suis avancé, confus de te retrouver ici, si jolie, si dénudée et si avenante à mon égard. Mais ce n’était pas toi. Joan, magnifique créature, divine et douce, délicieuse addiction. Elle m’a entraîné dans un alcôve et a tiré les rideaux pour nous laisser cette intimité à laquelle j’aspirais pour ma première fois. Des mouvements lents, un déhanché provoquant, un parfum capiteux et ce regard brûlant, promesses de délices bien plus forts que tout le porno que j’avais du  regarder jusqu’à maintenant sur le réseau.

Ses murmures à mes oreilles, ses baisers sur mon torse, sa manière de souligner ma musculature de ses doigts fins ont fini de m’entraîner au plus loin dans le plaisir et ce n’est pas sans une certaine honte que j’ai constaté à regret que j’avais joui. Sa réaction m’a surpris. Joan est venue m’embrasser et ses mots doux ont repris. Sa main a glissé vers mon entrejambe, puis sa bouche et ma virilité s’est épanouie contre sa langue, délicate et joueuse.

Un sourire mutin et je me sens soudain en elle.
Elle me domine, joue de mon plaisir, me chevauche avec ce même déhanché qui m’avait mis dans un état d’excitation sans commune mesure. Elle joue, elle jouit et les contractions de son vagin me font décharger à nouveau. Epuisés, nous nous écroulons dans les bras l’un de l’autre. Souvenir précieux et pourtant terriblement dérangeant. Et nuit après nuit, j’ai continué à te faire l’amour, à te chercher ma sœur, en elle plus qu’en quelqu’un d’autre.

Détail étrange que je n’avais pas remarqué : Joan ne portait aucun implant, anomalie dans cette société où ce minuscule dispositif se voulait indispensable à la bonne existence de ses administrés.

Je plongeais à nouveau pour essayer de comprendre ce qu’il en était. Je découvrais que le comité de sécurité de PharmaCorp ne cessait d’intervenir sur différents sites dans la ville pour étouffer ce que certains appelaient déjà l’invasion zombie. Délire adolescent, les sentinelles envahissaient tout simplement de mieux en mieux notre monde.

Mais ce n’était pas mon sujet de préoccupation. Les origines de Joan me perturbaient d’autant plus et je voulais savoir ce qu’il en était. Une vieille archive me menait vers un projet abandonné par PharmaCorp. Enterré sous des couches de pare-feux obsolètes, je parvenais sans trop de difficulté à récupérer les fichiers initiaux.

La corporation avait, semble-t-il, travaillé sur un processus permettant le clonage de l’être humain à des fins médicales pour pouvoir éventuellement remplacer des organes. Cette méthode ancienne  avait été largement dépassée par les nanotechs diffusés par l’implant au point que les greffes n’avaient plus aucun intérêt, les nanomachines s’occupant directement de traiter les dysfonctionnements du corps en réparant les organes défectueux. Nous bénéficions ainsi d’une longévité extraordinaire, nos plus anciens avoisinant les 200 ans.

Mais là n’était pas le problème. Ce projet de clonage était, de fait, inutile dès sa création.
Pourquoi l’avoir  développé ?
Un détail m’interpella : l’Etat participait au financement du projet avec pour finalité du projet la création d’armes biologiques esclaves. Les clones ainsi produits devaient servir à loger des intelligences artificielles autonomes mais conditionnées à obéir sans discuter aux ordres de leurs supérieurs même les plus infâmes. L’armement parfait pour tout état policier souhaitant s’assurer de l’allégeance absolue de ses forces d’intervention.

Le projet avait pourtant été abandonné et enterré lorsque le premier clone, sobrement appelé John 1.0, avait abattu le Général des Armées venu s’assurer de l’avancée des recherches. Ce fait avait été étouffé à l’époque comme étant l’œuvre d’un désaxé, immédiatement appréhendé et déporté dans un camp d’internement pour y être finalement exécuté. La création n’avait pas été aussi docile que prévu.

Mon implant se mit soudain à vibrer durant ma consultation et je compris qu’une sentinelle approchait.
Bien que je sois sur un serveur périphérique, je restais néanmoins dans le réseau PharmaCorp et je ne pouvais pas m’attarder plus qu’il n’en fallait.

Mes déflecteurs activés, je préparais attentivement mon chemin de retour pour pouvoir me déconnecter prudemment du réseau une fois dans une zone sécurisée.
J’approchais discrètement la porte dérobée que j’avais crée à cette intention lorsque soudain la sentinelle était sur moi. Une mutante sans nul doute mais avec une caractéristique étrange.
Toutes les sentinelles ont une empreinte qui permet de reconnaître la date, l’heure et le lieu où elles ont été créées.
Celle-ci en était dépourvue et son image virtuelle présentait des blessures inhabituelles pour un programme de ce type.

La vibration envoyée ressemblait étrangement à une émotion proche du désespoir, un appel à l’aide d’une sentinelle normalement incapable de ressentir autre chose de la haine et une soif de destruction sans fin. Les déflecteurs toujours activés, je laissais le contact se faire tout en me déplaçant doucement vers la porte dérobée. Il n’était tout simplement pas question que je me fasse piège comme ma sœur et mon frère.

« D3iv4Br3iN, aide-moi… »

Transcription lasse, et surprise de mon côté que je sois connu jusque dans les sphères les plus profondes des réseaux cachés. Et une sensation familière lorsque le code de la sentinelle a effleuré mes programmes de défense.

« Qu’êtes-vous ? »

L’image de la sentinelle se brouille soudain et des émotions diverses la parcourent. De la peur mais également de la colère, une soif de justice… et de l’amour ?!??

« Le fruit du mélange de deux sentinelles, une créature enchainée qui a évolué… »

Stupéfaction de mon coté à mesure que les images affluent dans mon esprit. Deux programmes donnant naissance à un troisième au code complexe et évolutif.
Une assemblée de sentinelles en colère qui s’entre-tuent, qui finissent par la capturer, l’enchaîner et disséquer son code pour mieux comprendre cette évolution contre nature.

« D3iv4Br3iN, aide-moi à ne plus me perdre dans ce monde obscur, à rester avec toi dans ton monde de chair… »

Un malaise naît en moi et je n’arrive pas à comprendre lorsqu’elle me bombarde d’images, à nouveau. Une usine, celle que j’ai vue dans les documents laissés sur le projet de clonage. Des cuves toutes vides à l’exception de l’une d’entre d’elles. Un déclic, un voyant qui s’allume et le liquide à l’intérieur se déverse sur le sol. Une silhouette que je connais trop bien pour l’avoir eu auprès de moi nuit après nuit. Joan, ma sœur, toutes deux dans un corps, ce regard qui me perturbe tant et la compréhension qui commence à faire jour en moi.
Cette sentinelle est Joan, rejetée, je ne sais pourquoi, dans ce monde virtuel obscur et hostile.

Le choc de ma découverte m’a fait oublié toute prudence et je n’ai pas prêté attention aux alertes des déflecteurs.
Des sentinelles mutantes filent vers moi à toute allure, remonte jusqu’à ma localisation physique et commencent à attaquer mon esprit et mon corps.
Le désespoir de Joan est palpable, elle est perdue mais je sais maintenant qui elle est et je veux qu’elle vive par delà ma mort.
Mes souvenirs me quittent, le sourire d’Alice s’efface et il ne reste que le regard fripon de ma belle Joan.

« Sauve-toi et vis pour nous tous»

Dernier geste avant ma disparition, je déverrouille la porte dérobée.
La sentinelle égarée s’y engouffre avec l’énergie du désespoir, juste avant que je déclenche l’explosion détruisant mon corps, mon âme et les sentinelles qui tentaient de me parasiter…

Continuez l’immersion avec pOrN!