Tag Archive: féminisme


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Retour vers le passé #10

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Etre un homme féministe…

feminist_lolcatCette modeste réflexion découle de ce billet écrit par Murielle sur La Bayonnaise.
C’est aussi un sujet qui me trotte dans le tête depuis longtemps mais que je n’arrivais pas à formaliser clairement.
Vous m’excuserez si les idées sont un peu brouillonnes pour le coup.

Le féminisme et les hommes, qu’est ce que cela peut donner?
Un homme peut-il être féministe?

Tout un débat, toute une argumentation car au fond un homme féministe avant de déterminer ce qu’il peut être dans le féminisme, désignons clairement ce qu’il ne sera jamais quoiqu’il se passe.

D’ores et déjà, un homme féministe ne sera jamais un porte parole. Tout simplement parce que ce serait une fois de plus une manière détournée pour les hommes de confisquer la parole féminine dans une lutte qui les concerne avant tout et qui ne doit pas être spoliée par des voix masculines qui ne sont pas directement concernées.

Un homme féministe, ce n’est pas également un chevalier blanc venant à la rescousse des femmes.
Ce type de comportement n’est ni plus ni moins que du sexisme bienveillant.
Pour reprendre la formule consacrée que Virginie Despentes scande dans King Kong Theory, « ne me libérez pas, je m’en charge! ».

Rajoutons qu’un homme n’est pas féministe parce que cela lui permettrait, selon les clichés que certain-es ont dans la tête, de draguer en marquant des points auprès des féministes. Non, un homme n’est pas féministe pour recevoir des cookies ou des bons points à chaque intervention. Il l’est par conviction intime que c’est la bonne chose à faire pour permettre au plus vite une égalité réelle et concrète entre hommes et femmes.

Alors qu’est ce que peut vraiment faire un homme féministe dans cette lutte contre un patriarcat omniprésent?

Déjà reconnaître que bien qu’il soit sensible au féminisme, il reste avant tout un privilégié de la société actuelle parce qu’il est homme et que tout homme bénéficie dès son plus jeune âge de privilèges dans lesquels il baigne sans véritablement le réaliser au point des les intérioriser comme étant des acquis indéniables. La première étape de l’homme féministe, c’est sans doute de déconstruire ces privilèges pour en prendre conscience et réaliser que tant que la société sera ce qu’elle est, il sera toujours dans une position dominante par rapport aux femmes.

Etre un homme féministe, c’est aussi prendre conscience de l’intersectionnalité des luttes que le féminisme regroupe. Que ce soit la lutte contre l’homophobie, la lesbophobie, la transphobie ainsi que l’islamophobie, ce sont autant de domaines qui se retrouvent dans le féminisme et qu’il est important de garder en tête pour un homme féministe décidé à lutter contre ces oppressions recoupant le féminisme.

Et, en tant qu’homme féministe, il me semble particulièrement important d’être vigilant face aux attitudes sexistes que nos confrères hommes sont capables d’avoir. Ne pas hésiter, justement, à faire des rappels, à expliquer, à se confronter à ces idées sexistes que bon nombre d’hommes ont intégré et apprécient de colporter lorsqu’ils sont vulgairement « entre couilles » pour se rassurer sur leur virilité qu’ils pensent devenue instable à cause d’une société qui évolue trop lentement encore.

Pour autant, cela ne veut pas dire non plus prendre la parole à la place des femmes devant les femmes. Car au fond, ce ne serait que profiter à nouveau de ses privilèges de dominants pour asseoir sa parole sur un groupe pour qui l’égalité n’est pas encore atteinte.

Un homme féministe est quelque part anarchiste parce qu’il demande, au côté des femmes féministes, la remise en cause d’une société patriarcale oppressive qui dicte aux femmes comme aux hommes des comportements, des rôles à adopter selon leur genre biologique en continuant à prétendre que tout est déterminé depuis la naissance.

Etre homme féministe, c’est refuser l’essentialisme, se battre ardemment contre les images clichés vantant une virilité purement masculine, un éternel féminin qui ne se révèlent être que des constructions sociales grossières pour maintenir les femmes dans un état de soumission.

Etre homme féministe, c’est s’élever contre le viol et ne pas hésiter à aller contre cette culture qui s’épanouit dans les cercles masculins là où les femmes peuvent être le plus menacées.

Pour clore ce court billet qui n’est, au fond, que ma vision de l’homme féministe, il me paraît indispensable de participer à la déconstruction des clichés liés à ce que devrait être la virilité masculine. Remettre en cause la société hétérosexiste et hétérocentrée qui promeut une vision arriérée de la sexualité féminine comme masculine. Se battre contre le phallocentrisme qui ne voit la virilité masculine que comme l’expression d’une érection vengeresse uniquement là pour conquérir des vagins soumis. Lutter tout simplement contre cette dictature de la pénétration comme étant la seule et unique voie vers la jouissance des deux partenaires. Et surtout se débarrasser une bonne fois pour toute de cette aberration de pensée qui veut que le pénétrant soit viril et le pénétré-e dévirilisé-e.

Le programme est chargé, vous l’aurez compris.
Pour autant, les hommes féministes se doivent d’être là, de faire leur « coming out » pour pouvoir apporter un soutien aux femmes féministes dans la lutte pour une égalité véritable entre les genres, tout en apprenant à se taire, à écouter et à ne surtout pas monopoliser la parole.

Et les hommes féministes, ça existe. Je n’en cite ici que quelques uns mais ce ne sont pas les blogs qui manquent:

  • Romain Jammes avec son blog l’art et la manière dont j’ai déjà parlé ici a le féminisme à cœur et aux tripes et l’exprime avec virtuosité
  • Alda avec son engagement féministe geek omniprésent sur Twitter et sur son blog.
  • Denis Colombi, pro féministe qui peine au moins une heure part jour (j’exagère, il fait beaucoup plus 😉 ) avec son blog, une heure de peine, orienté sur la sociologie mais qui permet de mieux comprendre à quel point le sexisme et le patriarcat sont des constructions sociales avant tout et non un ordre naturel.

Je clos ce billet avec cette citation qui représente tout à fait la vision que j’ai de mon engagement féministe:

 

Le féminisme est une aventure collective, pour les femmes, pour les hommes, et pour les autres. Une révolution, bien en marche. Une vision du monde, un choix. Il ne s’agit pas d’opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes mais bien de tout foutre en l’air.

Virginie Despentes – King Kong Theorie – 2006

 

Rencontre avec Le Daily Phoenix

Le Daily Phoenix

Au cours de ma veille sur les articles écrits sur le libertinage, je suis tombé sur ce billet réagissant au « reportage » d’Harry Roselmack sur les milieux libertins.
Je l’avais amplement critiqué dans ce billet et en même temps, je restais sur ma faim, persuadé comme je l’avais décrit dans ce billet, que le libertinage, c’était bien plus que de simples parties de jambes en l’air mais clairement une philosophie personnelle de vie visant à l’épanouissement de l’être humain que ce soit dans son corps ou dans son esprit.

Et c’est cette vision que j’ai trouvé sur Le Daily Phoenix, blog tenu et animé par Petit Phénix.

Ni une, ni deux je me suis saisi de mon calepin virtuel et j’ai demandé une interview, qui a été acceptée!

La voici!

DigitalWanderer (DW) : Bonjour Petit Phenix.  D’ores et déjà, merci d’avoir accepté cette interview.
Au détour de mes errances sur les intertubes, j’ai été attiré par ton blog qui parle de libertinage. Pourrais-tu le présenter à nos lectrices et lecteurs ?

Petit Phénix : Mon blog est une réflexion sur les rencontres sexuelles, mon évolution dans l’esprit du libertinage, et le libertinage d’une façon générale.

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DW : Qu’est ce qui t’a mené à la réalisation de ce blog sur cette thématique un peu hors du commun ?

Petit Phénix : Au départ c’était une sorte de journal intime, juste un média sur lequel laisser une trace de mes expériences de rencontre.

Mon premier blog se trouvait sur le site AdultFriendFinder, un site de rencontre à échelle mondiale, et n’avait pour but que de partager mes impressions avec mes partenaires de rencontre, ou mes amis libertins, ou mes futurs amants. Il avait aussi l’avantage de permettre aux hommes qui ne voulaient pas payer d’abonnement de pouvoir me contacter quand même. C’était très utilitaire.

Ensuite, mon blog qui avait pas mal de succès a attiré des convoitises, des jalousies, il a donc été signalé, bloqué. J’ai compris alors que je tenais à ces écrits. Je les ai retranscrits sur une page personnelle que personne ne pouvait me bloquer sans raison.

En me détachant du site de rencontre j’ai changé sans le vouloir le ton de mon blog, qui est devenu plus général, plus posé. Comme il n’était plus destiné à mes rencontres présentes, passées et futures, ça m’a permis de prendre du recul, de réfléchir de façon plus égoïste, centrée sur moi.

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DW : Harry Roselmack a dépeint récemment dans un reportage assez limite le monde du libertinage à travers des interviews plutôt douteuses. Je l’ai critiqué dans ce billet et tu l’as également dénoncé sur ton blog. Comment définirais-tu le libertinage ?

Petit Phénix : C’est une question d’actualité pour moi : je suis en train d’écrire un billet sur ce sujet, alors en ce moment je pose des questions autour de moi, je me renseigne. Ça peut paraître étrange que je m’intéresse d’abord à l’avis des autres, mais ça s’explique très simplement : je pars du principe que c’est à chaque personne de définir sa propre ligne de libertinage. Donc il ne m’appartient pas de déclarer certains libertinages valides, et d’autres non. C’est d’ailleurs un des reproches que je fais à Harry Roselmack : il a défini une ligne de libertinage, et il n’a pas laissé entendre que ce n’était qu’une ligne parmi tant d’autres !!!

En ce qui me concerne, être libertin c’est être soi-même envers et contre tout. Je n’entends pas par là qu’il faut entrer en conflit avec le monde, bien au contraire. J’entends par là que négocier avec les impératifs de notre monde empli de folie ne doit pas nous empêcher d’être nous-mêmes et de nous exprimer. Un libertin est selon moi, à cause de la règle incontournable de Chamfort « jouis et fais jouir sans faire de mal ni à toi ni aux autres »,  une version pacifique d’un libertaire.

Le libertinage s’exprime partout, dans tous les aspects de la vie. Si vous me posiez des questions sur ma vie vous vous rendriez compte qu’il y a bien peu de choses que je fais « comme tout le monde ». Mais ces aspects là n’intéressent personne. Et si le monde ne parle que du libertinage sexuel c’est uniquement parce que c’en est l’aspect le plus racoleur.

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DW : Précédemment, j’ai interviewé des blogueuses féministes qui interrogent par leurs billets les questions sur le genre mais aussi sur la place de la femme dans la société Le Mauvais GenreCaFaitGenreLesQuestionsComposentAntisexisme). J’écrivais également qu’à mes yeux le libertinage représentait pour moi une véritable émancipation pour la femme par une réappropriation de sa sensualité et de son corps. Vois-tu le libertinage ainsi ?

Petit Phénix : Voilà un des aspects de ma vie où je ne fais pas les choses comme tout le monde. J’ai toujours considéré que j’étais l’égale d’un homme. Il y a des choses que je fais mieux qu’un homme en tant que femme, et des choses que je ne ferai jamais aussi bien qu’un homme en tant que femme. Mais l’un dans l’autre, on se compense, on se complète. Je ne suis pas plus faible, moins intelligente, moins capable de survivre simplement parce que je suis une femme.

On m’a à cause de ça bien souvent accusée (je le vivais ainsi, et j’avais raison : c’était un jugement négatif) d’être une féministe. J’ai appris il y a peu que le féminisme prône l’égalité entre homme et femme. Je suis donc bien une féministe. Et je me fiche bien que ça en chagrine certains ! Il me semble que la loi française est féministe. Que la loi européenne est féministe. Pourquoi devrais-je avoir honte de vivre en conformité avec la loi du lieu dans lequel je vis ?

Le libertinage sexuel n’a rien à voir avec ça. J’ai toujours aimé le sexe, même avant de le vivre « à la mode libertine ». J’ai toujours été à l’aise avec mon corps, satisfaite de mon apparence, même si je suis ronde et que je ne corresponds pas du tout aux diktats de la mode. Et mes partenaires d’avant le libertinage m’ont toujours donné l’assurance que j’avais bien raison de penser ainsi.

Par contre, je peux comprendre que pour une femme complexée, peu sûre d’elle, voir briller l’étincelle du désir dans tant d’yeux masculins peut être une aide réelle. C’est un des aspects positifs du libertinage, mais certainement pas le seul, ni le plus important.

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DW : Depuis le lancement de ton blog en 2009, as-tu une anecdote à raconter à nos lectrices et lecteurs ?

Petit Phénix : Ce qui me vient tout de suite à l’esprit ce n’est pas une anecdote mais un schéma de comportement : à plusieurs reprises j’ai rencontré des hommes attirés à moi par mon blog, ma façon d’exprimer ma vie et mon libertinage. Ils avaient dans l’idée, je suppose, de rencontrer l’image qu’ils s’étaient faite de moi au travers de mes écrits. Je pense que pour un artiste – je ne parle pas de moi – ça doit ressembler à ça de sortir avec un fan. Cette personne qui s’est construit une image parfaite de vous, et qui ne laissera pas de place pour que votre VRAIE personnalité s’exprime.

C’est toujours des rencontres pénibles, et très douloureuses. Alors par mesure de précaution, je vais préciser certaines petites choses : quand je mange quelque chose que j’aime, j’aime avoir de la crème sur les doigts et autour de la bouche, parfois jusque sur le nez. Je pisse et je chie comme tout le monde – et ça sent mauvais, si, je vous jure. Quand je dors je ronfle. Il paraît même que je donne des coups de pieds… c’est mon mari qui l’a dit les deux ou trois fois où je l’ai retrouvé sur le canapé du salon le matin, et qu’il m’a assurée que je l’avais sorti du lit double à coups de pieds. Je suis indélicate au possible, j’ai tendance à dire en face à face des choses vexantes et blessantes. Je ressemble à une matrone, et je ne suis pas sexy. Que les courageux restent dans les rangs…

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DW : Catégorisée « mommy porn », la trilogie initiée par Fifty Shades of Grey  surfe sur une glamourisation du BDSM. Comment vois-tu l’ascension de livres de vulgarisation ?

Petit Phénix : Je trouve ça bien si toutes les facettes du BDSM deviennent accessibles au public. C’est le problème de la vulgarisation, le même problème que celui posé par l’émission de HR. On met en avant UNE facette de la boule à facettes, et le public se convaincra de lui-même que toutes les autres facettes lui ressemblent, comme ces boules à facettes qu’on retrouve dans les boites de nuit.

Or ceci est faux sur tous les aspects de la vie. Aucune boule à facettes naturelle n’affiche des facettes argentées, lisses, et uniformes. Les vraies expériences, les gens, les choses, la vie est une boule dont aucune facette ne ressemble à la voisine.  Si n’importe qui d’autre que l’héroïne du roman vivait une expérience BDSM, ça ne serait certainement pas la même histoire.

Certaines expériences BDSM sont surtout tendres, d’autres surtout violentes, sanglantes même. La relation BDSM standard ne lie pas le maître à son esclave par le sentiment amoureux, mais par une recherche de pouvoir absolu – parfois mortel – sur l’autre. Le risque de la vulgarisation est bien sûr de donner en pâture à des déséquilibrés violents des personnes tout aussi déséquilibrées, faibles ou naïves attirées dans le BDSM par cette vulgarisation bancale.

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DW : Digital Wanderer, ce sont aussi des univers musicaux qui inspirent aussi bien l’écriture que la sensualité. As-tu des morceaux favoris que tu aimerais partager avec nos lectrices et lecteurs ?

Petit Phénix : C’est vrai qu’il m’arrive d’écouter de la musique quand j’écris. Ce sont toujours des morceaux tendres, qui seraient un bon fond musical pour une partie de jambes en l’air. Il s’agit souvent des slows de mon adolescence (années 80), ou des morceaux de zouk toutes périodes confondues, ou encore de la musique classique (On a G String, Pachebel’s Canon in D Major, les Noces de Figaro, les Quatre Saisons, etc.), et dernièrement j’ai écouté avec beaucoup de plaisir un guitariste canadien qu’une amie m’a fait découvrir : Jesse Cook (et mon préféré en ce moment c’est son Incantation).

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DW : Voici la fin de cette courte interview. Un mot à ajouter ?

Petit Phénix : Oui, mes deux conseils préférés : soyez vous-même, et n’oubliez pas que rien de beau ne s’acquiert sans mal.

Et si vous voulez aller plus loin, voici une sélection peu exhaustive de tous les petits trésors que l’on peut trouver au détour du Daily Phoenix:

  • Le libertinage, c’est souvent une étiquette, des codes qui échappent aux non-libertins. Les comprendre, c’est déjà mieux savoir se positionner dans cette communauté en intégrant sa culture.
    Petit Phénix regroupe des billets dédiés à cette découverte dans cette section.
  • Le libertinage, lorsqu’il y a libération du corps, cela peut donner lieu à des ébats sexuels.
    L’auteure nous propose dans cette section des billets explicatifs avec force d’exemples et de situations qui peuvent servir à mon sens à des libertins comme des non-libertins.
  • Une dernière section sur laquelle je voulais entre autre attirer votre attention est consacrée à ce qu’est la vie d’un libertin avec expériences et réflexions à la clé sur ce que c’est que de le vivre au jour le jour. L’esprit libertin se caractérisant par l’expérience et l’aventure, quoi de mieux que des témoignages pour mieux comprendre cet univers et cette façon d’être?

Bien entendu, ce n’est qu’un aperçu du blog de Petit Phénix et je ne peux que vous encourager à parcourir plus en profondeur les différents billets et sections du Daily Phoenix, vous ne serez pas déçu 🙂